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[International] Après avoir sauvé 900 réfugiés, SOS Méditerranée lance sa deuxième mission en mer

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SOS Méditerranée avait entamé, le 26 février, sa première campagne dans le sauvetage des réfugiés. Deux mois mois après, plus de 900 réfugiés ont été sauvés en mer. Et l’Aquarius est reparti pour une 2ème campagne. Mais le soutien financier demeure trop faible et met en péril la longévité de la mission.

« La frontière de la Méditerranée est une frontière de morts. » C’est ainsi que Thierry Fabre, directeur de la programmation artistique du Mucem, décrit la crise migratoire en mer au moment où l’association SOS Méditerranée, au Mucem, mardi 3 mai, fait un bilan de la première mission en mer de l’Aquarius. Pour lui très peu d’initiatives concrètes sont prises pour sauver les réfugiés. Le trajet entre l’Italie et la Libye est le plus dangereux et atteint 3% de mortalité. Il faut développer la capacité de sauvetage. SOS Méditerranée est une première réponse, oh combien utile et symbolique. Après une première campagne de sauvetage qui a pris fin le 28 avril, le navire Aquarius entame déjà sa 2ème et prend le large en ce début du mois de mai. 

Bilan de deux mois intenses

Six opérations de sauvetage ont été effectuées au cours des deux derniers mois. Au total, 27 personnes ont été mobilisées pour encadrer le sauvetage et accueillir les rescapés. Médecin Sans Frontières remplaçant de Médecin du Monde (engagé seulement pour 3 mois) fait partie de l’équipe pour la prise en charge des soins. Durant les deux mois, le Maritime Rescue Coordination Centre de Rome a signalé à l’équipe les différentes zones de détresse et « les avions des armées européennes sont parfois envoyés sur zone pour faire de la recherche » explique Jean Passot, sauveteur professionnel à bord de l’Aquarius. Une fois secourue les migrants sont redirigés vers l’Italie où ils seront pris en charge.

 917 : c’est le nombre de rescapés, tous originaires d’Afrique. Ils fuient la misère de leur pays où ils sont traités comme du bétail : tortures, viols (un certain nombre de femmes sont enceintes à leur arrivé en Italie), enlèvements, rançons, tous les moyens sont bons pour se faire de l’argent. Ballotés entre les passeurs et les différents groupes armées les migrants entament un long parcours d’exil. Parmi eux 22% sont des mineurs. Les familles se cotisent et envoient le plus jeune de leur enfant entreprendre ce voyage dans l’espoir d’un meilleur avenir.

La traversée est longue et périlleuse. Les conditions sont dramatiques. Entassés les uns sur les autres dans un bateau pneumatique (8-10 mètres), les migrants n’ont aucune expérience maritime et sont laissés à la merci des eaux. Une fois repêchés le constat est alarmant. État de choc, épuisement, panique, hypothermie, blessures par balles ou encore brulures à cause de l’essence : leur état de santé est lourdement fragilisé. Lors du 5ème sauvetage, huit décès ont été constatés et 108 personnes sont sauvés in extremis.

Le nombre de sauvetage en mer demeure trop faible selon Sophie Beau, co-fondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée. Le manque de fonds ne permet pas à l’association d’entreprendre des recherches et des sauvetages plus approfondis.

Un manque financier, l’engagement d’Imothep

La société actuelle s’indigne du peu de mesures entreprises face au sauvetage en mer. Pourtant la mobilisation n’est pas suffisante. Avec une dépense colossale de 11000 euros par jour, la collecte de fonds est indispensable pour que la mission de l’Aquarius se poursuive. L’Aquarius a pu entreprendre son trajet grâce aux dons du grand public qui représente 98% de son financement. Le reste représente les subventions publiques (10 000 euros de Paris et 8 500 euros de députés). Mais les petits dons ne permettent pas à l’association de se développer convenablement. Seulement quelques milliers de donateurs sont répertoriés en France. 

Le monde artistique se mobilise autour de cette campagne. Sabine Grenard, bénévole et responsable évènementiel de SOS Méditerranée, mobilise le milieu artistique. Visite du bateau, concert ou encore événements organisés par des artistes, permettent la sensibilisation d’un grand nombre de personne. Imhotep, architecte musical du groupe IAM, « se sent redevable ». Il utilise sa notoriété et son talent au service de cause humanitaire. Pour lui, le citoyen doit prendre les choses en main en proposant des interventions. « Abasourdi par l’inaction des pouvoirs publics », il s’indigne que les politiques, les pouvoirs publics et les décideurs économiques n’investissent pas dans le projet. Imhotep va réaliser des titres dont les droits seront cédés à SOS Méditerranée en vue d’une commercialisation numérique qui permettra d’attirer l’attention du public pour récolter des financements.

Le devoir de témoignage est nécessaire à la survie des migrants et de l’association. Le public doit être averti de la situation des réfugiés en mer Méditerranée. Le budget doit être complété par des fondations et l’appel aux dons doit être relayé. L’organisation continue les opérations sans en avoir réellement les moyens. Pour Jean-Yves, bénévole, « il y a un visage unique à cette tragédie collective ».

À la fin de la seconde campagne, SOS Méditerranée espère repartir en mer et envisage, avec plus de moyens, d’investir dans un 2ème bateau identique à L’Aquarius. Stable et autonome, il facilite les opérations de sauvetage en mer. Une clinique constituée d’une salle de consultation et une salle d’hospitalisation ont été mises en place pour la prise en charge des réfugiés blessés. Deux grandes salles pouvant accueillir une centaine de naufragés par tous les temps. 

Faire un don : http://www.sosmediterranee.fr

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