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Tourisme en Paca : l’arrière-saison peut-elle faire remonter les chiffres de fréquentation ?

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Les mois de juillet et août ont été décevants pour les professionnels du tourisme dans la région Paca. Ils retrouvent depuis quelques jours le sourire avec une arrière-saison qui promet. Retour sur un été qui n’a pas souffert que de la météo.

Il fait un soleil magnifique, jeudi 28 août 2014, lorsque le président du Comité régional du tourisme Provence-Alpes-Côte d’Azur (CRT Paca), Pierre Meffre, entouré des présidents des agences départementales de tourisme (ADT) du Var et des Alpes-de-Haute-Provence, respectivement Jean-Pierre Serra et Jean-Claude Michel, présente les premiers chiffres de la saison touristique 2014. Le cadre est majestueux – la Villa Gaby – sur la colline du Roucas Blanc, à Marseille. Une météo et un décor en trompe l’œil…

Car les performances du secteur cet été sont plutôt mitigées, impactées négativement par le climat capricieux des mois de juillet et d’août. L’enquête de fréquentation du cœur de saison (mi-juillet à mi-aout) réalisée auprès des professionnels par le CRT présente ainsi un recul des opinions « positives » ou « très bonnes » quant à la perception par les professionnels (hôteliers, réceptifs, restaurateurs, etc) du niveau de réservation et fréquentation dans leur structure. Le mois de juillet souffre particulièrement : de – 3% à – 7% selon le type d’hébergements. Sur la période de mai à août, le recul des opinions positives est de 9% par rapport à 2013. « La montagne, l’arrière-pays, certains restaurants ont particulièrement souffert » observe Pierre Meffre.

Effet MP2013 persistant dans le 13

Les Bouches-du-Rhône résistent plutôt mieux que la moyenne des départements de la région, en particulier le littoral avec la Camargue et Marseille. Une bonne performance déjà constatée par les statistiques enregistrées au cours du premier semestre 2014 par Bouches-du-Rhône Tourisme (BDRT), dirigé par Isabelle Brémond.

Au cours des six premiers mois, la progression du nombre de nuitées enregistrées chez les professionnels est de 6,6%. À Marseille, la progression approche 4%. 12% si l’on s’intéresse uniquement à la clientèle étrangère. De très bons chiffres alors que le périmètre de comparaison n’est autre que l’année capitale européenne de la culture. BDRT devrait révéler dans quelques jours les premiers chiffres de nuitées enregistrées pour le mois de juillet, ce qui permettra de confirmer ou non cette spécificité.

« Seuls les professionnels qui savent se montrer pro-actifs (en termes de communication, de politique promotionnelle et de diversification) et vigilants sur le rapport qualité/prix service de leur offre tirent mieux leur épingle du jeu et continuent à gagner des parts de marché », observe le CRT dans son étude. Tour d’horizon des facteurs qui ont pesé sur la santé du secteur et les pistes pour mieux résister

Les trois facteurs qui pèsent sur l’activité

1. La mauvaise météo. C’est le premier facteur qui explique les mauvais chiffres. Le mois de juillet a été le plus arrosé en France depuis les 50 dernières années (Marseille a enregistré trois fois plus de pluie que l’été dernier) et le déficit d’ensoleillement a touché quasiment toute les régions, y compris la région Paca. Pas de quoi inciter les Français à partir dans l’Hexagone alors que d’autres destinations garantissent un soleil immaculé. C’est l’air du « consommateur zappeur et avisé relève le CRT. Il « attend que toutes les conditions soient réunies pour partir en vacances : le bon produit au bon prix et avec une météorologie ».

2. L’effet crise. 42% des professionnels de la région estiment que leur chiffre d’affaires est en baisse par rapport à l’année dernière. 70% des ventes réalisées en juillet en France l’ont été grâce à des promotions souligne le CRT. Les particuliers négocient aussi directement avec les hébergeurs jusqu’à aller parfois au chantage : « Si vous ne faites pas un bon prix, je poste un commentaire désagréable sur votre hôtel sur Internet… » Internet justement. Le web entraîne une nouvelle concurrence des réseaux de particuliers comme Homelidays, Abritel, AirBnB et LeBonCoin. Des réseaux redoutables en temps de crise qui viennent chasser sur les terres des professionnels. Autre impact budget : la coupe du monde de football qui ponctionne à chaque épreuve le budget des ménages en achat de nouveaux écrans au détriment du budget loisir

3. Le calendrier scolaire. C’est un serpent de mer mais il revient fort cette année compte tenu des mauvais résultats du mois de juillet. Les professionnels constatent que la saison est de plus en plus concentrée au mois d’août. « Les entreprises savent que tout s’arrête, elles préfèrent donc libérer leurs salariés durant cette période plutôt qu’au début de l’été, qui reste actif. Le phénomène est accentué par le départ tardif des écoliers, le 5 juillet en 2014. Jean-Pierre Serra demande un étalement des vacances sur plusieurs zones comme pour les vacances de printemps et d’hiver. Comme cela se fait à l’étranger, en Allemagne notamment, un exemple selon lui. Autre sujet de préoccupation cette fois pour la rentrée : l’application de la réforme des rythmes scolaires.

Regardez : Jean-Pierre Serra craint un impact négatif des rythmes scolaires sur le tourisme : 

Au total, une concurrence exacerbée, plus dure, est en train de se mettre en place soulignent les professionnels. Les hébergements de qualité dans des zones qui offrent une diversité d’activité, voire qui sont adossés à des grands festivals tireront leur épingle du jeu. Les autres incapables d’investir et de s’intégrer aux réseaux vont souffrir, voire disparaître. Comment réagir ?

Les trois moyens de résister et de rebondir

1. Travailler sur la qualité et la diversification. Une prime à l’investissement s’est traduite par une progression des hébergements et des réseaux qui ont amélioré leur offre ou ont diversifié leurs produits : parcs aquatiques dans les hôtels de plein air, espaces bien être, remise en forme dans les hébergements, hébergements de charme et/ou atypiques, package événementiels et festivals.

2. Innover. « Nous avons une offre de grande qualité, souligne Isabelle Brémond, mais il faut continuer à s’adapter, à innover pour rester dans la course. » BDRT a notamment initié une politique de sensibilisation aux outils numériques et développe, en pionnier, avec l’opérateur mobile Orange, des outils pour capter et analyser des données touristiques inédites, à travers le réseau mobile. Objectif de Flux Vision Tourisme : mieux comprendre les mouvements des visiteurs afin d’optimiser la communication, la promotion et rendre les professionnels plus réactifs.

3. S’intégrer à l’environnement culturel, patrimonial, événementiel. Sans surprise, les destinations riches en événements et équipements culturels ont mieux résisté cet été. Lorsque l’ambiance n’est pas au farniente, logique de voir les vacanciers fréquenter les festivals et les musées. Le nombre de spectateurs a augmenté cet été à la Roque d’Anthéron (festival de piano) et à Juan-les-Pins pour le jazz. Aix, quant à elle, cartonne avec son Festival de musique (82 000 places vendues) et l’expo Pearlman au musée Granet (55 000 entrées). Sans parler du Mucem à Marseille : 430 000 visiteurs sur le site en deux mois.

Les chiffres clés du tourisme en Paca :

Paca : première région touristique en France. 1,8 million de personnes présentes en moyenne par jour. 2,7 millions pour le pic du 15 août.
Dépense moyenne par jour et par personne en été : 58 euros.
Budget moyen pour 4 personnes : 2 000 euros.
163 000 emplois au cœur de l’été soit 8% de l’emploi total.
11% du PIB régional sur l’année.

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