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[Agriculture] Le Paysan urbain cultive son environnement pour faire germer des projets sociaux et solidaires

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Le Paysan urbain est une structure d’agriculture urbaine développant des fermes urbaines agro-écologiques, économiquement viables, socialement responsables et connectées aux agriculteurs ruraux et péri-urbains. Après la Seine-Saint-Denis, le projet va prochainement se développer au Cloître, Pôle d’innovation et d’entrepreneuriat social, à Marseille. 

Le Paysan urbain est guidé par un idéal : participer à l’émergence d’une société post-carbone du XXIIe siècle dans laquelle nous vivrons dans des villes où règne une harmonie absolue entre les activités humaines et la nature. Pour que cette vision ne reste pas qu’une utopie, Benoît Liotard a décidé de créer Le Paysan urbain, il y a un peu plus de quatre ans. Il s’agit d’une structure d’agriculture urbaine qui se donne pour mission de mettre au même niveau d’importance l’aspect social, économique et environnemental. Un projet de développement durable qui se décline sur deux activités principales. La première : la production de micro-pousses, un produit alimentaire innovant situé entre la graine germée et le mesclun. Distribués en circuit court, les micro-pousses rencontrent un vif succès auprès des restaurateurs en raison de leurs qualités nutritives, leur goût mais aussi, selon les légumes cultivés, leur couleur. Cette production de micro-pousses en milieu urbain intervient comme support d’insertion par l’activité économique, dans un modèle propre, pour des personnes éloignées de l’emploi. 

Mettre en oeuvre un cercle vertueux

Parallèlement, la structure cultive un potager urbain mêlant agroforesterie, agroécologie et permaculture. Autrement dit concevoir des lieux de vie autosuffisants et respectueux de l’environnement et des êtres vivants, en s’appuyant sur les lois de Mère Nature. Un potager qui a également une visée démonstrative, pédagogique et d’animation. « On est en ville, 80% de la population vit en ville, on peut toucher toute cette population avec pour objectif final les sensibiliser aux questions alimentaires et agricoles, pour que dans leurs habitudes de consommation ils puissent s’orienter vers des produits plus vertueux », explique Benoît Liotard.

Utiliser l’alimentation comme moyen principal de reconnexion des citadins à leur environnement passe par une nouvelle manière d’appréhender le produit. Le Paysan urbain considère le corps comme le premier environnement, « c’est par l’alimentation qu’on le préserve, le protège et le renforce. S’alimenter avec des produits frais et agroécologiques, c’est se faire du bien en faisant du bien à la planète et à l’économie locale ». Pour faire de cette idée une réalité, Benoît Liotard est allé chercher l’inspiration et les clés sur un autre continent.

le paysan urbain

Le Paysan urbain va occuper 8000 m2 du Cloître

S’il a choisi de travailler dans le domaine environnemental, rester devant son ordinateur toute la journée ne faisait plus sens à ses yeux. « J’ai eu envie de me rapprocher de la terre et du vivant, mais je ne me voyais pas partir à la campagne parce que je suis un citadin, donc pour voir si l’idée que j’avais en tête pouvait se concrétiser, j’ai fait un volontariat d’un an dans un projet d’agriculture urbaine au Brésil ». Il apprend les bases de l’agriculture urbaine, revient en France convaincu et lance dans la foulée son projet Le Paysan urbain, en région parisienne, dans un quartier prioritaire de Seine-Saint-Denis. Nous sommes alors en 2014. L’année suivante, les premières serres et les premiers équipements sont installés. 2016 marque, quant à elle, l’accueil des premiers salariés en insertion. Un modèle qui fonctionne et qui a fait ses preuves, puisque l’idée est de reproduire le modèle à Marseille.

Le Paysan urbain va donc investir un terrain du Cloître, le Pôle d’innovation et d’entrepreneuriat social. « Le site est exceptionnel en raison du domaine agricole, sur lequel on peut s’installer. Les conditions sont très bonnes et c’est vrai que l’écosystème autour de l’économie sociale et solidaire, l’insertion, la formation, l’accompagnement des personnes sans diplôme ou éloignées de l’emploi… C’est ce qu’on essaie de faire aussi. Et comme au Cloître il y a aussi un volet alimentaire avec restauration et traiteur, ça a du sens de travailler ensemble. D’ailleurs, c’est ce que va essayer de faire pour l’année de la gastronomie 2019.»

Le projet va s’étendre sur 8000 m2 avec l’installation d’une serre de culture de micro-pousses ainsi que les équipements (lavage, conditionnement, chambre froide…) sur 700 m2 d’un ancien terrain de foot. Le reste du terrain constitué essentiellement d’espace boisé ( environ 6000 m2), va être revalorisé « dans un système agroforestier en mélangeant les arbres et la production alimentaire, sans toucher aux arbres », précise le fondateur. Un potager à visée pédagogique sera également cultivé et servira également à l’approvisionnement du restaurant, avec la culture « de légumes bien spécifiques que l’on ne trouve pas en cuisine.» L’irrigation sera assurée par la start-up Telaqua qui profitera de cette installation pour tester ses capteurs d’irrigation connectés.

A la recherche de financement

Si le projet est ficelé, Le Paysan urbain n’est pas encore lancé à Marseille. Il espère avoir prochainement l’agrément des services de l’Etat pour être chantier d’insertion et ainsi pouvoir embaucher. « Et on s’est mis en lien avec des structures d’insertion notamment Graines de soleil à Châteauneuf-les-Martigues, qui fait partie comme nous du réseau Jardin de Cocagne, (structures maraichères bio d’insertion). Ici, on représente un peu leur prototype de modèle urbain de ce qui pourrait être fait en complément des jardins », explique Benoît Liotard. Reste aussi la question financière à régler. Le Paysan urbain est soutenu par des donateurs privés et aidé par des fondations d’entreprise autour de l’insertion ou de l’alimentaire, comme Carrefour, Simply Market, la Banque populaire, Truffaut, Vinci. « Nous avons 25000 euros pour commencer mais il faudrait avoir entre cinq à dix fois plus. »

Finaliste du concours national 2018 « La France s’engage »

La structure s’est également mis en quête de subventions et fait partie des 40 finalistes du concours 2018 de la fondation « La France s’engage ». Ce concours soutient des projets d’innovation sociale développés par des acteurs de l’économie sociale et solidaire, et répondant à des problèmes sociaux (exclusion, chômage…) en proposant un soutien financier conséquent compris entre 50 000 et 300 000 euros, et un accompagnement au changement d’échelle. Le Paysan urbain est invité à pitcher à Paris, les 16 et 17 mai. Un vote du public permet de contribuer à la note finale attribuée par le jury. Ce dernier retient ensuite 15 projets présentés au Conseil d’administration de la Fondation qui sélectionne les dix lauréats de la promotion 2018. Ils seront annoncés le 21 juin, à Paris.

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