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[Solidarité] Les entreprises s’engagent au sein du réseau « Croix-Rouge et Compagnies »

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Ce jeudi 30 novembre a lieu le Gala de la Croix-Rouge. À cette occasion, nous avons rencontré Pierre Nahon, trésorier de l’unité locale de Marseille et de la métropole Aix Marseille, initiateur du projet « Croix-Rouge et Compagnies » pour nous parler de l’activité de l’association et l’intérêt pour les professionnels d’intégrer ce réseau solidaire.

Gomet’. Vous êtes trésorier de l’association à Marseille depuis 2013. Pourquoi avoir décidé d’intégrer la Croix-Rouge ? 
Pierre Nahon. Ma rencontre avec la Croix-Rouge date du rapatriement des Français d’Algérie. Un concours de circonstances a fait qu’à Lyon nous avons, ma famille et moi-même, trouvé un toit grâce à la Croix-Rouge. Cela ne s’oublie pas. J’ai donc tout naturellement dit oui à Julien Ruas, fin 2012, quand il m’a proposé d’intégrer son équipe et d’en être le trésorier.

Quelle expérience en tirez-vous ?
P.N. Je ne le regrette absolument pas car la charge, très prenante, est épanouissante et apprend l’humilité et le respect de l’autre, quelle que soit sa condition. J’ai effectué une longue carrière dans la profession bancaire dont je suis retraité. Je dirige une micro-entreprise tournée vers les énergies renouvelables, mais consacre énormément de temps à ma mission de trésorier. J’en tire une grande joie, en découvrant des bénévoles exceptionnels, des salariés totalement investis et des bénéficiaires qui connaissent la précarité ou les coups du sort et qui se battent, avec notre aide, avec courage, pour s’en sortir. J’ai aussi fait le constat de la générosité du cœur de particuliers de toutes origines ou classes sociales, entreprises de tous secteurs et toutes tailles qui manifestent leur élan solidaire, leur accompagnement et leur participation. J’ajoute de plus que la jeunesse marseillaise est loin d’être semblable à ce que l’on peut nous présenter çà et là. Des jeunes de tous les milieux, de tous les quartiers sont bénévoles et très actifs, y compris la nuit, pour donner un peu de baume au cœur à ceux qui sont dans la rue.

Justement, quelles sont les missions principales de la Croix-Rouge à Marseille ?
P.N. Nous avons deux grands domaines d’intervention : l’urgence et le secourisme et l’action sociale. L’urgence et le secourisme interviennent lors de grandes manifestations festives, sportives, mais aussi malheureusement lors d’événements très douloureux tels qu’attentats, catastrophes naturelles, incendies…. Nos bénévoles-formateurs inculquent à un millier de personnes par an, les gestes à connaître pour sauver des vies. Il s’agit d’une activité où notre savoir-faire, notre engagement sont unanimement reconnus. Une activité très positive pour nous en termes d’image, mais aussi économiquement. L’action sociale se partage entre accueil, orientation, lutte contre l’illettrisme notamment et surtout distribution alimentaire et vestimentaire. Nous disposons de plusieurs implantations à Marseille - Belle de Mai, Baille, Panier, Bernabo, Chartreux et Caillols – et recevons plusieurs milliers de bénéficiaires avec malheureusement un chiffre en croissance constante. Nous avons aussi 80 bénévoles qui s’occupent des sans domicile fixe et sillonnent chaque jour, jusqu’à deux heures du matin, aussi bien le nord que le sud de notre bonne ville.

Les différentes missions de La Croix-Rouge. Crédit photo : Croix-Rouge.

Les différentes missions de La Croix-Rouge. Crédit photo : Croix-Rouge.

Quels sont les enjeux de ces distributions alimentaires ?
P.N. Une aide, un secours, un réconfort apporté à plus de 20 000 bénéficiaires et une distribution de 150 tonnes par an. Ce sont des colis composés principalement de produits alimentaires « secs », pas uniquement de première nécessité quand nous le pouvons, et autant que possible de produits frais, avec des difficultés en termes d’approvisionnement et d’acheminement pour offrir un produit de qualité, et bien sûr irréprochable sanitairement. Des kits de première hygiène sont aussi distribués, de même que des boissons chaudes, soupes et biscuits à nos concitoyens qui sont dans la rue. Nous recevons en partie des dons provenant de commerçants et de la grande distribution, mais nous achetons la plus grande partie à la Banque alimentaire certes, mais aussi et surtout à des fournisseurs-distributeurs. Ce sont plusieurs dizaines de milliers d’euros que nous consacrons chaque année à l’aide sociale.

Et quelles sont vos sources de financement ?
P.N. Les collectivités territoriales, dont les dotations budgétaires ont été fortement réduites, participaient jusqu’en 2012 à hauteur de 20 % de notre budget, pour tomber à 8 % en 2013, 5 % en 2014 et quasiment zéro à l’heure actuelle. Elles nous soutiennent en termes de logistique, d’accueil pour des réunions, et sont à nos côtés. L’urgence et le secourisme contribuent à plus de 20 % de nos ressources. Il nous faut donc déployer des activités qui nous permettent de financer l’action sociale qui est bien sûr par nature fortement déficitaire.

Quelles sont-elles ?
P.N. Nous disposons de trois Vestiboutiques où nous vendons des vêtements neufs que nous remettent certains partenaires ou des vêtements de qualité irréprochable que nous apportent des donateurs particuliers. Les prix sont extrêmement bas, mais la qualité et le dévouement de nos bénévoles nous permettent d’enregistrer des résultats positifs malgré des loyers un peu lourds. Nous organisons également des braderies plusieurs fois dans l’année. Le Gala annuel de la Croix-Rouge, qui fêtera cette année son dixième anniversaire et qui se tiendra le 30 novembre au palais de la Bourse, est une source indispensable de revenus. Si nous voulons faire face à la demande d’aide croissante, pérenniser notre action, voire même nous déployer encore dans la ville, il nous faut trouver des ressources, qu’elles soient « liquides », ou en nature et des bénévoles bien sûr. C’est cette démarche que nous développons auprès des entreprises et que nous souhaitons amplifier avec Croix-Rouge et Compagnies.

Comment faites-vous pour réaliser des économies ?
P.N. Ce n’est pas facile et tout le monde, bénévoles et salariés, fait le maximum mais il y a des charges incompressibles (loyers, fluides, impôts et taxes …) pour nos implantations actuelles et bien sûr pour celles que nous envisageons de développer dans la ville. Ne plus devoir acheter des produits alimentaires indispensables, de l’eau, des kits d’hygiène, des couches pour enfants ou du lait maternisé, nous économiserait plus de 80 000 euros l’an et permettrait une ouverture nouvelle chaque année… Un rêve ? Non, un constat, un vœu. Obtenir des dons en nature de la part de la grande distribution, de fabricants, de grossistes est un objectif. Certains le font déjà, mais nous devons élargir le champ de nos partenaires. Bien sûr, le don en numéraire est le bienvenu !

Le recours au financement auprès de professionnels est donc indispensable ?
P.N. C’est une absolue nécessité et notre action doit se tourner certes vers les particuliers, mais aussi les entreprises. Certaines font beaucoup pour nous comme Les Terrasses du port, l’hôtel Intercontinental qui remet ses viennoiseries du jour tous les jours d’ouverture à notre Pôle du Panier. Nous collectons plusieurs dizaines de tonnes de denrées tout au long de l’année ou lors de collectes spécifiques. Mais nous devons innover, pérenniser la relation, élargir le champ de nos partenaires.

Que rapporte leur engagement auprès de Croix-Rouge et Compagnies aux entreprises partenaires ?
P.N. Nous voulons instaurer un vrai partenariat « gagnant-gagnant », une relation qui dure. C’est cela Croix-Rouge et Compagnie, dont le parrain est Pascal Lorne, fondateur de Go Job. Avec un droit d’entrée d’un coût net de 1 000 euros certes, le partenaire devient détenteur de l’emblème Croix-Rouge, le Trophée Croix-Rouge est remis à l’entreprise, il y a aussi l’organisation de séances de formation aux gestes qui sauvent, la visite de nos implantations… Tout cela permet de créer du lien avec nos partenaires. C’est aussi cela Croix-Rouge et Compagnies.

Vous menez d’autres actions ?
P.N. Oui, c’est aussi l’hébergement ou l’achat de bornes de jeux de type Arcade, comme nous en avons déployé aux Terrasses du port (et qui sont un exemple pour la Croix-Rouge nationale) puis à l’aéroport de Marseille-Provence, puis à Carrefour Grand Littoral et demain dans d’autres sites à forts effectifs ou à forte fréquentation… Nous espérons également un partenariat avec un groupe marseillais de Santé/Maisons de Retraite pour financer une action de création de lien social qui nous tient à cœur.


gala Croix-Rouge françaiseLa grande soirée de Gala de la Croix-Rouge française à Marseille aura lieu le 30 novembre au Palais de la Bourse. Plus de 500 convives sont attendus pour cet événement. Ils pourront savourer un menu concocté par les Maîtres Cuisiniers de France de la région. Le succès de cette manifestation repose aussi sur la tombola dotée de lots offerts par les entreprises et commerçants de Marseille et sur la vente aux enchères de street’art. Depuis 2008, la soirée affiche complet et permet à la Croix-Rouge française à Marseille de bénéficier de fonds pour ses actions locales comme en 2016, l’achat d’une ambulance. 

Marion Riili

Auteur

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