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[Humeur] Soit dit en passant : sur le fil du funambule…

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Chaque dimanche, retrouvez sous la plume alerte du journaliste Hervé Nedelec, la chronique des petits et grands événements qui ont fait l’actualité locale au cours de la semaine écoulée.

Trahi par les siens

Les économistes qui nous dirigent, ou ceux qui se contentent de commenter, se retrouvent régulièrement sur une même ligne. Ils expliquent qu’en raison de l’endettement abyssal de la France l’addition sera lourde pour les futures générations. On sera arrivé, en 2019, au point où la dette aura dépassé le produit intérieur brut. Certains réclament le rétablissement de l’impôt sur la fortune, que les ronds-points désignent comme la première des priorités. Il y va plus d’un symbole que d’un réel rendement fiscal, comme l’ont démontré depuis belle lurette les fiscalistes et la cour des comptes elle-même. Cette dernière, comme tous ceux qui ont à étudier régulièrement les comptes et mécomptes de la nation, affichent du coup une certitude : l’Etat doit réduire ses dépenses. Il va sans dire que les collectivités territoriales ne sont pas exclues de cette analyse. Marseille et plus largement la Métropole, sont un exemple de ce que l’on ne peut plus se permettre de voir perdurer. Il faudra une grosse dose de testostérone pour s’attaquer à ces citadelles. Déjà en début d’année le patron Force Ouvrière des territoriaux, Patrick Rué, s’amusait de voir quelques candidats à la succession de Jean-Claude Gaudin l’approcher pour, confiait-il « prendre la température ».

Depuis quelques jours ces candidats putatifs ont une réponse : elle est bouillante. Il est fini le temps des mamours entre Gaudin et Force Ouvrière. Jetée à la poubelle la carte de « membre d’honneur » qu’exhibait l’élu à chaque congrès de « son » syndicat. Balayé le temps des petits arrangements, pour assurer des recrutements entre amis et des promotions entre gens qui se comprennent. Les enquêteurs venus vérifier les horaires exceptionnels des employés de mairie, les qualifications requises pour occuper certains postes ou encore les primes allouées à la « va comme j’te pousse », sont passés par là. Du coup ça coince. Notamment dans les cantines et dans les jardins publics et l’avenir de cette grogne s’annonce prospère. Il faudra plus qu’une contorsion pour s’échapper du fil de funambule, sur lequel les élus dansent, depuis trop longtemps.

Pour en finir avec les cloches

Avez-vous remarqué combien il est désagréable le dimanche sur le Vieux Port d’être dérangé par la volée assourdissante des cloches de Saint-Victor, de Saint Laurent ou encore des Accoules. Et on ne vous parle pas du bourdon de Notre-Dame, qui vient vous glacer le sang l’après-midi sous prétexte de vêpres. Comment faire ? Mais c’est bien sûr, il faut vite instaurer un Ric. Ce Référendum d’initiative citoyenne qui redonnera, à en croire ses partisans, de la voix au peuple. On vous dit que ça marche, même si en Suisse le pays le plus cité pour cette merveille démocratique, certains habitants regrettent, par exemple, d’avoir été consultés sur les cornes des vaches qu’il convenait ou pas de raboter. François Ruffin qui est élu du Nord est sans aucun doute le plus chaud des supporters, pour imposer cet outil civique. Surtout parce qu’il permet de révoquer les élus, donc le président de la République lui-même. Il y a 15 ans le député de la France Insoumise avait sorti un pamphlet (Les petits soldats de l’information Editions des Arènes) contre l’école qui l’avait formé, le Centre de Formation des Journalistes. Au palais du Pharo, où il donnait une conférence il avait été interpellé par un journaliste expérimenté qui s’était étonné de ses certitudes, lui qui n’avait qu’une très maigre expérience du métier. Mais le doute ne semble pas caractériser la démarche de Ruffin. Il joue volontiers la mouche du coche de Mélenchon and FI.

Pour défendre le Ric, il a cité un professeur d’éco-gestion marseillais, Etienne Chouard. Ce dernier, depuis 2005 et le référendum biaisé sur l’Europe, réclame cette forme ultra participative de démocratie. Les camarades de Ruffin ont fait la grimace en entendant citer le nom de ce prof, connu entre autres, pour sa proximité avec le sulfureux Alain Soral, plusieurs fois condamné pour haine raciale ou violence. Chouard tient sa légitimité des réseaux sociaux, sur lesquels il est très suivi. Il est donc venu tout naturellement enrichir la « pensée » des gilets jaunes à la demande notamment de Maxime Nicolle. Cet intérimaire de Dinan, tient partie de sa notoriété du complaisant Cyril Hanouna , qui lui a tendu le micro dans son émission culturelle, « Touche pas à mon poste ». Ses interventions complotistes et ses tatouages à la main, façon détenu d’Alcatraz, ont fait le reste. En 2005 Chouard avait lancé quant à lui l’idée d’un « plan C », comme constitution. Web aidant, le virus a fait son chemin. Et c’est ainsi que la France Insoumise a fini par Chouard.

La tronche des rotos

Il est comme ça « Nanard », indispensable. Surtout lorsqu’on ne lui demande rien. Sur France Inter cette semaine, Bernard Tapie a annoncé devant des intervieweurs perplexes qu’il allait prêter sa salle des rotatives aux gilets jaunes, pour la grande consultation qui doit débuter en janvier. Le patron de La Provence a précisé bien sûr que les journalistes du titre ne s’en mêleraient pas. Ces derniers, qui se remettent à peine de l’épisode d’une menace de licenciement d’un de leurs délégués syndicaux (il avait enregistré sans prévenir un conseil d’administration), doivent naviguer entre état d’âme et perplexité absolue. Voir, rassemblés au pied de leur rédaction (les rotatives sont en sous-sol), une partie de ceux qui menacent, vilipendent, accusent les médias de tous les maux, a quelque chose de cocasse. Accueillir, dans ce qui fut naguère un journal de gauche, deux pourfendeurs des médias que sont Chouard (« Inventeur » du Ric) ou Chalençon (Le « forgeron » du Vaucluse), ne manquerait, en effet, pas de sel. Gaston Defferre qui est à l’origine du Provençal, ancêtre de La Provence, avait appelé, dans les années 50, des syndicalistes « jaunes » pour casser les velléités des ouvriers du livre. Tapie appelle aujourd’hui les gilets jaunes. Bon, il a quand même expliqué qu’après leur assemblée, il faudra faire le ménage. On aura compris qu’il ne parlait là que d’hygiène.

Chassez le naturel

Pendant que Jean-Claude Gaudin réclame, sans sourciller, à l’Etat, une déclaration de catastrophe naturelle pour le quartier de Noailles, Bruno Gilles, sénateur LR des Bouches-du-Rhône, tente de se réinstaller dans la course à la mairie. Il fut longtemps en tête, trahissant quelque peu son vieil ami Renaud Muselier et arguant du soutien de Jean-Claude Gaudin qui l’avait (presque) adoubé. Las, des ennuis de santé et les misérables tergiversations du maire, le remirent à la case départ du Monopoly marseillais. Les événements de la rue d’Aubagne l’ont contraint, comme tant d’autres, a joué la discrétion tout en s’indignant, mezzo voce, contre ceux qui ont laissé la gangrène de l’habitat indigne s’installer. Il fut, 22 ans durant, un maire de secteur hyper actif. Rares sont les habitants des 4e et 5e arrondissements qui n’ont pas, au moins une fois dans leur vie, reçu la visite de ses collaborateurs chargés de repérer les petits bobos de la vie urbaine, à défaut de s’attaquer aux grandes causes sociales et économiques. Il interpelle désormais l’Etat, le gouvernement, le Président, pour qu’ils prennent toute leur part dans l’aide aux sinistrés marseillais. Et qu’en 2020, on ne vienne pas lui dire qu’il n’a rien fait.

Le dernier acte

A Paris, depuis plusieurs semaines, on est passé de Black Friday à black Saturday. Des samedis noirs pour le commerce qui, sous l’effet conjugué des hordes jaunes et noires, a perdu jusqu’à 70% de son chiffre d’affaires traditionnel. A Marseille, dans certaines rues, c’est tous les jours qu’on broie du noir. Particulièrement rue de la République qui, sinistrée depuis longtemps en aval, voit désormais son amont touché, à la limite du Vieux-Port. Une enseigne emblématique, H§M, a sur les deux rives de l’artère, baissé ses rideaux. On avance des loyers prohibitifs mais qui, désormais, iraient à la baisse. Un peu tard. Une fois encore, comme souvent dans cette ville, certains ont pensé l’avenir, sans regarder le présent. On peut être deuxième ville de France et première par l’ampleur de sa pauvreté. A Paris 40% du chiffre d’affaires des grands magasins sont générés par une clientèle étrangère. Marseille a-t-elle jamais eu un tel matelas ? La réponse est évidente, et les difficultés que connaissent les belles zones de chalandises intra-muros, sont là pour démontrer qu’on ne devient, pas du jour au lendemain, un pôle attractif. Longtemps, on a glorifié cette cité aux 110 villages, qui avait préservé un vivre ensemble exceptionnel et où l’accent chantait dans les rues à l’heure du petit jaune, partagé dans la bonne humeur. Un feuilleton « Plus belle la vie » s’est même installé sur nos petits écrans, pour en attester, jour après jour. On ne peut faire l’économie de cette image d’Epinal, même si elle ne fait pas l’économie.

Six égale trois

Trois autoroutes convergent sur Marseille, l’A50, l’A55 ou l’A7. Une singularité locale, puisqu’elles aboutissent les trois, quasiment au centre-ville. C’est-à-dire un goulot d’étranglement, piège absolu pour les automobilistes. Les transports en commun, peu à peu, échappent à cette malédiction avec des couloirs qui leur sont dédiés notamment d’Aix à Marseille où les utilisateurs sont les étudiants, puisque le train est encore sur cette ligne, en retard d’un bon siècle. On peut s’interroger pour les autoroutes sur la réflexion qui a précédé leur organisation. Le léger mieux constaté, avec l’ouverture de la L2 entre Aubagne et Marseille, n’a pas suffi pour l’heure à éradiquer les bouchons provoqués par le péage du Tunnel Prado Carénage d’une part, et le rond-point qui précède le parc du 26e centenaire d’autre part. On devra nous expliquer un jour pourquoi les responsables de la circulation font aboutir sur ce nœud urbain, des petites rues qui ajoutent au trafic et à la dangerosité. Il faudrait sans doute que les chauffeurs des élus concernés leur expliquent cette absurdité à la Raymond Devos. Dans un sketch, qui fit beaucoup rire, il expliquait comment des automobilistes tournaient à l’infini sur un giratoire. C’était pour rire, mais à Marseille c’est à pleurer.

 

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