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[Humeur] Soit dit en passant : la balle au centre-ville

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Les années se suivent et se ressemblent. Marseille, sa lumière et ses ombres avec un épicentre : la Canebière. Soit dit en passant, c’est l’humeur du dimanche avec notre promeneur inlassable, le journaliste Hervé Nedelec.

L’affliction ou mais après

Le maire de Marseille est affligé par la tragédie qui a endeuillé sa ville au dernier trimestre 2018. La mort de ces huit habitants du quartier Noailles l’a marquée. On ne serait à moins. Jean-Claude Gaudin assure, dans un communiqué, qu’il a pris la mesure du désarroi et de l’anxiété des sinistrés et il en appelle au renouveau pour poursuivre ce qu’il a entrepris. Certains des élus qui l’entourent se sont cru du coup autorisés à désigner du doigt ceux qui – les extrêmes forcément – ont tenté de prospérer sur le malheur. La majorité ferait pourtant une grave erreur à sous-estimer la profondeur de la plaie ouverte dans son tissu social. Ce ne sont pas les partis qui ont pris la main, malgré les tentatives de récupération de la France Insoumise ou de quelques groupuscules, mais des associations. Elles fédèrent la colère qui est grande et demandent la justice qui est urgente. Le temps n’est plus, comme le faisait en son temps, à propos de sa profession un célèbre chauffeur de taxi, à désigner des « brebis galeuses », l’heure est à s’emparer de questions qui ont été écartées depuis des décennies. Oui il y a des quartiers oubliés, oui il y a un peuple marseillais sacrifié, oui il y a un système qui s’est installé dans le déni le plus coupable qui soit. D’aucuns affirmeront qu’il en a toujours été ainsi et qu’il est urgent de faire le gros dos. Avant eux d’autres ont agi de même. Ils ont déserté le centre pour des artères plus huppées, ils ont donné la priorité à leurs écoles pour leurs enfants, ils ont investi dans les projets qui les enrichissaient et appauvrissaient la ville. Aujourd’hui depuis leurs résidences barricadées ils entendent d’étranges clameurs. Et elles ne les rassurent pas tant elles sont proches.

Tics et toc

France Inter a récemment consacré (Grand bien vous fasse) une plaisante émission sur les tics de langage. On en aura reconnu ici quelques-uns comme le fameux « on va pas s’mentir », l’increvable « honnêtement », l’agaçant «je le crois pas ». Il en est d’autres qui ne peuvent se concevoir qu’avec l’accent et nos terrasses sont autant de théâtres où on peut quotidiennement les entendre. Ce garçon de café qui après avoir pris votre commande vous lâche un « ça va » affirmatif. Attention, il n’a pas le souci de votre santé mais il vous signifie simplement que ce que vous avez demandé sera satisfait. Vous entendrez aussi un impérieux « pas de problème ». Ce qui ne veut pas dire qu’il y aurait pu en avoir mais tout simplement que votre souhait correspond à ce qu’attendait celui qui va le réaliser. Autre singularité qui peut vous percuter le définitif « pas possible ». Il s’agit vous diront les savants d’une litote qui consiste à dire moins pour faire comprendre plus. Subtil non. Ajoutez à ce florilège quelques « négué » « emboucané » ou « engatsé » et vous voilà au pays de la langue vivante.

La balle au centre

Heure de gloire dans La Provence pour Sabine Bernasconi maire des 1er et 7ème arrondissement de Marseille. Deux pages pour dire ce qu’elle a sur le cœur qui bat forcément pour Marseille. Au passage la sémillante élue passe à la trappe deux projets qui avaient fait rêver un peu vite quelques Marseillais. Le fameux téléphérique, imaginé par Renaud Muselier pour rallier depuis le Vieux Port Notre Dame de la Garde, est ainsi écarté, pour une question de pilier qui viendrait défigurer le jardin de la colline Puget. La ligne de tramway qui aurait pu faire le lien entre la Canebière et les Catalans attendra aussi puisque selon l’élue il faudrait abattre trop d’arbres pour satisfaire l’emprise du projet. Ce secteur restera donc ce qu’il est : un parfait symbole de la ville de Marseille. Avec un arrondissement privilégié et un autre paupérisé. La mixité sociale, prônée par de nombreux urbanistes pour mettre fin à un apartheid de fait, restera dans les classeurs des thésards. Mais Mme Bernasconi veut tout de même nous faire rêver et elle affirme que La Canebière peut devenir le Broadway marseillais. La ville après tout a le droit de faire des plans sur la comète new yorkaise après avoir été si longtemps qualifiée de Chicago français. Il faudra pourtant plus qu’un hôtel et un complexe cinématographique pour s’approcher de cette utopie-là. Des choses simples par exemple comme des parkings présentables, abordables, sécurisés, des transports en commun moins onéreux, des établissements universitaires ouverts tard, une artère sûre et propre, des lieux de restaurations fréquentables… la réussite des dimanches piétonniers est un encouragement mais aussi un trompe-l’œil. La maire de secteur est prête, dit-elle, à faire alliance pour les prochaines élections municipales, avec toutes les bonnes volontés, à l’exception des extrêmes. La plus belle avenue du monde (selon les Marseillais) ne peut pas être pavée que de bonnes intentions. Elle a besoin de déboucher sur un projet de ville sous peine de se noyer dans les eaux troubles du Vieux-Port.

Du rêve svp

L’OM de Bernard Tapie a su faire rêver tout éveillée Marseille et il y a de fortes chances qu’une statue célèbre cet entreprenant président au pied du vélodrome, lorsque le temps sera venu. Du coup l’actualité de l’OM parait bien fade et quelques spéculations – Zidane selon un voyant, Laurent Blanc selon quelques spécialistes – n’arrivent pas à attiser la flamme que les supporters avec une belle constance continuent à ranimer saison après saison. Le club à défaut de trophées peut s’enorgueillir en 2018 d’un joli record. Plus de 52 000 spectateurs en moyenne pour une équipe en demi-teinte et des entraîneurs peu entraînants. C’est dire qu’il suffirait d’une étincelle pour retrouver les incendies des années 90. Pour ce faire il n’y a pas mille recettes dans le football planétaire. Il faut des stars et des maestros. Aujourd’hui l’OM n’a ni les unes ni les autres. Et c’est Toulon qui tient le haut de l’affiche sur le boulevard Michelet avec l’annonce d’une future confrontation entre les rouges et noirs de la rade contre ceux de la ville rose. Il faudra plus qu’un pilou-pilou aux Toulonnais pour pilonner les Toulousains qui viennent de leur donner en bord de Garonne une jolie fessée (39 à 0), mais le match retour le 6 avril prochain promet beaucoup. Ce sont des confrontations de ce niveau qu’attendent aussi ceux qui aiment l’OM. Pour le moment seul « Jump » le tube de Van Halen qui accompagne au Vel’ l’entrée des joueurs est à la hauteur.

Le péril Russe pour Arles

Il va falloir que l’ancien député du Vaucluse, Thierry Mariani, vienne au secours de ses voisins arlésiens. Le plus russophile de nos (ex) élus doit rapidement faire cesser l’attaque ignominieuse dont est victime post mortem, Jeanne Calment. L’ex-doyenne de l’humanité (122 ans), ne serait pas, d’après les suppôts de Poutine, celle qu’on croyait. Lorsque l’on songe au nombre de nos amis journalistes qui sont allés tendre pendant tant d’années leurs micros pour recueillir les sains propos de la plus que centenaire. Elle leur disait qu’un petit cigarillo et un verre de porto faisait son bonheur quotidien. On avait même cru comprendre qu’elle avait croisé en son temps Vincent Van Gogh et qu’il lui « faisait peur ». On savait qu’elle avait eu raison d’un notaire qui avait souscrit avec elle au viager le plus piégeux du siècle dernier. Bref que du bonheur pour les gazettes ou les radios et télévisions. Et voilà nos chercheurs russes qui viennent se mêler d’entailler la réputation de notre patrimoine humain. Que des jaloux. Allez ouste en Sibérie. Et pas question d’exhumer la fille et la mère Calment pour vérifier s’il n’y aurait pas eu substitution pour une obscure question d’impôts. Il s’était trouvé déjà quelques grincheux pour émettre des doutes sur le buste de César, repêché au fond du Rhône. Si maintenant on s’en prend à notre record de longévité où va-t-on ? Vous allez voir qu’il va s’en trouver pour dire que l’Arlésienne ça n’existe pas.

Par ici la monnaie

Venise, à l’instar d’autres villes en Italie, a franchi le pas. Il faudra bourse déliée pour visiter désormais la cité des Doges. Son maire explique que l’accueil massif de touristes a un coût et qu’il faut assurer hygiène et confort à tous ceux qui foulent ses rues étroites ou naviguent sur ses canaux. Marseille n’en est pas là et ce sont les Marseillais qui paient pour que ses visiteurs fassent un petit tour dans quelques-uns de ses quartiers avant de repartir. Certains habitants y laissent même la santé puisque les paquebots et autres ferries apportent leurs tonnes de pollution atmosphérique sans s’acquitter de la moindre taxe de séjour. A regarder certaines rues du centre le 1er janvier on se dit que ce n’est que justice. Entre l’indiscipline des résidents et l’absence de service de nettoyage, la ville avait l’allure d’un vaste dépotoir. Nombre d’établissements ayant baissé leur rideau, les touristes ont pu faire du slalom entre les sacs poubelles éventrés et faire des selfies pour immortaliser et diffuser ces belles images. 2019 bouleversera-t-elle cette triste donne ? Si c’est non on pourra toujours aller voir les gondoles à Venise.

 

 

 

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