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[Humeur] Soit dit en passant : l’amitié qu’on vous dit !

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Chaque fin de semaine, le journaliste Hervé Nedelec nous livre son humeur puisée dans les petits et grands faits de l’actualité locale. Bonne lecture et bon dimanche !

Pour ceux qui verraient le mal partout Brigitte Macron a expliqué sur RTL – sa première grande émission radio en direct depuis l’élection de son époux – qu’il ne fallait pas surinterprété ses visites à Marseille (photo à l’Ecole de la 2e chance) et à Lyon. La voir ainsi sortir, sous l’œil des caméras, de la Villa, l’un des restaurants favoris du maire, en compagnie de Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal et Yves Moraine n’est que la preuve de la courtoisie qui préside aux relations entre le couple Macron et le premier magistrat marseillais. Si on se laissait aller dans cette communication on parlerait même « d’amitié ». Il ne saurait être question également de vouloir sous-titrer politiquement les nombreuses images, où l’on voit, dans les quartiers réputés difficiles, la même première dame avec une garde très rapprochée : celle du doyen de la faculté de Droit d’Aix-Marseille, le professeur Jean-Philippe Agresti. Tout cela fait partie du quotidien de celle qui réside à l’Elysée et n’entre pas dans la tambouille des municipales. Et tant pis si des voix discordantes prétendent que les militants marseillais de LREM ont peu goûté cet épisode où ils ont dû se contenter de la part du pauvre. Un proverbe persan affirme qu’un « mensonge qui fait l’affaire est mieux qu’une vérité qui l’embrouille ». On se contentera donc de commenter ainsi. Mme Macron de passage à Marseille où elle s’est intéressée de près aux questions de l’intégration par l’école, a eu le bonheur de croiser un candidat potentiel de la République en Marche (Agresti) et une candidate vraisemblable des Républicains (Vassal). Ils ont parlé de l’OM qu’adore son époux et de la Corniche où il a eu le bonheur de faire son footing. Tout le reste n’est que viles supputations…

Maryse acte IV

La cour d’appel de Montpellier fait peser sur elle une lourde peine d’inéligibilité et six mois de prison avec sursis. On lui reproche d’avoir promu, de manière abusive à un haut rang de l’administration municipale, son chauffeur, qui confiait volontiers « avoir redoublé la maternelle ». D’avoir offert par ailleurs à une défenseuse de la cause animale, un poste taillé sur mesure, dont l’utilité n’est pas clairement apparue aux enquêteurs. Mais le seul appel que veut entendre Maryse Joissains, c’est celui des Aixois qui ont besoin d’elle. Elle rappelle qu’elle est pour l’heure, la seule dans sa famille politique à avoir les épaules pour assumer la gestion de la ville d’Aix. Au passage, elle enterre définitivement les ambitions de sa fille Sophie ; sénatrice certes, mais selon sa maman, pas encore taillée pour faire front. Les Joissains fonctionnent ainsi. Il y a eu Alain l’époux de Maryse. C’était à la fin des années 70 et au début des années 80 puis avec le nouveau siècle Maryse. Elle entamerait si les juges ne lui barrent pas définitivement la route, son quatrième mandat. Elle a 76 ans et a priori un appétit toujours aussi grand. Les électeurs aixois qui ont massivement voté pour LREM aux Européennes, suivront-ils une, fois encore, celle qui adore Wagner et rêve de prolonger sa chevauchée fantastique. Difficile de s’avancer. Politiquement, Aix ressemble au cours Mirabeau. Sur la rive droite lorsque vous vous dirigez vers la statue du Roi René, il y a les banques, les notaires, les avocats, les hôtels particuliers, le silence. Un monde qui parle peu ou alors à voix basse. Sur la rive gauche, il y a les cafés, les commerces, quelques venelles friponnes et une foule qui parle à voix haute. C’est le mélange des deux qui fait dans cette ville bonbonnière le mystère des urnes.

On refait le match…

Pour des raisons techniques avait été retirée la bâche qui avait remplacé le mur végétal, situé peu avant la Criée lorsqu’on se dirige vers la Canebière. Le slogan retenu était alors « ici c’est la Région Sud ». C’était une manière d’écrire haut et clairement la revendication du président de la Région, Renaud Muselier qui n’a jamais pu voir en peinture l’acronyme Paca. Mais la nouvelle livraison révèle un petit changement. Désormais on peut lire « ici c’est le Sud ». Sans faire notre mauvaise tête, on pourrait dire que ça sent le pléonasme ; tant rares doivent être ceux qui l’ignorent. En même temps ça fleure bon la formulation des stades, notamment pour le rugby où de La Rochelle à Toulon en passant par Clermont ou Lyon on aime bien rappeler aux visiteurs où ils sont : « ici, ici, c’est Toulon ! ». Enfin on peut s’interroger sur la difficulté que doit rencontrer Muselier pour faire passer le nouveau nom, qu’il souhaite pour sa région et enterrer définitivement la Paca.

Le jamais fini marseillais

La Provence a livré cette semaine un lourd dossier sur l’état de nos rues et trottoirs. Mais est-ce une malédiction, de l’incompétence ou une culture locale. Votre pas de porte arbore un magnifique goudron rouge. On l’éventre pour la mise en place d’un nouveau réseau câblé ? Pas de problème un goudron noir servira de rustine. Une armoire, protégeant sur votre trottoir les connexions du téléphone, voit sa porte fléchir ? Pas de problème on l’emmaillotera pour longtemps façon momie, avec du ruban adhésif. Une grande surface apparait à la Valentine pour attirer le chaland, mais elle se situe de l’autre côté d’une quatre-voies ? Pas de problème on repeindra le passage clouté et on vous invitera à prendre tous les risques, pour découvrir cette nouvelle offre commerciale. Partout au quotidien, derrière la formule éminemment marseillaise, « pas de problème », le même constat : des travaux réalisés sans grande réflexion et avec un suivi défaillant. Pendant la crise des gilets jaunes, des cahiers de doléances ont été ouverts pour sensibiliser le pouvoir central sur un certain nombre de situations. Si dans les quartiers on faisait la même chose pour les Marseillais, il faudrait dévaliser une papeterie pour mettre suffisamment de cahiers à la disposition des plaignants. La seule question que l’on se pose devant tant d’incurie c’est : « y-a-t-il un pilote dans l’avion ? ». Pas de problème !

Retourne au néant

Il n’a pas prononcé la phrase et pourtant elle est dans sa culture : « vade retro satanas ». Jean-Claude Gaudin dans un moment d’égarement avait laissé planer le doute en répondant à la demande d’un élu Rassemblement National, Bernard Marandat. Y-aurait-il une rue pour porter le nom de Gabriel Domenech ? Cet ancien éditorialiste du journal préféré du maire, Le Méridional, était connu en son temps pour ses positions d’extrême droite. Il s’était notamment distingué après le meurtre d’un chauffeur de bus égorgé par un inconnu en désignant, alors que l’enquête commençait à peine, les Maghrébins comme des potentiels coupables. On releva dans les semaines qui suivirent cet affreux fait divers en 1973, plus d’une dizaine d’assassinats non élucidés et visant principalement des nord-africains. Ces horreurs n’eurent droit qu’à quelques lignes dans les journaux particulièrement dans celui où sévissait Domenech. En toute logique au mitan des années 80, le journaliste fut élu comme député du Front National et fut vice-président du conseil régional sous la présidence de Gaudin. Le Méridional aurait sans doute préféré alors être couronné par un prix Albert Londres mais, à Marseille porte du sud, la tradition sabianiste (adjoint au maire fasciste des années 30-40) a longtemps fait souche. Gaudin n’a pas eu le cœur à rire en annonçant qu’il n’y aurait pas sous son dernier mandat de rue Domenech. Sinon il aurait pu s’inspirer de Clémenceau évoquant la mort subite du président Félix Faure mort dans des circonstances que la morale interdit d’évoquer ici. « Félix Faure est retourné au néant, il a dû se sentir chez lui. »

Les affaires continuent

On continuera à s’injecter des ersatz d’héroïne dans les rues de Marseille. La « brune » a encore de belles nuits devant elle. Le maire devant l’émoi suscité chez une partie des élus (Valérie Boyer, Martine Vassal, Bruno Gilles tous LR et Stéphane Ravier, sénateur RN) préfère donner du temps au temps. Il n’y aura pas de salle de shoot à proximité ou à l’intérieur de l’hôpital de la Conception. Jean-Claude Gaudin a opté pour une « large concertation » avant quelque décision que ce soit. A le pousser un peu il aurait même pu revendiquer comme les Gilets Jaunes un référendum d’initiative populaire. C’est que l’affaire est grave. C’est une chose de vouloir éviter que des toxicomanes s’empoisonnent avec des seringues usagées et sous surveillance sanitaire tentent de sortir de leur enfer. C’en est une autre de vouloir imposer à des riverains la présence dans leur quartier de ces naufragés. On fera donc comme on a toujours fait dans cette bonne ville. On évitera le soir les rues sombres de La Plaine, de la Gare ou du haut de la Canebière. On ne regardera pas aux urgences les fantômes qui se mêlent aux files de patients. On détournera les yeux des comptes-rendus policiers qui nourrissent chaque jour une comptabilité morbide. Et on se tournera vers Notre Dame de la Garde en implorant le pardon d’avoir abandonné quelques malheureux aux paradis artificiels.

 

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