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[Interview] Education, inclusion, accélération… les priorités numériques de Mounir Mahjoubi

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Chose promise, chose due, Gomet’ vous propose l’interview intégrale de Mounir Mahjoubi. Le secrétaire d’Etat, en charge du numérique avait délocalisé son cabinet à thecamp durant trois jours les 10, 11 et 12 juillet. Il évoque avec nous des thèmes qui lui tiennent à cœur, la cybersécurité, le numérique à l’école, mais aussi la French Tech acte II.

C’est la première fois que vous venez à thecamp. Il était important de vous y installer durant trois jours ?

Mounir Mahjoubi. C’est la première fois que l’on vient avec tout le cabinet. J’ai pris l’habitude de faire des déplacements longs, de partir de deux-trois jours pour être à la rencontre globale des écosystèmes. J’aime bien pouvoir parler d’inclusion numérique contre l’illettrisme, cybersécurité, transformation numérique de l’État et transformation numérique de l’économie avec les start-up et les innovateurs. Et ça, ça ne se fait pas en trois heures, mais plutôt en prenant le temps. Et thecamp est un lieu un peu unique, qui résonne avec le monde. C’est aussi une manière de nous nourrir de ce qui se passe ici.

Justement qu’avez-vous évoqué lors de la rencontre sur la cybersécurité à thecamp ?

M.M. On a identifié certains sujets relatifs notamment au recrutement. Il faut être plus opérationnel sur la manière dont on peut parvenir à avoir des techniciens qui puissent être formés dans la région et moi je suis prêt à engager l’État. Les formations peuvent être publiques, privées, on peut avoir recours au cofinancement…

Au-delà des formations, la question de la cybersécurité n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui…

M.M. On n’a jamais été autant menacé et ça concerne le public, avec les données de l’État, des collectivités, le privé avec les entreprises et puis les citoyens. Aujourd’hui, l’État est très bien structuré pour se protéger lui-même avec l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations). C’est l’une des meilleures agences au monde qui protège l’infrastructure de l’État. L’Anssi a aussi pour rôle de donner les consignes, les labellisations, les techniques, les méthodes pour aider l’économie à se protéger. C’est pour ça qu’on a lancé une première série de labels, il y a un mois, à plusieurs centaines entreprises qui les ont obtenus. Notre objectif, c’est d’augmenter le niveau de sécurité globale de notre économie et faire en sorte qu’en cas d’attaques la plupart des entreprises puissent se relever. On a catégorisé en commençant par les entreprises les plus vitales, celles qui si elles tombaient mettraient en danger tout le pays (électricité, énergie…) On a créé une nouvelle catégorie avec des entreprises dites « essentielles ». Celles-ci ont de nouvelles obligations de protection. Et maintenant il y a un troisième étage, « le général », pour permettre à toutes nos TPE-PME d’avoir les outils, la compréhension et l’investissement pour elles-mêmes se sécuriser.

Dans quelques semaines, vous lancez un plan pour la transformation numérique des TPE PME, quelle place va avoir la cybersécurité et surtout son financement ?

M.M. Elle va jouer un rôle essentiel. Ce qu’il faut savoir, déjà, c’est que pour quelques centaines d’euros, une entreprise quelle que soit sa taille, peut augmenter de façon radicale son niveau de protection cyber. Le plan prévoit une aide pour financer les TPE-PME sur leurs premiers éléments de sécurisation. On a travaillé avec toutes les Régions. Elles disposent de plans d’aide à l’investissement pour le numérique à destination des TPE PME, sauf que les plus petites ne le demandent jamais. Aujourd’hui, il y a donc un cadre qui va leur permettre d’accéder à ces subventions. On a aussi négocié avec les réseaux bancaires nationaux, l’émission pour près d’un milliard d’euros de prêt à destination des TPE-PME, garantis par l’État. Ça va leur permettre d’investir dans le numérique, parce que le problème du numérique, c’est que les banques ne prêtent pas, parce que ça se garantit pas. Donc là, l’État sera garant avec l’Union européenne pour aider les entreprises à pouvoir investir dans le numérique.

Comment travaillez-vous avec le ministère du Travail sur la question du numérique ?

M.M. C’est le premier ministère avec lequel on a lancé des projets d’envergure. Cela s’incarne à travers le plan de 10 000 formations aux métiers du numérique, lancé il y a quelques mois pour multiplier la capacité à former plus de personnes notamment à travers le réseau Grandes écoles du numérique. Le nouvel appel à projets Grandes écoles du numérique justement va permettre de labelliser plusieurs centaines de nouvelles formations à travers le territoire. Les associations et les collectivités avaient jusqu’au 15 juin pour candidater, les résultats seront connus à la rentrée. Pôle emploi s’est lancé sur ce plan 10 000 formations en formant lui-même ses agents à identifier les personnes qui pourraient rejoindre ces métiers-là.

Deuxième élément. On discute beaucoup avec le ministère du Travail sur les grandes transitions et les transformations de l’emploi. Aujourd’hui, on sait que la formation professionnelle est mal faite, le financement ne va que dans une branche pour une branche. Nous sommes donc en train de créer des ponts pour qu’un technicien industriel, par exemple, puisse se former au numérique, pour plus la fluidité aussi. Puis, il y a le PIC (plan d’investissement pour les compétences) avec 15 milliards d’euros sur 5 ans sur lequel le numérique, avec l’environnement, sont les deux grandes transitions qui sont intégrées. Ça va nous permettre de former 2 millions de personnes les plus éloignées de l’emploi.

Où en êtes-vous de la numérisation du service public ?

M.M.  Notre objectif, c’est bien d’arriver à 100 % de service public en ligne. Ça ne veut pas dire obligatoire mais disponible en ligne. Et si on veut y arriver, il faut s’occuper du 20 % de Français qui ne savent pas bien utiliser l’outil numérique, soit un Français sur cinq. On a fait une priorité absolue d’identifier ces personnes. Les réseaux bancaires sont partenaires de notre stratégie nationale pour l’inclusion numérique, que l’on a construit avec les Départements, les Régions, l’Etat… Avec des questions simples, « avez-vous un mail ? Un ordinateur à la maison ? Un téléphone type smartphone ? », on peut identifier rapidement quelqu’un loin du numérique. Avec cette nouvelle stratégie, on va pouvoir l’orienter vers une association qui fait partie du plan « Pass numérique », qui accompagne gratuitement et forme en 20 heures pour devenir indépendant sur le numérique. On a fait des expérimentations, depuis deux ans, à plusieurs endroits en France, on a vu qu’une grande partie des personnes sont devenues indépendantes numériquement. Il reste quand même une partie qui, même après 20 heures de formation, ne sait pas faire. Le président de la République en Congrès à Versailles a annoncé que la transformation du service public va passer par plus de services publics de proximité ; plus de gens vont avoir pour mission territorialement, localement, d’accueillir les personnes qui n’y arrivent pas. C’est paradoxal : on a fermé les services publics là où on n’en avait le plus besoin pour gérer les situations complexes. La question est aussi de savoir comment l’organisation du réseau de cette manière permet aussi de faire des économies, car la baisse de la dépense publique est un engagement du président de la République. C’est l’enjeu dans les prochains mois.

Sur le numérique à l’école il y a là aussi un enjeu important ?

M.M. C’est un sujet de travail intensif avec le ministre de l’Education nationale. On a déjà fait des avancées sur le lycée, et on parle beaucoup maintenant du collège et de l’école primaire. Au lycée, le numérique fait désormais partie du tronc commun au travers une nouvelle matière : les Humanités scientifiques. Deuxième chose importante, la création des sciences informatiques, ce qui va permettre de faire six heures par semaine de numérique en première et en terminale. Sur l’école et le collège, il y a une double question : l’informatique à l’heure du numérique et le numérique comme une technique. Pour la première, l’enseignement existe dans presque toutes les écoles avec « l’introduction aux médias », mais il est facultatif. Il est donc important d’aller plus loin. Et puis il y a le numérique comme technique. L’idée est d’introduire plus les enfants au code, pas pour en faire un ingénieur mais pour sortir de la naïveté face à l’écran. Je sais que le jour où l’on comprend comment fonctionne une base de données, que ça se copie… On est plus pareil face à un écran. J’aimerais que tous les enfants puissent le vivre dès le primaire avec quelques heures seulement de formation.

Lors du salon Viva-Tech vous aviez annoncé la création de Next 40 une sorte de Cac 40 pour les entreprises innovantes, où en êtes-vous ?

M.M. Next40 va permettre d’identifier un certain nombre de start-up et d’entreprises qui sont en très grande croissance et qui vont avoir un très grand impact dans les années à venir. Ce que l’on veut, c’est les mettre très en avant, que les Français, les investisseurs, les banques, les clients… les connaissent. La BPI ou encore French Tech identifient déjà ces entreprises mais nous ne nous sommes jamais mis tous ensemble autour d’une table pour dire : « et si on les désignait tous de la même manière ». Cela va faciliter les investissements des collectivités. Un comité va être créé composé des personnes plus aptes à identifier ces entreprises.

Lors du même événement, vous aviez aussi déroulé la feuille de route de la French Tech. Qu’attendez-vous de l’appel à projet des métropoles French Tech acte II ?

M.M. Pendant cinq ans, la French Tech était plutôt axée sur la manière dont on fait émerger des start-up partout sur le territoire. Il y en a plus de 10 000 en France. On peut dire que ça bien marché. Avec cette nouvelle phase, il s’agit de passer de l’éclosion à l’envol. Comment on continue de créer de nouvelles start-up, mais parmi ces 10 000 aider celles qui ont le plus gros potentiel pour partir à la conquête du monde, à grossir, à créer de la valeur, des emplois… Deux autres objectifs très importants : la mixité et la diversité sociale. Les nouvelles métropoles labellisées devront soit être dans une volonté d’hyper croissance d’aller à l’international en tenant compte de cet enjeu de mixité et diversité sociale. Au regard de ce que fait Aix-Marseille sur la French Tech et dans ses autres actions en général, elle est plutôt bien préparée à tenir ces nouveaux objectifs, sans préjuger de ce qui se passera. 

Liens utiles. 
[Interview] Mounir Mahjoubi : “thecamp, un lieu unique qui résonne avec le monde”
> [Reportage] Dans les pas de Mounir Mahjoubi en immersion à thecamp

Localité(s) :

550 Rue Denis Papin, 13290 Aix-en-Provence, France

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