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[Cinéma] La Finale de Robin Sykes, une comédie familiale touchante et drôle

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Coup d’envoi réussi pour Robin Sykes qui signe avec La Finale son premier long-métrage, touchant et drôle, doublement récompensé en janvier dernier au Festival international de l’Alpes d’Huez par le Grand Prix et le Prix d’interprétation attribué à Thierry Lhermitte. Sur nos écrans à partir de mercredi 21 mars.

Le film raconte les péripéties de Roland (Thierry Lhermitte), fan de football, ancien propriétaire d’une brasserie, atteint de la maladie d’Alzeimer, et de son petit-fils Jean-Baptiste (Rayanne Bensetti ), basketteur amateur décidé à se rendre coûte que coûte à Paris où il doit disputer une finale de basket. Les parents de JB retenus par un imprévu chargent le jeune homme de s’occuper de son grand-père qu’il ne connaît pratiquement pas. Sans prévenir ses parents, JB prend la décision d’embarquer Roland, un vrai boulet, et d’aller à Paris. Une échappée belle qui vaudra aux deux protagonistes de partager de drôles d’aventures et d’apprendre à mieux se connaître.
Une comédie made in France, cousue de fil blanc pourrait-on penser, sauf qu’à y regarder de plus près La Finale se différencie par son ancrage dans le réel à l’instar de Intouchables sous une forme différente. Le film percute parce qu’il touche profondément à l’humain sans pathos et aux problématiques de la société contemporaine auxquelles nous serons tous tôt ou tard confrontés de près ou de loin, la maladie en premier lieu mais aussi la difficulté d’un dialogue inter-générationnel. En témoigne, le personnage de Hicham (Lyès Soulem) le père de JB, médecin d’origine marocaine, plus préoccupé par ses engagements dans l’action humanitaire que dans le développement de son fils. Juste retour des choses JB ne partage rien avec son père et communique peu avec lui.

Porté par Thierry Lhermitte qui compose un personnage émouvant tout en finesse et l’interprétation de Rayanne Bensetti, excellent en jeune sportif rebelle, on se laisse emporter par cette histoire simplement humaine.

Entretien croisé avec Robin Sykes et Thierry Lhermitte lors de leur venue à Marseille pour la présentation du film à la presse.

La Finale Lhermitte Bensetti

Thierry Lhermitte interprète le grand-père de Rayanne Bensetti (©DR)

Gomet : Comment est née l’idée de faire une comédie qui parle de la maladie d’Alzeimer ?

Robin Sykes : Je voulais faire une comédie familiale sur les liens inter-générationnels, sur les non-dits. Les gens qui ne se parlent dans les familles, c’est souvent à cause des histoires passées, enfouies. Quoi de mieux que de traiter de la mémoire que l’absence de mémoire. Du coup l’idée d’utiliser la maladie d’Alzeimer pour lier ce grand-père et ce petit-fils nous est apparue avec mon co-scénariste comme on utiliserait une paire de menottes pour embarquer un duo de personnage sur un road-trip attaché l’un à l’autre. En l’occurence Jean-Baptiste qui est lié par la maladie à son grand-père, un véritable boulet qui va parcourir toute la France avec lui.

Lorsque Roland se fait arnaquer à Marseille, est-ce une allusion à la mauvaise réputation de la
cité phocéenne ?
R.S : Non ! Honnêtement la scène ne devait pas se passer à Marseille, elle devait se passer dans le train mais on a pas eu l’autorisation. Et puis je voulais parler absolument de Marseille, les palmiers, le soleil qui font partie du voyage à travers la France, j’ai une partie de ma famille qui est d’ici. Aussi on a eu l’idée de transposer la scène en dehors du train à l’arrivée. On remarquera qu’on n’a pas pris un acteur qui a l’accent marseillais pour faire la scène non plus !

Thierry Lhermitte, vous incarnez le personnage de Roland avec subtilité et justesse sans jamais tomber dans la caricature, ni dans le pathos, le fait que vous soyez issu d’une famille de neurologues vous-a-t-il aidé à composer le personnage ?

Thierry Lhermitte : Non, ce qui m’a inspiré, c’est que je voulais rencontrer quelqu’un qui soit au stade de la maladie où en est le personnage au moment du film. J’ ai rencontré le père d’un ami qui en est au même stade et on a passé une demi-heure à discuter au bistrot et c’est ça qui m’a inspiré. Mon but c’était qu’on y croit et que cela ne fasse pas l’ acteur qui fait “Alzeimer” que ce soit juste le personnage.

Dans une des répliques, vous faites dire au neurologue que la meilleure thérapie face aux crises, « c’est l’humour sans calmant ». Pouvez-vous développer ?

R.S : Il faut beaucoup de recul et de sang-froid pour vivre cette situation là. Quand on a commencé à écrire le film, on s’est beaucoup documenté et on est tombé sur une femme formidable, Colette Roumanoff [voir la réaction de celle-ci au pied de cet article dans le bloc Réagissez] dont le mari a été fauché à la soixantaine par la maladie, un peu comme Roland dans le film. Au début elle a suivi le protocole médical en donnant des sédatifs à son époux quand il avait des crises, car Alzeimer est une maladie invalidante qui selon les caractères peuvent mettre les gens hors d’eux-mêmes. Ne plus se souvenir, ne plus savoir qui est qui, se tromper c’est très difficile à vivre, ça donne lieu à des vraies crises de nerfs qui sont très difficiles à supporter pour le patient et son entourage. Aussi on donne des sédatifs pour que ça passe mieux au sein de la famille, mais ces médicaments ont des effets pervers car ils aggravent la dégénérescence, c’est un cercle sans fin. Un jour Colette Roumanoff a décidé d’arrêter tous les sédatifs et a géré les crises de son mari avec humour et calme, et j’ai trouvé que c’était une démarche superbe. Colette Roumanoff, qui est la maman d’Anne Roumanoff a créé une association qui milite pour ça et quelque part j’espère que le film se fait un peu le relais de cette démarche positive auprès des malades et surtout des accompagnants pour qu’ils apprennent à mieux vivre la maladie tous ensemble.

Pouvez-vous nous parler du casting notamment de Rayanne Bensetti, formidable dans le rôle de Jean-Baptiste ?

R.S : Je ne le connaissais pas, les producteurs m’ont parlé de lui, on s’est rencontré et ça a collé. C’est un touche-à tout c’est un môme qui a une volonté de fer, dans la série Clem, il s’est lançé dedans idem dans le film Tamara, il avait un petit rôle. Et pour Danse avec les Stars (l’émission de divertissement de TF1, Ndlr), il ne savait pas danser, il a gagné !

Thierry Lhermitte, un premier film c’est toujours une prise de risque, qu’est-ce qui vous a séduit dans le film au final ?

T.L : J’ai lu le scénario et je l’ai trouvé émouvant et drôle et puis le seul truc dont j’ai voulu m’assurer, c’était que tout était vraisemblable. Donc je l’ai fait lire à quelqu’un dont la maman était malade et elle m’a dit, c’est exactement ça à 100% (…)Et puis une comédie, c’est un drame que l’on regarde sous un autre angle. Et là c’est encore un autre angle, c’est très réaliste, un peu comme la vraie vie, il y a des moments tristes et des moments gais, c’est émouvant. L’émotion qui se dégage de ce film là, ce n’est pas une émotion de tristesse, la fin que j’adore est vraiment super émouvante et c’est heureux …

 

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Un commentaire

  1. Je suis citée dans votre article sur la finale
    oui j’essaie de promouvoir un autre manière d’aborder la maladie: une pièce, deux livres, un site Alzheimer-autrement.org, une page facebook, un blog.
    oui je suis la mère d’Anne Roumanoff
    je n’ai jamais donné de calmants à mon mari qui est mort à 79 ans
    j e n’ai pas crée d’association
    J’ai écrit avec ma fille Valérie une pièce drôle et pédagogique sur Alzheimer: “La Confusionite”
    laconfusionite.com

    bien cordialement
    Colette Roumanoff

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