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[Humeur] Soit dit en passant : les yeux vers le ciel, les mains cachées dans le dos

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L’humeur du dimanche sur Gomet’, c’est “Soit dit en passant” avec le journaliste Hervé Nedelec. Et rien ne lui échappe ! Bonne lecture.

Macron en rit : dommage

Jean-Claude Gaudin raconte que, lors de sa dernière rencontre avec Emmanuel Macron – un déjeuner à l’Elysée – le jeune président a éclaté de rire, lorsqu’il lui a expliqué le chemin de croix que subissaient les poissonnières du Vieux-Port. Une directive européenne les obligeait à indiquer sur leurs étals, le nom latin des poissons qu’elles vendent depuis des décennies à la criée, dans une langue très vivante qui fait le bonheur médusé des touristes. Bon, sans envoyer Bruxelles dans les choux, on a cru comprendre que la recommandation des technocrates européens ne serait pas appliquée, à la lettre, dans la cité fondée par les Grecs. Dommage parce que la langue océane et méditerranéenne est pleine de ressource, qu’elle soit dérivée du latin ou pas. Regardez notre cher « arapède » que d’aucuns désignent par le très imagé « chapeau chinois », on l’appelle « bernique » en Bretagne, « lampote » en Normandie et « jambe » en Charente-Maritime. Au commencement il s’agissait de la « patella vulgata », ce qui, on en conviendra, avait une sacrée gueule… pour un coquillage. Et puis à Marseille où, comme le disait Nougaro pour Toulouse, « on se traite de con à peine qu’on se traite », on aurait pu apporter quelques belles variantes à des expressions usées jusqu’à la corde. Imaginez au vélodrome, lorsqu’un gardien adverse dégage son camp : au lieu du fameux « oh hisse enc… », on crierait « oh hisse paedicara ». Marseille surprendrait encore la France.

Une démagogie un peu crampon

Jean-Luc Mélenchon n’a jamais aimé le foot. Il n’y comprend du reste rien. Mais élu de Marseille, il a senti qu’il valait mieux caresser ses électeurs dans le sens du cuir. Il s’est donc réjoui de la défaite de la Manschaft, alors que les Marseillais étaient parfaitement indifférents à la sortie prématurée des champions du monde. A lire ses tweets, on se demande s’il n’a pas vu Angela Merkel avec le brassard de capitaine de l’équipe allemande. Le député des Insoumis devrait, s’il ne veut pas se faire huer dans les tribunes du vélodrome, qu’il fréquente du reste peu, réviser l’histoire de l’OM. Quelques fidèles des virages peuvent lui rappeler utilement les noms d’anciens titulaires de la Manschaft, qui ont fait se lever le stade. Andreas Köpke, Rudi Völler, Klaus Allofs, ou encore Kark Heinz Förster. Il devrait méditer Camus, qui disait à propos du foot, qu’il adorait regarder mais aussi pratiquer : « J’appris tout de suite qu’une balle ne nous arrivait jamais du côté où l’on croyait ! » Un sport plus subtil qu’un tweet.

Ben oui, comme tout le monde

A lire ou écouter les réactions, une seule certitude les Rolling Stones vieillissent. Ils sont nombreux pourtant ceux qui ont été une fois de plus bluffés par l’énergie de ces fringants septuagénaires. Le stade vélodrome s’est encore, quoi qu’en disent les minaudeurs, imposé comme une cathédrale du rock. 58 000 fans, vieillissants pour beaucoup, pour un spectacle et une musique qui n’ont pas pris une ride. Parce que là réside la magie de ce son, sorti comme un cri primal des gorges libérées des ados des années 60. A une époque trop sage, recroquevillée sur les certitudes des trente glorieuses, il y a eu cette envie irrépressible de casser la baraque. Ce besoin de folie habite encore les moins blasés. Même si quelques chochottes se plaignaient d’avoir dû attendre pour pénétrer dans le stade devenu sanctuaire, ou mégotaient sur une sono moins performante que leur home vidéo, une bouffée de nostalgie active a traversé le peuple du Rock. Sans doute comme le confiait entre deux tafs Keith Richards, parce que « au départ, le peintre a une toile. L’écrivain a une feuille de papier. Le musicien, lui, a le silence ». Et cela fait un bien fou quand les Stones le brisent.

Tout fout le camp

Pendant que quelques cadres supérieurs doivent s’expliquer devant les gendarmes, diligentés par le parquet national pour faire la lumière sur le fonctionnement complexe de la mairie de Marseille, Force Ouvrière tente, coûte que coûte, de conserver son leadership. Pas simple, car les revendications des uns font désormais le moteur des revendications des autres. FO doit suivre son nouveau « patron » qui contrairement à son prédécesseur, Jean-Claude Mailly, ne ferme pas les yeux sur les singularités marseillaises. Pascal Pavageau est un partisan résolu d’un syndicalisme « constructif », mais qui passe selon lui par une attaque frontale de la politique sociale du gouvernement et des gouvernants en général. Tout le contraire de ces militants municipaux marseillais qui, à l’instar de leur leader, Patrick Rué, pratiquent depuis plusieurs décennies l’art de revendiquer haut et fort dans la rue ce qu’ils ont déjà négocié discrètement en coulisse. Las, le système, si bien rodé sous Defferre puis Gaudin, semble être à bout de souffle. Pire, FO qui avait jusqu’ici réduit au silence ses plus farouches adversaires, CGT, UNSA et CFDT, se trouve désormais contestée dans son propre fief, par ses fidèles. Pointent à l’horizon syndical très chargé, les élections professionnelles qui devraient ici et ailleurs rebattre les cartes d’ici la fin de l’année. On n’en est pas encore au divorce entre les élus majoritaires et le syndicat longtemps omnipotent, mais on a commencé à faire chambre à part.

Attention au redoublement

Personne n’ignore à Marseille qu’après le football le sport le plus pratiqué consiste à passer au rouge. Dans ce match mortifère, on a réussi à allumer tous les clignotants. De Greenpeace aux sondages, de la sécurité routière à quelques élus avisés, s’élèvent des voix pour dire que la coupe est pleine. Bouchon, pollution, aberration… les mots manquent pour décrire la situation qui place la ville dans les fins fonds de tous les classements nationaux et internationaux. Ce sont des milliards qui s’envolent ainsi chaque année. Il faudra bien, à un moment ou à un autre, qu’on nous explique la tragi-comédie de la L2, les plans de circulation insensés, l’absence d’une politique rigoureuse concernant la vitesse en ville, la répression aveugle du stationnement, le racket des parkings, le manque d’une volonté sérieuse pour imposer la bicyclette… la liste est non exhaustive. Il y a eu avant l’heure, dans cette ville, des comités d’intérêt de quartier. Nombre d’entre eux sont devenus les porte-voix de leur maître. Il est grand temps que les citoyens se réunissent en comités, pour exiger de ceux qui nous gouvernent un plan pour redonner de l’air à la ville. Ce n’est plus de klaxon dont il faut s’équiper, mais d’alarme.

L’enfer c’est les autres

Les nationaliste corses, pour des raisons tortueuses, se sont dit prêts à recevoir dans les ports de l’île de beauté des immigrés, naufragés de la misère, des guerres civiles, du dérèglement climatique. A Marseille les bonnes consciences se sont fait peu entendre. Pire seuls l’extrême droite a manifesté… contre les humanitaires et l’Aquarius qui doit y faire escale. Pourtant s’il est une ville qui a l’expérience de l’immigration, c’est bien elle. Combien depuis la fin du XIXème siècle de « migrances », pour reprendre l’expression chère au regretté professeur Emile Témine, sont passées par elle. Les Italiens plus honnis un temps que des pestiférés et appelés avec mépris les babis (les crapauds). Les Arméniens fuyant un génocide. Les rapatriés d’Algérie à qui Gaston Defferre conseillait « d’aller se réadapter ailleurs ». Puis d’autres vagues, aussi mal accueillies et autant rejetées ; Maghrébins, Africains, Comoriens, Chinois. Pourtant, ils ont fait souche, faisant de la ville une improbable mosaïque où perdure, à défaut d’une assimilation heureuse, une coexistence pacifique. Dans ces communautés, il y a une forte majorité hostile au débarquement de nouveaux immigrés. Ils font partie des 57% de Français qui, en janvier dernier, se disaient hostiles aux migrants. La même proportion sans doute qui, dans les mosquées, les synagogues, les églises et les temples, parlent chaque semaine de fraternité, les yeux levés vers le ciel, mais les mains cachées dans le dos.

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