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[Humeur] Soit dit en passant : Muselier, Ferroni, Tapie, Mélenchon et Mariani pour commencer l’année

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Le “mouvement” des Gilets Jaunes continue d’occuper les rues et les têtes. Le journaliste Hervé Nedelec fait les comptes dans sa chronique engagée. C’est Soit dit en passant.

Muselier : coup de pub ou de cœur ?

C’était en septembre 2014. Renaud Muselier militait au RPR et il était venu soutenir les professions portuaires, dont l’outil de travail était, une fois encore, bloqué par les dockers « en colère ». L’élu fut alors roué de coups, avec force « armes par destination », par une poignée d’apprentis-lyncheurs. Jacques Chirac apportait son soutien, pour le plus grand agacement de Jean-Claude Gaudin, à son bouillant jeune compagnon pendant que ce dernier dénonçait à la télévision le coupable silence de la CGT. Tout ça nous ramène à l’actualité où l’on voit quelques individus, vêtus ou non de jaune, s’en prendre à d’autres représentants de la République, les forces de l’ordre garantes des libertés et de la sécurité. Muselier, qui pratiqua les arts martiaux dans sa jeunesse, n’a pu qu’observer les fameuses images de la passerelle Senghor – où un ancien champion de France de boxe s’en prend à coups de poings et de pieds à un gendarme mobile – à l’aune des valeurs apprises sur les tatamis. Certains diront cependant que « sa » cagnotte ouverte au profit des fonctionnaires chargés de faire régner l’ordre et en réaction à celle qui visait à couvrir les frais de justice du boxeur, est opportuniste et teintée même de démagogie. On peut aussi prendre ce geste collectif (plus d’un million et demi d’euros récoltés) comme l’exaspération des citoyens qui ne supportent plus de voir tabasser des hommes en tenue par des individus sans tenue ni retenue. Mao disait que « la révolution n’est pas un dîner de gala » et qu’il fallait d’attendre d’elle ni poésie ni délicatesse. Des millions de vies ont payé pour vérifier son affirmation. Mais aujourd’hui dans nos rues c’est plutôt des « et moi et moi » qu’on entend que des « et Mao, et Mao ». Et plus une « évolution » du pouvoir d’achat qui est demandée qu’une révolution qui est attendue. Raison de plus pour ne pas aller mettre trop de poings sur les « i ». Quant à la défense surréaliste de certains casseurs, elle évoque en nous ce sketch ancien (Paul Préboist) où un avocat commis d’office plaidait ainsi : « Oui mon client a tué son père et sa mère mais vous n’allez pas toute de même condamner un orphelin ! »

Une Aubagnaise fait la leçon à un Marseillais

Dans certains quartiers on dirait que l’humoriste Nicole Ferroni « y est allée à la kalach » cette semaine sur France-Inter. La chroniqueuse originaire d’Aubagne a placé au centre de sa cible Jean-Claude Gaudin et avec lui les élus qui gouvernent la ville depuis un quart de siècle. Elle conclut son propos fort bien documenté d’une sentence sans appel : « Ce ne sont pas les écoles, les piscines ou les logements qui sont indignes, mas nos élus. IL suffira d’en changer pour que la ville reprenne forme humaine. » Voilà qui est dit mais – c’est le défaut du genre radiophonique forcément ramassé – un peu court au regard de l’histoire de cette cité deux fois millénaires. On nous reprochera dès lors d’exhumer le fameux « système » pour justifier une situation honteuse qui a fini par déboucher sur une tragédie. On peut en effet contester l’argument sauf que ce système qui induit clientélisme, clanisme, et parfois bien plus grave, a produit une culture locale qui mettra du temps à s’effacer. On peut la nommer selon le point de vue où l’on se situe, assistanat, dépendance, compromission… Il est pour justifier ceux qui y succombent une formule alibi qui s’est enkystée dans les esprits : « les autres le font, je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas ! » Aujourd’hui des associations, des think tank, des groupes de citoyens lambda viennent rappeler aux citoyens marseillais qu’il existe une autre voie ; celle de la démocratie participative. Elle permet d’interpeller ceux qui gouvernent la cité, de leur demander de rendre des comptes, d’aider la collectivité à se projeter dans un avenir réparé. Et d’en finir avec le conseil soufflé discrètement à l’oreille, « passez-me voir à la mairie ou dans ma permanence ! »

Tapie et les Gilets Jaunes

Les plus anciens à la rédaction – s’il en est encore – ont dû se rappeler un temps ancien. A cette époque-là, la fin des années 80, des camionnettes du Provençal chargeaient pancartes et calicots pour s’en aller soutenir au palais des sports un certain Bernard Tapie en meeting pour affronter le député de droite Guy Teissier. Il y avait alors encore une section du PS au journal et Edmonde Charles-Roux, la veuve de « Gaston », régnait depuis son bureau du quatrième étage. Autres temps, mais pas forcément autres mœurs, puisque le toujours bondissant Tapie vient de prêter une remise à papier à un groupe de gilets jaunes représentés par le Vauclusien Chalençon connu pour ses positions radicales et son souhait de voir le général De Villiers diriger, le temps de la contestation, la France. Nos confrères ont du coup craint que ce nouveau mélange de genre ne leur soit attribué alors qu’ils tentent, dans les difficultés du quotidien, de faire leur métier. Ils ne sont pas allés pour le moment jusqu’à la démonstration de force de la société des journalistes de BFM-TV qui ont fait part de leur émotion. Et de leur colère de se faire caillasser et molester dans les rues et sur les ronds-points pendant que les stars de l’antenne péroraient sur les plateaux avec des gilets jeunes autoproclamés politologue, sociologue et visionnaire en chef. A Marseille comme ailleurs il est plus que temps que ceux qui écrivent, filment, enregistrent, rappellent un des fondements du métier inscrit dans la charte originelle (1918) : le journaliste « revendique de publier honnêtement ses informations ». Vous avez dit honnêtement comme c’est bizarre.

Dans convergences il y a con

Ca lui pendait au nez à force d’en laisser couler sa morgue. Jean-Luc Mélenchon a été préempté cette semaine par Marine Le Pen qui, en dehors de la question de l’immigration, voit des convergences entre les idées vociférées à longueur de temps par la France Insoumise et celles martelées à cor et à cri depuis des lustres par le Rassemblement National (ex-FN). On dira que la fille de Jean-Marie connait sur le bout de ses doigts de pied l’art du grand écart. Elle a déjà fait gober à son père, tenant de l’Algérie française et supporter inconditionnel du « quarteron de généraux à la retraite », que son mouvement était compatible avec une grande partie des idées gaullistes. Désormais elle pousse donc l’avantage jusqu’à revendiquer pour son seul profit partie des idées d’extrême- gauche. Ceux qui de Fréjus aux quartiers nord en passant par Cogolin subissent la politique de ses élus apprécieront. Elle est aussi en phase avec Mélenchon sur la nécessité de réviser la constitution avec en creux, pour ceux qui ne l’auraient pas compris, l’urgence de destituer celui qui l’a humiliée au second tour de la présidentielle. Le député de Marseille s’est fendu d’une réplique molle pour dénier à sa concurrente tout rapprochement… d’idées. « Marine Le Pen est habile, c’est une manière pour elle de me mettre dans l’embarras, avoue Mélenchon. Elle dit qu’il y a des convergences, elle devrait dire lesquelles. Moi j’ai l’impression que les différences se sont creusées». On le voit, comme ses cadres, l’élu « marseillais » est quelque peu fait aux pattes. D’autant qu’un retour sur d’anciennes déclarations démontre qu’il y a en effet un certain embarras. Il faut relire notamment la déclaration de Mélenchon alors secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur lorsqu’en 2002 Jean-Marie Le Pen avait éliminé au premier tour de la présidentielle Lionel Jospin. La mine défaite et le cœur gros Mélenchon disait avoir mal à la France et il donnait une consigne : « le vote d’extrême droite doit être réduit au minimum par nos propres forces ». De l’eau a coulé depuis sous les ponts de Paris et dans le Vieux Port et Mélenchon, qui accusait il y a quelques semaines les journalistes d’utiliser un « canon à merde », se retrouve aujourd’hui éclaboussé par ses propres contradictions.

Mariani et les poupées russes

On le sait depuis la guerre froide, il faut toujours être prudent avec les objets venus de l’Est, du parapluie bulgare aux poupées russes. Ils peuvent cacher quelque poison. Thierry Mariani ex-député du Vaucluse et adversaire résolu du Front National a une admiration sans frontière pour Vladimir Poutine. Mariani dans une belle continuité avait, il est vrai, fait un pas important en soutenant – en tant qu’observateur disait-il – le régime syrien d’Assad. Il a donc franchi le Rubicon en rejoignant le Rassemblement National qui, sans difficulté, lui réservera une place éligible lors des prochaines européennes. A droite, on a fait du coup le service minimum pour dénoncer le félon sachant qu’il ne faut jamais insulter l’avenir. Pour la Russie, Mariani qui fut gaulliste, peut légitimement rappeler que De Gaulle n’était pas un antisoviétique primaire. Pour Le Pen, il aurait du mal à trouver un argument de ce côté-là. En même temps, Mariani n’a fait que démontrer que la distance entre St Cloud (résidence des Le Pen) et Moscou n’était pas infranchissable. En first class en plus.

Ça tourne plus rond

Le petit commerce est la première victime des manifestations qui se succèdent de samedi en samedi. A Marseille comme à Aix ou à Avignon on chiffre le manque à gagner à plusieurs millions d’euros. C’est une difficulté sans fin pour ceux qui vivent de leur boutique et qui souvent s’identifiaient en partie dans les revendications des Gilets Jaunes. Ce qui a fait dire à certains qu’on se retrouvait avec un mouvement proche du poujadisme, ce parti qui obtint une cinquantaine de parlementaires au milieu des années 50. Il faut comparaison garder et adopter le recul des historiens pour livrer une analyse fiable. Un exemple dans la région vient appeler à la prudence. C’est à Manosque. Un restaurateur accueille dans un premier temps sur le rond-point dont il est voisin avec bienveillances les Gilets Jaunes. De leur servir même le petit café réconfortant des petits matins frileux. Sauf que l’atmosphère se réchauffe et que l’embrasement renvoie très vite le restaurateur à ses seuls fourneaux. Résultat il met les pouces quelques semaines plus tard annonce une chute catastrophique de son chiffre d’affaires et la probabilité de licenciements économiques. Morale de l’histoire : lorsqu’on dirige un « Courte paille » on doit se méfier d’avoir une courte vue.

 

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