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[Humeur] Soit dit en passant : rassembler, pour quoi et pour qui ?

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Chaque semaine, le journaliste Hervé Nedelec remonte la pente de l’actualité locale. Et rien ne lui échappe. Bonne lecture !

Champions d’Europe qu’on vous dit

Pendant que des noms d’oiseaux fusaient, dans un Vélodrome dépité par une énième fessée infligée à l’OM par son rival lyonnais, ce sont des chants d’oiseaux qui hissaient les Marseillais, Christophe Manivet et Jean-Paul Defilippi, sur le toit de l’Europe. Avec l’équipe de France d’imitation de chants d’oiseaux, ils ont triomphé au Portugal, démentant du coup la rumeur qui prête des oreilles ensablées à nos amis lusitaniens. Les supporters marseillais peuvent encore se réjouir, puisque l’édition 2020 de ces championnats d’Europe aura lieu à Marseille, au mois de juin. D’ici là, ils pourront sans doute apprendre à nos merles moqueurs du boulevard Michelet quelques chants originaux, et peut-être même en finir, on peut rêver, avec l’homophobie ambiante. Car ceux qu’on a entendus, après la déculottée olympienne, n’avaient rien de très chouettes. Tant pis pour ce malheureux Franck Mc Court qui se demande, depuis trois ans, pourquoi il a eu l’audace d’acquérir ce club dont on lui avait dit tant de bien. Se faire talonner par les aiglons de Nice n’est pas glorieux lorsqu’on annonce, « project » à l’appui, que l’on va fondre comme un aigle sur la coupe aux grandes oreilles. L’OM a laissé beaucoup de plumes dans cette saison catastrophique, car ses stars vieillissantes n’ont même plus les ailes du désir pour clouer le bec aux concurrents. Et les supporters ne supportent pas qu’on les prenne pour des pigeons.

On rase, les trottoirs, gratis

C’était un de ces moments de grâce où on se laisse aller à la rêverie. Martine Vassal se sentait bien, ce mardi printanier, sur la navette maritime qui s’engageait hors du Vieux-Port, affrontant une brise marine tiède, autant que prometteuse d’une traversée sans encombre. La présidente du conseil départemental a donc dérivé vers un avenir radieux où les transports publics seraient, sous son autorité, gratuits. Après tout, la mairie communiste d’Aubagne, avait montré l’exemple en son temps malgré l’opposition farouche alors des Républicains, la famille politique de Mme Vassal. Depuis, arrivés au pouvoir au pied du Garlaban les mêmes républicains ont maintenu ce service gratuit et forcément populaire. On n’en est pas encore là à Marseille et la gratuité totale pour tout ce qui roule ou navigue doit être financièrement étudiée. Les services de Mme Vassal ont dû ramer pour éviter que la presse ne s’empresse de commenter et diffuser ce s’apparente encore plus à un vœu pieu qu’à une réalité. Elle a même démenti croire en la gratuité tout en mettant en œuvre une étude sur les tarifs. Les automobilistes bloqués par l’accident d’un camion, plusieurs heures durant ce même mardi, étaient pourtant prêts à souscrire massivement à la perspective vassalienne.

Rassembler pour quoi ou pour qui

« S’unir ou subir » : la rime est presque riche. De promesses espèrent ceux qui ont lancé l’appel, même s’il convient de ne pas s’emballer. « Mad Mars », « Marseille et moi » « Marseille en commun » et « Réinventer la gauche », pour ne citer qu’eux, ont pris finalement au mot une des formules préférées de Jean-Claude Gaudin : « d’abord rassembler son camp ». Sauf qu’ici il ne s’agit pas d’une famille politique à sauver ? Mais d’une ville dont une partie est en situation de mort clinique. Certains à gauche – Coppola (PCF) ou Payan (PS) approuvent l’initiative, quand d’autres attendent leur heure pour récupérer cette belle énergie. Comme Samia Ghali qui, à propos d’un autre collectif, celui qui rassemble cinquante associations contre l’habitat indigne et qui a lancé une pétition à l’adresse de la municipalité. Elle a rappelé « sa » vérité : « j’ai signé mais avec mon expérience, je sais qu’une pétition c’est gentil, mais malheureusement cela ne suffit pas. Les collectifs ne doivent pas rester entre eux mais venir vers nous pour qu’on travaille ensemble. La question doit être traitée au plan politique ». Et tant pis si un Aldo Bianchi (Marseille et moi) rappelle que « les partis politiques sont sclérosés », la vie continue de manière classique pour les caciques.

Deux Marseillais et le fer à cheval

On appelle cela le « syndrome du fer à cheval ». En clair les extrêmes finissent à un moment ou à un autre par se rapprocher, voire se confondre. Deux Marseillais, l’un émigré, l’autre immigré, illustrent parfaitement le phénomène. Gilbert Collard désormais député du Gard qui est passé de l’extrême gauche à l’extrême droite. Le Canard Enchaîné rapporte à son propos cette semaine une nuance d’importance : il aurait selon Sébastien Chenu porte-parole du RN menacé de rejoindre Dupont-Aignan si Marine Le Pen ne le plaçait pas en position éligible (15ème) sur la liste des Européennes. On a frôlé le pire et la science politique en aurait été bouleversée. Autre « Marseillais », Jean-Luc Mélenchon qui, selon un sondage Odoxa diffusé par France-Info Le Figaro, voit une partie de ses supporters – deux sur cinq – estimer que le RN est un parti comme les autres. Le leader des insoumis n’a pas fini de recueillir la rançon de sa petite gloire, lorsqu’il a refusé lors de la présidentielle de 2017 d’appeler clairement à voter Macron au second tour. En Italie cette tectonique politique est désormais une réalité et le pouvoir se partage entre des pôles a priori radicalement opposés. Dans l’Histoire en général c’est le pire qui finit par l’emporter. Les Marseillais ne devraient pas s’étonner de ces périlleuses acrobaties. Il y a eu un précédent célèbre dans la cité phocéenne. Il s’appelait Simon Sabiani qui était passé du parti communiste au parti populaire français de Jacques Doriot (qui avait fait le même chemin) avant de se compromettre dans une collaboration active et d’être condamné à mort par contumace à la Libération. L’Histoire est tragi-comique.

La bonne mère sans mémoire

Jean Guyon et Regis Bertrand, tous deux spécialistes de l’histoire du catholicisme et membres du conseil scientifique de Notre Dame de La Garde, s’insurgent contre la fermeture programmée du musée consacré à l’édifice le plus connu de Marseille. La faute à une fréquentation peau de chagrin alors que la basilique, elle, reçoit 2 millions de visiteurs par an. Les deux en appellent du coup aux territoires pour que cette mémoire muséale reste vivante. Cette infortune prend racine dans une réalité têtue. La religion et le catholicisme ne font plus recette oserait-on écrire, si ce terme n’était pas, en l’occurrence, aussi incongru. Sans doute parce que la chrétienté a pour porte-paroles aujourd’hui en France les pires intégristes, qu’elle n’a pas su balayer aussi avec la force qu’on attendait les scandales qui ont souillé son message. Et si l’on est réaliste, surtout parce que l’on grimpe jusqu’à la Bonne Mère pour mille raisons différentes : le paysage marin, la ville blanche, les vents contraires, la lumière insolente, l’espérance folle, la reconnaissance infinie. Ce n’est ni le passé, ni un message religieux que beaucoup vont chercher là-haut, mais l’infini bonheur de tutoyer le ciel et peut-être, pour certains, d’entendre une parole confuse dans le brouhaha de la foule.

L’avenir du vin

La femme serait-elle l’avenir du vin ? Aragon avait prévu plus grand mais la nouvelle nous réjouit autant. Notre ville et notre région seront représentées au concours du meilleur sommelier par Charlotte Schab élève du lycée technique régional de Marseille. C’est une excellente chose et on se réjouit de constater que les femmes sont de plus en plus à l’affiche au pays des cacous ou des machos. Dans la restauration, l’architecture, la santé, la recherche, les nouvelles technologies, la communication, la politique, elles triomphent sans cocoricos excessifs en imposant leur griffe plutôt que leurs ergots.

(Photo crédit DR)

(Photo crédit DR)

Comment ne pas citer encore Jane Bouvier (photo ci-dessus) qui vient de recevoir les lauriers de la Fondation de France, pour son salutaire travail auprès des enfants Roms qu’elle contribue à scolariser. Les « quotas » ou la « diversité » sonnent désormais comme des mots obsolètes. Bon, il reste encore beaucoup à faire notamment pour les jeunes femmes issues de l’immigration. Elles ne sont pas rares dans leurs rangs celles à qui l’on a conseillé de s’appeler Geneviève, Martine ou Chantal (lire « Parce qu’elles viennent de loin » chez Fayard) plutôt que Myriam, Rama ou Najat. Il faudra encore mettre beaucoup d’eau dans ce vin-là.

 

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