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[Humeur] Soit dit en passant : entre les grands principes et les actes…

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Chaque dimanche, le journaliste Hervé Nedelec, nous livre son regard sur les événements de la semaine. Observation assidue et regard sans concession. Bonne lecture !

Mélenchon et Le Pen ne prêtent qu’aux… Marseillais

Georges Marchais aurait aimé l’image : un bulldozer boutant l’étranger (ère) hors des murs. Il y a 38 ans, à Vitry (94), le leader du Parti Communiste Français justifiait que ses militants aient utilisé cet outil contre 300 Maliens, car ils étaient venus occuper des locaux qui leur étaient pourtant en partie destinés. Pour faire bonne mesure, le secrétaire général du PCF écrivait au recteur de la mosquée de la ville, pour justifier la position de sa formation politique : « il faut stopper l’immigration officielle et clandestine ». Les temps ont changé et, aujourd’hui, ce sont une poignée de Varois qui ont sonné la charge avec une pelleteuse pour faire déguerpir Marine Le Pen. A quelques heures du rassemblement de ses troupes à Fréjus, la présidente du Rassemblement National est allée à Châteaudouble, près de Draguignan, avec force caméras complaisantes, dénoncer l’arrivée prochaine dans cette petite commune de 400 habitants, de 70 demandeurs d’asile. Mme Le Pen a du coup, sans la moindre information pour étayer ses dires, pointé du doigt ses opposants qui étaient selon elle des « militants marseillais ». Quelques jours auparavant, sur le Vieux Port, c’est Jean-Luc Mélenchon qui n’assumait pas avoir traité le président de la République de « xénophobe ». Devant Emmanuel Macron qui lui tendait la main, il argua d’une « exagération marseillaise », sans assumer la paternité de son propos. Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice PS), qui était là pour une négociation « secrète » avec le patron des Insoumis, en a rosi de confusion, et du coup a accepté avec un joli sourire la bise de l’hôte de l’Elysée. Bon, on aura compris que, dans les deux cas, Marseille a servi d’alibi. Les Marseillais qui sont finalement gens polis ne diront peut-être pas à ces deux estrangers ce que disait César-Raimu à un ami dans Marius : « quand on fera danser les couillons, tu ne seras pas à l’orchestre ».

FO, c’est pas rigolo


Est-ce le trop plein de petit jaune ou de potion magique ? On n’oserait l’affirmer mais Pascal Pavageau, le secrétaire général de Force Ouvrière, s’est fendu de quelques phrases enflammées devant ses militants Marseillais. Et de comparer ainsi sa centrale au petit village gaulois de la bande dessinée, où résisteraient contre les « Jupitériens » – comprenez les troupes romaines qui ont envahi la Gaule, entraînées par Emmanuelus Macronis – les braves guerriers de FO, tenants des acquis sociaux et du progrès qui va avec. Evidemment pour lui « Massalia » est, avec FO, à la proue de ce combat, aussi légitime que juste. Du côté de la mairie de Marseille, de la RTM ou des hôpitaux, les autres syndicats aimeraient bien croire à la sincérité de cette diatribe empruntant à la BD. Mais s’il fallait choisir un album d’Uderzo et Goscinny, pour raconter la résistance, à Marseille, de « Force Ouvrière », la CFDT, l’UNSA, Sud et la CGT se plongeraient sans doute dans « Le grand fossé ». Celui qui existe entre les grands principes et les actes.

Iam or not iam

Olivier Besancenot reprend du service à NPA, ou plus exactement il se saisit à nouveau du mégaphone, pour redonner de la voix à l’extrême gauche qui s’est faite un peu plumer par les Insoumis. Le facteur va donc succéder, au moins sur les écrans télé, à l’ouvrier de chez Ford Bordeaux, Philippe Poutou, dont le sourire sympathique et désarmant n’imprime pas, comme disent les communicants. Besancenot vit à Paris au cœur de boboland (le XVIII ème), mais il aurait quelques accointances avec notre région. Il se murmure que ce titulaire d’une licence d’histoire de Nanterre, aurait demandé, il y a quelques années, une validation des acquis de l’expérience, pour un master de la Faculté des Lettres d’Aix. Avérée en revanche son empathie pour le Rap, puisque le quadra a tweeté avec un copain, un morceau intitulé « Diviser pour mieux régner ». Akhenaton et ses « potos » peuvent dormir tranquilles, le successeur d’Alain Krivine n’est pas très doué pour la chansonnette, même syncopée façon reggae ou rapée à la 9-4. Il n’a pas osé, comme aurait pu le faire un Joey Starr, NTM (Nique ton macron) mais on sent qu’il a frôlé le pire. Quant à l’ensemble du message, cela tient plus de la rengaine que du tube à venir. Il ne lui reste plus qu’à aller danser le Mia à ce minot.

Bus à impériale et monoplace…


Martine Vassal n’a pas encore officiellement succédé à Jean-Claude Gaudin à la Métropole, mais elle a déjà chaussé les bottes de sept lieues de son mentor. Du Nord au sud et d’est en ouest, elle multiplie les gestes symboliques qui visent à installer l’image d’une rassembleuse, capable de prendre en compte les problématiques de la ville et du département. Elle a inauguré ainsi un bus à impériale qui permettra à 90 passagers de rallier Aix depuis Saint Charles, en 40 minutes. Cela tient plus que du symbole et son aficion relaie cette image positive sur les réseaux sociaux, ou dans les newsletters, avec un seul mot d’ordre : « tous derrière Martine ». Du coup Bruno Gilles a quitté brutalement son train de sénateur pour annoncer sa candidature à la mairie de Marseille. Il précise qu’il n’a pas de programme, mais qu’il allait, à la manière de Jacques Chirac, sillonner tous les quartiers, pour entendre le peuple de Marseille. Comme le disait avec élégance l’ancien président de la République, lorsqu’il allait saloper ses « Church » en Corrèze, « c’est à la fin de la foire qu’il faut compter les bouses ». A lire les réactions de Jean-Claude Gaudin, Renaud Muselier ou encore Yves Moraine, Gilles a encore de la route à faire pour réunir son camp. Quant à Vassal elle peut, comme Marie-Laetitia Marolino – Madame mère – évoquant le parcours de son fils Napoléon, observer du haut de son impériale en lâchant  : « pourvu que ça dure »..

Mais oui, mais non, mais peut-être…


Il y a quelques mois des riverains Marseillais du port autonome (PAM) venaient témoigner devant l’association, Marseille et moi, de leur inquiétude. En cause disaient ces habitants du Panier, la pollution récurrente qui pèse sur eux en raison du stationnement des paquebots de croisière. Ils ne stoppent que rarement – alimentation électrique oblige – leurs moteurs. Un cadre du PAM démentait cet été l’ampleur présumée du phénomène. Une enquête récente de notre confrère Les Echos est venue cependant opportunément rappeler les dangers sanitaires encourus. Où il est dit qu’un « bateau à quai produit des rejets dans l’atmosphère équivalents à 10.000 ou 30.000 véhicules, et, en propulsion 5 à 10 fois plus ». Où il est encore affirmé que « Marseille, qui vient de ravir à Venise le titre de 4e  port de croisière d’Europe, en paie aussi le prix : « on estime que 10 à 20 % des particules en suspension de la ville viennent du maritime », avance Dominique Robin, directeur d’Air Paca. Il y a quelques années les tenants du tout industrie chimique, dont quelques élus, réfutaient autour de l’Etang de Berre les menaces que faisaient peser les entreprises de ce secteur d’activité sur la population. Une enquête a démontré qu’elles n’étaient pas surestimées. Aujourd’hui on mesure aussi, chez bien des médecins marseillais ou aixois, les conséquences sur la santé de la pollution automobile de nos villes. Il est peut- être temps qu’on cesse de nous mener en bateau.

C’est pas gagné…

Incontestablement on a là le plus bel espace de chalandise de Marseille. Mur végétalisé, terrasses accueillantes, produits et enseignes de qualité, propreté absolue, parkings accessibles, proximité du Parc Chanot et de ses grilles versaillaises, riverain du mythique vélodrome, le Centre Prado peut multiplier les superlatifs et le boulevard Michelet se réjouir d’accueillir un tel fleuron. Pourtant l’espace cherche encore son public. Ses promoteurs ont dû spéculer sans doute sur la rénovation spectaculaire du quartier, comme sur le confort de ses aménagements urbains. Par ailleurs, ne leur a pas échappé le chiffre d’affaires du Monoprix proche, qui est un des plus rentables d’Europe. Comme ils savent que demain l’entreprise Renault implantera à quelques dizaines de mètres de là, la plus belle vitrine de France. Et puis la dynamique immobilière est patente, dans ce périmètre marseillais avec des hôtels, des cliniques et autres immeubles de service. Pourtant il manque encore un ingrédient pour que la mayonnaise prenne. Pas facile de s’inventer une âme.

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