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[Reportage] Le Cloître, l’ancien monastère où l’économie se met au service du projet social

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C’est au cœur du territoire Nord de Marseille, dans le 13ème arrondissement, qu’un ancien couvent de 6000 m2 est rénové pour devenir un Pôle d’innovation et d’entrepreneuriat social. Situé au sein d’un domaine de 6 hectares boisé et classé, cette bâtisse est propriété des Apprentis d’Auteuil.

Il y aura une ferme urbaine développée par Le paysan urbain, une école du numérique avec Simplon, une conciergerie solidaire, le traiteur MinaKook, ou encore un spécialiste de la gestion de l’eau à distance Telaqua… Tous ont en commun une chose : ce sont des « faiseurs d’avenir ». C’est ainsi que l’on appelle ces entreprises sociales qui ont ou vont prochainement s’installer au Cloître. Ce monastère qui date du début du siècle est actuellement en rénovation pour devenir un Pôle d’innovation et d’entrepreneuriat social. Oubliée, à l’abri des regards en raison de sa situation géographique, cette immense bâtisse située sur un site perchée dans les quartiers nord appartenait à une communauté de Visitandines. Après sa fermeture, la fondation les Apprentis d’Auteuil a racheté le lieu, en 1988, pour installer certaines de ses activités. Un sauvetage à l’instigation du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui ne souhaitait pas le voir détruire ou passer à la promotion privée.

Le Cloître, un lieu « idéal »

Il connaît aujourd’hui une nouvelle vie, grâce au projet du Cloître. Deux fois lauréats de concours nationaux d’entrepreneuriat social, Arnaud Castagnède, fondateur d’Actavista, (une association qui travaille sur la restauration de monuments historiques à travers des chantiers d’écoles et de formations aux métiers du patrimoine) souhaitait « créer un pôle dans lequel on pouvait regrouper des entreprises, des entrepreneurs sociaux et qui allaient tous intégrer la formation dans leur modèle. Ce cloître était idéal de par sa surface, sa situation et son implantation au cœur du territoire nord de Marseille ». Co-fondateur et directeur du projet du Cloître, Arnaud Castagnède porte l’ambition que « l’entreprise devienne le centre de gravité d’un intérêt collectif. ». Tel est l’ADN du projet au sein duquel les Apprentis d’Auteuil ont joué un rôle primordial.

Cloitre 3

La réhabilitation du monastère a coûté 3 millions d’euros financée par les Apprentis d’Auteuil et les fonds européens. Photo : N.K.

3 millions d’euros de travaux

La fondation a co-financé à hauteur de 50% les travaux de réhabilitation de 4000 m2, soit 1,5 million d’euros sur les 3 millions. L’autre partie provient de l’Union européenne au travers du Feder (Fonds européen de développement économique et régional). « C’était pour nous fondamental », assure Bruno Galy, directeur général Paca des Apprentis d’Auteuil. « Notre fondation nous permet d’envisager des choses extraordinaires et de transcender les projets ». La fondation qui existe depuis 150 ans dispose d’un budget de 350 millions d’euros par an grâce à des legs, des donateurs, du mécénat… Les résidents du monastère high-tech, eux, s’acquitteront d’un loyer à hauteur de 120 euros (HT) annuel du m2.

Le projet du Cloître, qui s’inscrit dans la droite ligne du “French Impact” label social lié à la French Tech, est au carrefour de plusieurs chantiers. Le chantier physique, toujours en cours « avance vite » assure l’architecte François Gautier (cabinet d’architecture DPLG), malgré quelques surprises découvertes dans certaines salles, lors de leur démolition « comme des cloisons qu’on ne pensait pas porteuses et qui le sont, ou sur les réseaux… » Puis il y a les chantiers plus symboliques que sont la formation professionnelle, les parcours d’emplois, la redéfinissions de l’entreprise et l’innovation sociale. Le Cloître va permettre de fédérer et de créer des entreprises inclusives qui sont engagés à conjuguer leurs cultures pour former les jeunes à leurs métiers : le numérique, la restauration, l’agriculture urbaine et biologique, et ses services. Arnaud Castagnède nourrit d’ailleurs l’espoir que cette nouvelle forme de collaboration s’exporte hors les murs, « pour essayer de contaminer le plus largement possible, à l’échelle de la pandémie, les entreprises classiques du territoire pour que tous s’engagent à former, à accueillir des jeunes en alternance grâce au contrat de professionnalisation ».

Les travaux ont débuté au mois de janvier 2018 et se poursuivent actuellement pour une ouverture du Cloître en octobre 2018. Photo JC Verchère.

Les travaux ont débuté au mois de janvier 2018 et se poursuivent actuellement pour une ouverture du Cloître en octobre 2018. Photo JC Verchère.

« La tech est un incontournable »

Ce sont 200 jeunes qui vont ainsi intégrer ce nouveau pôle d’innovation économique et sociale où l’on retrouvera donc un espace de formation professionnelle ancrés au cœur de l’entreprise, un lieu de rencontres et d’événements ouvert au public, un repère gastronomique responsable, un lieu d’exploitation maraîchère biologique, du co-working, un lieu d’aide et de conseil à la création d’entreprises pour les jeunes du territoire et un lieu de promotion et d’essaimage de bonnes pratiques. « Nous avons fait la répartition sur site en fonction des métiers sur lesquels on souhaitait intervenir », reprend Arnaud Castagnède. Dans ce cadre, Simplon est un acteur majeur dans ce projet. Au travers de cette école du numérique, quel que soit le secteur dans lequel les jeunes vont évoluer au Cloître, ils suivront une formation au codage, à la programmation car « la tech est un incontournable et fait partie des métiers d’avenir, il est normal que les jeunes puissent en profiter ».

Ouverture prévue en octobre 2018

L’ouverture du pôle est prévue au mois d’octobre 2018. La seconde phase du projet, elle, est encore hypothétique et consisterait en la réhabilitation du dernier étage soit 1200 m2 et forcément un nouvel investissement à hauteur de 1,2 à 1,5 million d’euros. L’histoire du Cloître est en train de s’écrire et certains rêvent finalement de ne pas connaître son avenir, « parce que ce qui ferait la force de ce projet, c’est qu’il soit en perpétuel changement par les acteurs de ce lieu, par les jeunes qu’on rencontre et qu’il s’adapte constamment aux besoins de notre société, nous confiait Bruno Galy. Et je crois que là on aura peut-être un signal fort pour arrêter des schémas de concurrence et rentrer dans une dynamique de solidarité ».

Bruno Galy, délégué général Paca des Apprentis d'Auteuil et Arnaud Castagnède, directeur de projet du Cloître. Photo : N.K.

Bruno Galy, délégué général Paca des Apprentis d’Auteuil et Arnaud Castagnède, directeur de projet du Cloître. Photo : N.K.

Le Cloître regroupe d’ores et déjà des faiseurs d’avenirs engagés :
Le restaurant avec Les Jardins du Cloître pour la gastronomie et la formation.
La ferme urbaine avec Le paysan Urbain pour une production biologique et la formation,
Une école du numérique avec Simplon pour la formation des jeunes au codage et à la programmation,
Le traiteur avec MinaKouk,
La conciergerie Solidaire pour des services pro, particuliers, bien-être, régie & insertion professionnelle,

Le groupement d’employeurs pour la qualification et l’emploi des jeunes,
L’Eco-mobilité & l’auto-partage pour faciliter l’alternance et l’accès à l’emploi avec TO- TEM Mobi,
Le parcours d’accrobranche, avec EcoPark, activité de loisirs et de formation au métier d’Opérateur de Parcours Acrobatique en Hauteur,
L’accompagnement à la création d’entreprise et au business social développement pour les jeunes du territoire avec les dispositifs Apprentis d’Auteuil : L’Ouvre Boîte, et Skola
Le sourcing, le coaching et l’appui à la formation avec Auteuil Formation continue,
L’animation du lieu, des réseaux et de l’espace de Coworking avec Le Cloître,
La gestion de l’eau à distance et l’irrigation connectée avec la start-up Telaqua,
Le tri et le recyclage des déchets avec Lemon Tri,
La conception d’épices avec Mama Spice,
L’éloquence avec Eloquentia. 

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