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Habitat indigne : les élus métropolitains veulent construire une stratégie au long cours

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A l’occasion du vote de « procédures d’urgence » à la suite du drame de la rue d’Aubagne, la séance du conseil métropolitain jeudi 13 décembre, a été la caisse de résonance du débat sur le mal-logement. Malgré quelques piques, les échanges ont été globalement constructifs. 

« Ils s’appelaient Marie-Emmanuelle, Ouloume, Niassé, Simona, Chérif, Fabien, Taher et Julien ». C’est par les noms des victimes du drame de la rue d’Aubagne que Martine Vassal a ouvert la séance du conseil métropolitain. « Dans ces moments tragiques » la présidente a appelé d’emblée les élus de la République à l’unité et au rassemblement, avant d’observer une minute de silence. Dans l’hémicycle métropolitain, la tragédie du 5 novembre dernier résonne, bouscule. Les élus avaient à voter des délibérations « en procédures d’urgence » et, par la même, la stratégie globale de lutte contre l’habitat indigne. Mais pas avant de laisser place au débat. Essentiel, obligatoire débat reporté en même temps que le conseil municipal de Marseille.

Des Assises citoyennes de l’habitat au printemps 2019

Constructifs, sobres, vifs parfois, les échanges ont débuté après les annonces de la présidente, dont l’axe principal repose sur l’éradication  de « l’inacceptable ». Parmi les solutions, elle avance la création d’une Maison de l’habitat au 19 rue de La République, une direction spécifique à l’habitat et au logement indigne avec 28 agents, l’accélération des déclarations d’utilité publique (DUP) ou encore le permis de louer. En partenariat avec la Ville de Marseille, ce dernier sera expérimenté dans la cité phocéenne. Martine Vassal a également proposé que le bailleur social 13 Habitat puisse racheter seize immeubles en centre-ville. L’établissement public foncier est aussi mobilisé.

Autre annonce : la tenue des Assises citoyennes de l’habitat, qui devraient avoir lieu au printemps 2019, « pour faire émerger des propositions, des recommandations à la hauteur de nos besoins qui pourraient aller jusqu’au niveau législatif ». En attendant, la présidente de la Métropole s’est dit à l’écoute, « prête à recueillir les propositions constructives », à commencer par celles de la Samia Ghali. La sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône s’est félicitée de la reprise de certaines mesures « déjà proposées » par le PS. « Ca me va bien », puis d’avancer : « Je vous remercie d’avoir reconnu qu’il y avait désordre. Nous avons tous une responsabilité dans ce qui arrive ». Elle a souligné la nécessité d’étendre le permis de louer à l’ensemble du territoire; travailler sur une cartographie de l’habitat ou encore « mettre en face de leurs responsabilités les syndics qui doivent alerter ». Le fonds d’aide aux victimes n’est selon élue, « pas suffisant ». 

Le logement social : entre fractures et solutions

Si d’autres élus comme Yves Vidal, ont mis en avant « les problèmes législatifs et juridiques », pour lutter contre l’habitat indigne et dégradé,  « un débat qui dépasse largement » le cadre de l’hémicycle métropolitain, Muriel Prisco a mis en exergue la colère d’une ville « rattrapée par le démon de l’abandon ». Premier coup porté à la politique municipale. Le second viendra de Marie-Arlette Carlotti (PS). « La situation est le résultat du laxisme », déclare-t-elle d’un ton ferme. L’ancienne ministre de François Hollande va plus loin en reprenant les dernières révélations sur les élus de la majorité, propriétaires de logements indignes. « S’il y en a encore aujourd’hui, qu’ils quittent nos rangs car ils nous discréditent ». Elle en a appelé à « l’extrême intransigeance » de la présidente sur ce sujet. Quant au plan métropolitain à 600 millions d’euros, « c’est une montagne qui accouche d’une souris ». Marie-Arlette Carlotti, très critique, propose la mise en place d’un véritable observatoire de l’insalubrité,  la révision du Programme local de l’habitat (PLH) et la création de plus de logements sociaux.

Une question sensible là-encore, compte tenu de la spécificité des territoires. Certains maires à l’image de Jean-Pierre Maggi ont avancé la difficulté à produire du logement social. « Je veux faire du logement social, mais quand on ajouter le risque sismique, d’inondation et les terres agricoles, sur 32 hectares je n’ai pu produire que 600 logements », se désole le maire de Velaux. Un SOS pour lever certains freins, notamment dans le cadre de la loi de solidarité et de renouvellement urbain (SRU) car en 5 ans, sa commune a versé plus d’un million d’euros pour cette carence. Tour à tour, d’autres édiles ont mis en exergue la complexité des procédures.

La production de logements sociaux apparaît de plus en plus comme une solution à inventer localement. L’idée d’ouvrir d’autres structures d’hébergement d’urgence ou faire davantage appel au portage d’appartements, selon le modèle de la Soliha, a été émise par Lionel-Royer Perrault. Le président de 13 Habitat a rappelé au passage quelques chiffres en terme de production de logement social : 6000 logements/an sur l’ensemble du territoire, 70 millions d’euros investis dans la réhabilitation du patrimoine et 75 millions pour la construction de logements neufs.  

L’Etat, il en a forcément été question, à l’heure où certains pointent une mise sous tutelle de la ville. « Je rappelle que l’Etat sur cette question à toute sa place aux côtés des collectivités. Nous avons mis en place un dispositif partenarial entre la Ville et l’Etat», a réaffirmé Arlette Fructus (MR), en charge de l’habitat. En première ligne depuis le début de la crise, elle a reconnu qu’il « faut avoir la lucidité et l’honnêteté de dire que ce phénomène [habitat indigne et dégradé]ne pas pas être traité en un claquement de doigt ». Quant à la révision du PLH métropolitain dont le travail n’est pas terminé, elle a invité l’ensemble des élus à se joindre aux réflexions.

Jean-Claude Gaudin : « Je souhaite que Marseille se relève de ce  drame »

Le débat d’un peu plus de deux heures a ensuite laissé place au vote des délibérations, avec un amendement déposé par le groupe PS, portant notamment sur le « droit au retour », des familles évacuées. Une garantie pour Marie-Arlette Carlotti à laquelle Martine Vassal a concédé avec une légère modification du texte. C’est après l’adoption des rapports, que le maire de Marseille s’est exprimé. Le visage grave, il n’était pas apparu en public depuis le 11 novembre. L’ex-patron de la Métropole s’est dit « accablé » par le drame de rue d’Aubagne. « J’y pense tous les jours, moi qui suis plus que quiconque sensible à tout ce qui touche cette ville parfois dans le bonheur, parfois dans le malheur ». Ce débat « légitime, indispensable », a-t-il poursuivi, concerne « le passé, le présent et surtout l’avenir ».

Le flash-back sur le passé aura lieu essentiellement au prochain conseil municipal décalé au jeudi 20 décembre, en prévision duquel le maire LR de Marseille affûte sa défense. « Dès 1995, notre municipalité n’est pas restée inerte à l’habitat insalubre ». Le présent, lui, réside dans l’effort municipal avec principalement la prise en charge des personnes délogées. L’avenir ? Jean-Claude Gaudin prendra à son compte les mesures annoncées par la présidente de la Métropole.  Il a également réaffirmé que l’aide de l’Etat doit « arriver de manière plus nette ». Le maire a également dit un mot sur l’enquête en cours. « Elle dira où sont les responsabilités. D’ici là prenons des décisions pour aller plus vite (…) Un travail commun est indispensable. Je souhaite que Marseille se relève de ce drame.»  

 

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