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[Innovation] Si t’accélères pas, t’es rien…. !

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La chronique innovation de Rodolphe Uhlmann. Cette semaine, notre expert en technologie s’intéresse à la mode des accélérateurs. Utiles et futiles ? A lire sans tarder pour éviter les sorties de route.

C’est le « buzzword » du moment. L’accélération grâce à l’accélérateur. Tout y passe et tout devient « accélerable » : projets, plateformes, entreprises, politiques publiques, … jusqu’à Air France qui veut accélérer ses clients.

IMG_0705C’est bien ce que dit en sous entendu l’affiche ci-contre : la prochaine offre affaire ne peut que vous faire gagner du temps. En vous aidant à le dompter Air France va être en contrôle de votre parcours client et Air France va réussir votre accélération (si vous faites toujours partie de ses clients…).

Dans le monde de l’accompagnement, il n’y a rien de plus galvaudé ces jours-ci que… l’accélération. Au point d’y perdre son manuel d’accompagnateur et ses repères. Le nombre de personnes qui emploient ce mot pour designer que ce qu’ils font, est (au mieux) de l’accompagnement à peu près suivi d’entreprises à potentiel de croissance, ce nombre, est tout simplement ahurissant.

Ce n’est pas un phénomène nouveau. Il y a quelques années en arrière, certaines structures d’accompagnement avaient adopté ce slogan pour faire comprendre aux porteurs de projets que si celui-ci rejoignait leur équipe, il allait gagner du temps. Ceux-là avaient senti le vent (accéléré ?) qui venait des USA et en avaient fait un slogan marketing. Une communication corporate basée sur ce concept dynamique pourtant bien réel du Y-Combinator.

Seulement voilà, c’était juste de la comm…. Point de Y-Combinator à la française derrière. Seulement de l’accompagnement standard et ce message : « Si vous voulez gagner du temps (sous-entendu de l’argent) faites vous accompagner ». Parce que accélérer un projet, c’est bien lui faire gagner du temps sur son timing initial en changeant la vitesse d’avancement du projet. Et pour changer la vitesse d’un véhicule, il faut appuyer sur une pédale d’accélérateur, un objet intermédiaire entre le moteur du véhicule et le pilote.

Pour que l’accélération d’un véhicule soit visible et efficace il faut plusieurs conditions : un pilote de course au volant, un volant, une pédale d’accélération, un moteur (allumé de préférence) et pas mal d’essence dans le réservoir. Si nous nous en tenons à la question de l’accélération d’entreprises, le pilote doit être quelqu’un d’exceptionnel. On ne peut pas accélérer une entreprise dont le chef ou le gérant est un piètre conducteur parce qu’il manque de réflexes ou a une vision trop étroite de la route à prendre.

En effet, si la vitesse augmente considérablement, il faut être en capacité d’éviter les obstacles (pour ne pas se « prendre le premier mur » qui attend toutes les entreprise qui veulent avancer) et anticiper le prochain virage en ayant une vision élargie (ou un bon copilote, à condition de lui obéir). Ensuite, piloter et rester concentré lorsque la vitesse est importante, c’est fatiguant. On n’accélèrera donc pas une entreprise dont le responsable n’a pas de résistance ni de persévérance. Nous l’avons déjà dit, le risque a changé de nature et l’accélérateur doit miser sur les hommes qui pilotent les entreprises plus que sur le tracé de la route et la destination du véhicule.

La flexibilité c’est la clé

Il faut un dispositif qui permette le cas échéant de changer complètement de direction. Cet outil peut être tout simplement la flexibilité du chef d’entreprise. Si le dispositif qui provoque l’accélération devient le copilote, le pilote doit l’écouter et être prêt à actionner le volant au premier ordre, sans réfléchir plus que quelques dixièmes de secondes. La flexibilité est donc la clé. Flexibilité de l’entrepreneur lui même, mais aussi de son équipe et des accompagnateurs. Le projet lui même ne peut pas être conçu en vue de ne jamais évoluer ou changer.

Pour accélérer il faut une pédale d’accélération : un dispositif qui transmet les ordres concernant la vitesse du véhicule au moteur. Or, il n’est pas possible d’accélérer en appuyant de temps en temps sur le dispositif qui stimule le moteur. Ce dispositif doit rester actionné en permanence jusqu’à ce que l’on atteigne la vitesse désirée. Un suivi intermittent d’une entreprise ne peut donc pas être assimilé à de l’accélération. Il faut que certaines structures révisent leur politique de communication au risque de se décrédibiliser (ceci dit il peut y avoir plusieurs types d’accélération, il suffit de le préciser). Un coaching au quotidien, ou presque, est aujourd’hui la marque de l’accélération. C’est vrai pour tout type de projet. Un projet d’aménagement du territoire qui n’est pas suivi quotidiennement ne sera jamais accéléré. 

Une recrudescence de travail est inévitable lors d’un processus d’accélération. Un entrepreneur de projet innovant qui ne souhaite faire que 35h par semaine n’est définitivement pas un bon candidat au dispositif d’accélération. L’équipe elle même sera sollicitée et sa robustesse, pas seulement technique mais également sa cohésion, sera mise à rude épreuve. Le moteur doit aussi être allumé. A quoi cela peut-il bien servir d’appuyer sur l’accélérateur d’un véhicule dont le moteur est éteint ? Le chef d’entreprise doit avoir tourné la clé et l’avoir tournée à fond, pas juste aux trois-quarts. Il doit accepter la règle du jeu. Une étincelle doit également être présente au sein de l’équipe, étincelle qui va mettre le feu au carburant. Cette étincelle devrait se manifester tous les jours. En deux mots : une équipe ou un dirigeant manque d’idées ne peut pas être accéléré. Il est vrai que les dirigeants qui ont deux idées par jour sont au mieux fatigants et au pire dangereux mais au moins l’accélérateur peut utiliser ces étincelles pour allumer le carburant vaporisé.

Justement, le carburant : mieux vaut avoir un réservoir plein car accélérer est très gourmand en carburant sur un laps de temps très court. Le carburant peut être l’argent, mais pas seulement. La réserve d’énergie peut être celle de l’équipe en propre et du dirigeant lui-même. Un chef d’entreprise au bout du rouleau qui vient de subir plusieurs échecs n’est pas toujours un bon candidat pour l’accélération. Parfois, il faut savoir dire au porteur de projet de couper le contact un moment et se reposer au risque de se prendre le prochain mur.

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Pour conclure, regardez de près ce qui est écrit sur cette affiche publicitaire de BPI France. BPI France est cette structure nationale de financement de l’innovation qui a beaucoup fait et fait encore beaucoup pour les entrepreneurs innovants et plus particulièrement ceux qui disposent d’innovation technologiques.
Je suis resté perplexe devant cette affiche. Il est difficile d’accélérer des entreprises en marchant. Vous allez me dire que je suis de mauvaise foi car ce que signifie « ça marche !» veut en fait dire « c’est OK ! ». C’est vrai. Toutefois les mots ont un sens. Difficile également d’accélérer une entreprise en la suivant. Comme nous l’avons évoqué ci-dessus il vaut mieux être le copilote et la pédale d’accélération en même temps plutôt que de courir derrière. Quand nous disions que ce mot d’accélération était galvaudé !

Toutefois, rien de sarcastique dans ce propos. La vocation de BPI France n’est pas du tout de faire de l’accélération mais bien de rester en support de l’accélération, ou de donner une impulsion significative et de fournir les fonds de l’accélération. C’est pourquoi cette pub est pertinente. Tout simplement parce que l’accélération, ça fait vendre !

 

(Photo : soirée de lancement de l’accélérateur Provence Factory le 10 septembre 2014)

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Auteur

Rodolphe est ingénieur physicien, spécialisé en traitement du signal. Il travaille à l'Agence Régionale pour l’Innovation et l’Internationalisation des Entreprises en PACA (ARII-PACA).

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