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[Soit dit en passant] Et le César de la bêtise est attribué à…

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Chaque dimanche, il est le poil à gratter de Gomet’. Hervé Nedelec nous livre ses observations d’un promeneur averti. Soit dit en passant…

Muselier : appelez-le Raoul !

Fini les pastorales, Manon des sources ou encore la trilogie, Renaud Muselier a opté pour Michel Audiard, celui qui a co-scénarisé les Tontons Flingueurs de Georges Lautner. Et même si toute ressemblance avec un personnage existant serait purement fortuite, on pense à Bernard Blier, après avoir entendu ou lu, les récents propos du président de la région Paca. On aurait très bien imaginé le docteur Muselier reprendre la célèbre réplique (à peine retouchée par nous) : « Moi, les dingues je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance et une sévère. Je vais lui montrer qui c’est Renaud. Aux quatre coins de Marseille qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts. Moi quand on m’en fait trop, je correctionne plus ; je dynamite, de disperse, je ventile. » Et le petit-fils de l’amiral de sanctionner sévère, celui qui fut un temps son « ami Jean-Claude ». De le traiter de « fossoyeur » de la ville, et d’affirmer qu’il avait fait « deux mandats de trop ». Et puisque la boîte à gifles était ouverte, en cette période qui jette un froid, « Muso » est allé mordre le jarret de Bellamy, François Xavier de son prénom, que Laurent Wauquiez a choisi pour conduire la liste de LR aux prochaines Européennes. « Je ne connais pas ce garçon, a lâché avec distance Muselier avant d’en remettre une couche, c’est un philosophe versaillais, moi je suis député de Marseille ». Dans la Royale, on parlerait d’un tir de barrage. On dit que Bellamy, qui est anti-IVG et anti PMA, s’était même prononcé il y a quelques années contre l’usage du préservatif. S’il vient sur le Vieux-Port on ne peut cependant que lui conseiller de sortir… protégé.

Et le César de la bêtise est attribué à…

A Arles on a retrouvé en 2007, gisant dans la boue du Rhône, le buste de César. En 2019 sur la rive du même fleuve, c’est le César de la bêtise qui devrait être attribué à une Gilet jaune et fière de l’être. Cette malheureuse n’a rien trouvé de mieux que de diffuser sur les réseaux sociaux, le portrait du président de la République sur fond de guillotine. Pour cette communication tranchante, notre Arlésienne risque une peine maximale de 45 000 euros et quelques lignes indélébiles sur son casier judiciaire. Devant les caméras qui accourent à son secours, la malheureuse, sans doute driver par un avocat avisé, ne trouve à dire qu’une chose « je trouvais ça joli ». C’est moche un tel argument. La guillotine, qui visiblement est encore inscrite dans la mémoire de quelques apprentis bourreaux, a cessé de servir il y a 42 ans. La monarchie avait eu recours à elle, pour en finir avec le martyr des condamnés, écartelés en place de Grèves. Pour autant son humanité restait contestable. Le Marseillais Paul Lombard, avocat de Christian Ranucci, qu’il n’avait pas réussi à soustraire au châtiment suprême, racontait l’horreur de la peine capitale. Il avait eu à accompagner à l’échafaud le jeune homme coupable du meurtre de Dolores, une petite fille. Il y eut d’abord, racontait Lombard, ce petit matin blême du 29 juillet 1976, ce miaulement infâme du chat du condamné qui partageait sa cellule et avait pressenti ce qui allait advenir à son maître. Puis les pas interminables, jusqu’à une cour des Baumettes où était dressée la terrible machine. Enfin la lame qui plongea et le jet torrentiel du sang. Lorsque maître Lombard se remémorait la scène, il était à chaque fois blanc comme un linceul. A la télé, la gilet jaune était rose comme un bonbon, en parlant de sa jolie photo. C’est à pleurer.

Le PC ou le paquet complet

Le marketing sauvera-t-il, L’Humanité, le journal de Jean Jaurès ? On le souhaite au nom de l’information plurielle et du droit d’informer, inscrit dans nos textes fondateurs. Le Parti communiste a surpris beaucoup d’observateurs en optant pour cette méthode inconnue du vieux monde. Ian Brossat, l’adjoint au logement d’Anne Hidalgo maire de Paris, a choisi de faire tomber les murs qui enfermaient son parti, place du colonel Fabien, pour dépoussiérer une formation politique en voie, comme son organe de presse, de disparition. Il a décidé, dit-il dans un emballement coloré, de réunir « blouses blanches, gilets jaunes, cols bleus, robes noires, bottes vertes et chasubles rouges » pour habiller sa liste de la polychromie qui fait la France d’aujourd’hui. Professeur agrégé, comme le fut aussi Guy Hermier, le brillant et élégant député PCF de Marseille, Brossat sait qu’à l’heure des réseaux sociaux et de l’information en continue, il faut faire mouche d’emblée. Marquer les esprits et pourquoi pas les embarquer. On imagine que quelques vieux staliniens impénitents ont dû manger leur moustache devant cette méthode peu catholique chez les communistes. Mais c’est ainsi qu’on peut aligner Maryam Madjidi, prix Goncourt 2017, le cancérologue marseillais, Anthony Gonçalves, Patricia Teja, Cégétiste bucco rhodanienne chargée des sans papiers, ou encore Ralph Blindauer, avocat des « MC do » marseillais. Et puis, en si bon chemin, pourquoi ne pas évoquer les mannes du jeune résistant Guy Mocquet, comme le fit en son temps Sarkozy. Brossat a donc invité Odette Nilès, la « petite fiancée » d’un des plus jeunes fusillés de l’Occupation, à figurer sur la liste. Au nom de l’Europe bien sûr.

Maurice en appelle à Rita et… Simone

On l’avait quitté en disgrâce chez Jean-Claude Gaudin, on le retrouve réclamant les grâces de Sainte Rita. Maurice Di Nocera a beau être un centriste, farouchement attaché à la laïcité, il n’en est pas moins, si l’on en croit un de ses posts sur Facebook, un croyant. Est-ce Jean-Claude Gaudin qui lui a transmis cette crise de foi, toujours est-il, qu’il a fait montre, cette semaine, de son attachement à la sainte italienne. Elle attirait les foules au Moyen-Âge tardif et était réputée pour exaucer les vœux. Maurice Di Nocera sait aussi combien est forte chez ses amis pieds-noirs l’image de cette sainte ; dont une statue fut arrachée à l’église de Belcourt à Alger pendant l’exode des rapatriés d’Algérie. Di Nocera dont la vie politique compte plusieurs décennies n’ignore pas enfin qu’en son temps on appelait Margarita, la future Sainte Rita, pour « les causes impossibles ». Le conseiller départemental n’en est plus là, puisqu’après avoir été chassé sans ménagement par Gaudin ; il est de plus en plus présent auprès de Martine Vassal. Et puis pour rassurer les laïcards, il a aussi publié l’appel de son leader politique Jean-Christophe Lagarde (Union des démocrates et indépendants) à s’inscrire dans l’héritage de Simone Veil. On respire. « On a plus de croyance à 60 ans qu’à six ans car on a plus de mémoire » dit le psycho pédagogue Alain Sotto. Di Nocéra a 75 ans.

Le centre disparaît

Ce samedi 2 février, il régnait un temps de Toussaint au centre-ville. Il allait comme une moufle à la rue Saint -Fé plus morte que jamais. Un SDF bardé de couvertures avait trouvé refuge dans le sas d’un magasin fermé comme quinze autres dans cette artère qui était promise dans les années 90 à un essor radieux. Avec les Galeries Lafayette closes, ce sont seize boutiques qui ont baissé leur rideau entre la Canebière et la Préfecture. Il est très loin le temps où l’on fêtait avec faste l’ouverture d’un Virgin. Et puis cette couronne mortuaire sous forme de message (photo ci-dessous) sur une vitrine qui informe ses clients qu’elle a été victime du saccage d’une manif des Gilets jaunes début décembre.

(Photos HN)

(Photos HN)

Un « dégât collatéral » sans doute comme le disait dans une martiale attitude, sur BFM TV, un de ces leaders auto-proclamés interrogé sur les conséquences économiques du mouvement. On annonce pour les semaines à venir une « convergence des luttes » et des actions au moins trois fois par semaine. Les balles au centre donc et tant pis s’il en crève. Sur la façade de la chambre de commerce (photo une) on peut lire gravé sur un cœur rutilant, « Centre-ville tu es l’amour de ma ville ». L’amour vache alors.

Mal logement, « l’Etat ! », « c’est eux ! »

Jean-Luc Mélenchon, député de Marseille, a fait un saut dans « sa » ville pour rendre visite aux sinistrés de la rue d’Aubagne. Ses communicants, dit-on, ont souhaité entourer ce passage éclair d’une certaine discrétion et, du coup, les médias nationaux ont zappé ce moment historique. On rapporte aussi que le leader des insoumis a soigneusement évité, lors de sa rencontre avec les sinistrés – 1000 délogés aujourd’hui – de pointer du doigt les autorités municipales et tout particulièrement son ancien collègue du Sénat, Jean-Claude Gaudin. Charité républicaine ? Que nenni pour l’amateur de quinoa ! Il désigne un seul vrai coupable : l’Etat. Comprenez en creux, le Président de la République qui, s’il n’avait pas quarante ans, se verrait reprocher l’incendie meurtrier des Nouvelles Galeries en 1938 qui fit 78 morts et valut à Marseille d’être placée sous tutelle. Bon toute la gauche ne partage pas cette analyse singulière, comme en témoignait dans La Marseillaise du 2 février la tribune de plusieurs intellectuels et artistes. Akhenaton, Guédiguian, Kent Arkana, Dominique Cabrera « Corniche Kennedy », mais encore les sociologues André Donzel et Césare Mattina, le journaliste Michel Samson, et enfin Valérie Manteau, prix Renaudot qui habite dans le quartier Noailles. Ils ont désigné sans « pudeur de gazelle », selon l’expression chère à Mélenchon, ceux qui ont conduit à cet habitat indigne et s’acharnent à ne pas prendre en compte ces Marseillais paupérisés. La plupart d’entre eux ont vécu ou vivent à Marseille. Ca fait une sacrée différence.

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