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Piscines, logements sociaux, éducation et cantine : retour sur 3 débats du conseil municipal marseillais

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Mercredi 16 décembre s’est tenu le conseil municipal de Marseille présidé par son maire Jean-Claude Gaudin. Avec plus de 257 délibérations à l’ordre du jour, les débats ont été nombreux dans l’hémicycle. Nous en avons retenu trois, dont voici les détails.

1. La privatisation des piscines marseillaises

Il y a quelques semaines nous vous parlions d’un sujet qui a fait la polémique, le projet de privatisation de certaines piscines marseillaises, passant à une délégation de service public. Vendredi 13 novembre, alors que Jean-Claude Gaudin inaugurait la piscine Vallier – rénovée par la municipalité dans le cadre du schéma directeur des piscines – le syndicat Force Ouvrière, par la voix de Patrick Rué, avait semble-t-il convaincu le maire et ses adjoints de retirer le dossier de privation du comité technique prévu quelques jours plus tard. Un recul de la Ville qu’avait salué le syndicat FO, ainsi que Stéphane Mari (président du Groupe Socialiste et apparentés). Ce dernier, au cours du Conseil municipal, a souhaité remercier le maire (avec ironie) une nouvelle fois.

Rappelant les épisodes précédents, Stéphane Mari a affirmé qu’il n’était « pas question pour le groupe socialiste de privatiser les piscines » estimant qu’il s’agissait d’une « compétence « régalienne » de la ville. » L’élu a remis sur la table le problème du manque de bassin dans la seconde ville de France, « entre 7 000 et 10 000 mètres carrés de bassin ». Le problème des petits marseillais qui ne savent pas nager à leur entrée en sixième « entre 50 et 70% » dans certains secteurs. Mais aussi la fermeture des piscines « pendant les vacances scolaires [...] le soir pour les salariés ». Il a enfin terminé en espérant que le retrait de la municipalité n’était pas « provisoire ou tactique » (par rapport aux échéances électorales) mais réellement « enterré », avant de remercier une nouvelle fois le maire. 

Les « fantasme » de Stéphane Mari ?

Jean-Claude Gaudin a alors répondu à Stéphane Mari que « tout ne peut pas être pris par les services municipaux » obligeant parfois la Ville à faire des délégations de service public. Richard Miron, adjoint au Sport de Jean-Claude Gaudin a également répondu à l’élu socialiste. Concernant les problèmes pointés par ce dernier, Richard Miron explique que certains d’entre eux relèvent du « fantasme » : « Non Monsieur Mari il ne manque pas 10 000 mètres carrés de bassin à Marseille, c’est beaucoup moins c’est la moitié. Mais chaque fois qu’il y a un Conseil municipal vous en rajoutez. » L’adjoint au Sport souligne ensuite l’importance du schéma directeur des piscines qui a permis, selon lui, l’investissement de plus d’un million d’euros dans les piscines Saint-Joseph et Desautel, 3,5 millions d’euros dans la piscine Vallier et bientôt un million d’euros de plus dans cette même piscine pour une deuxième phase de travaux. 

Concernant les autres problèmes, comme les fermetures et le manque d’animation dans les piscines, Richard Miron a mis en avant la tenue d’une étude sur ce qu’il conviendrait de faire dans chaque secteur. Il a enfin souhaité démentir la volonté de privatisation de « toutes » les piscines de la ville, annoncée par Stéphane Mari, mais aussi le nombre d’enfants ne sachant pas nager. 

2. Logements sociaux et rénovation urbaine

C’est Antoine Maggio qui le premier a pris la parole sur ce sujet qui a longuement fait débat ensuite. L’adjoint des 13ème et 14ème arrondissements de Marseille délégué à l’urbanisme et au logement, et conseiller municipal Front National Marseille Bleu Marine a exprimé sa crainte, confirmée selon lui, que certaines zones de son secteur ne deviennent le « terrain de chasse des promoteurs immobiliers pour y construire des logements sociaux ». Il souhaite maîtriser la densification future de ce secteur et la rendre cohérente avec son environnement proche et juge nécessaire de réviser certains zonages. Ce à quoi Laure-Angès Caradec, adjointe au maire déléguée à l’urbanisme, au projet métropolitain et au patrimoine municipal et foncier, a répondu qu’il n’ y’a avait « pas de terrain de chasse des promoteurs. Ce n’est pas une ville où les choses se font à la légère. » L’élue a affirmé que la municipalité associait les maires de secteur à une concertation concernant les réflexions sur les modifications du PLU.

Florence Masse (conseillère municipale du groupe socialiste et apparentés) a quant à elle pointé du doigt la problématique de « l’urbanisation intense dans tous les arrondissements de la ville où il reste encore du foncier » mais également le fait de délivrer des permis de construire sans conditions et sans réfléchir aux questions « de voiries, des réseaux, des équipements scolaires et sportifs ou culturels. » Elle juge que la municipalité met « depuis 20 ans la charrue avant les boeufs. Et souhaite réaliser avec la municipalité une urbanisation plus sensée. » Jean-Claude Gaudin lui a alors répondu que leurs préoccupations étaient les mêmes, jugeant que sans construction, la ville ne pouvait attirer de nouveaux habitants. Laure-Angès Caradec a préféré pointer du doigt le gouvernement et la loi Duflot « qui demande la densification en supprimant les Cos (Le coefficient d’occupation des sols) et les tailles minimales de parcelles. »

« On ne laisse pas un enfant sur le bord du trottoir »

Samia Ghali, maire des 15 et 16ème arrondissements s’exprime à son tour sur le sujet. La sénatrice demande à pouvoir travailler conjointement avec des services de la mairie tels que l’éducation ou la petite enfance afin de pouvoir inclure dans les nouvelles constructions, des classes ou des écoles dans les secteurs qui en manquent. « Bien sûr qu’il faut construire des écoles supplémentaires, bien sûr qu’il faut des classes et des crèches supplémentaires répond Jean-Claude Gaudin avant d’ajouter : Nous nous efforçons de le faire en fonction de nos possibilités. Mais on ne laisse pas un enfant dans cette ville sur le bord du trottoir. »

Enfin concernant le rapport 95, portant sur le foncier dans le 9ème arrondissement, Stéphane Mari dépose un amendement. Il argumente en expliquant que « 80% des ménages marseillais ont un revenu inférieur à 2 500 euros net par mois. [...] Ces revenus ne permettent pas à de nombreux foyers d’accéder à la propriété. Avec 16,6% de logement sociaux, le 9ème arrondissement est un secteur qui ne respecte par les critères des lois SRU et Duflot (soit 25% de logements sociaux par arrondissement). » Stéphane Mari revient sur l’engagement de la Ville de Marseille de construire 1 500 logements sociaux par an, un engagement qu’il ne juge pas respecté. Il souhaite donner la priorité à la construction de logements sociaux intégrés dans des opérations immobilières, soit 9 logements de plus sur l’opération concernée par le rapport 95.

Une mixité sociale cohérente et une mixité économique 

Le maire du 9ème arrondissement de Marseille Lionel Royer-Perreaut répond à Stéphane Mari, d’abord en mettant en avant le fait que certains maires socialistes de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole ne respectent pas les quotas imposés de construction de logements sociaux. Le président du bailleur social 13 Habitat poursuit en se positionnant en faveur de la construction de logements sociaux et en faveur de la mixité sociale, mais « cohérente et qui s’insère dans le tissu urbain là où c’est possible et là ou c’est nécessaire ». Il juge que les maires sont contraints et n’ont pas de pouvoir de décision et estime qu’il ne serait pas « opportun de faire du logement social à deux pas de la prison des Baumettes ni à trois pas du quartier de la Cayolle  » prônant la mixité économique.

De son côté, Laure-Agnès Caradec complète en tentant de prouver que les quotas était largement respectés au regard de la loi SRU, mais aussi de l’offre ANRU. « Pour les trois dernière années la ville a versé plus de 6 millions d’euros pour la construction de logements sociaux. » La nouvelle présidente d’Euroméditerranée, épaulée par Arlette Fructus (déléguée à la rénovation urbaine, à la politique de la ville et au logement) met en avant la distribution de plus de « 5 000 chèques premiers logements » pour l’accession à la propriété, depuis la mise en place du dispositif. Un soutien de la Ville qui permet d’aider à hauteur moyenne de 9 000 l’accession à la propriété de certains foyers marseillais. 62 chèques premiers logements supplémentaires seront mis en place grâce au rapport 115. Finalement l’amendement de monsieur Mari n’est pas adopté.

3. Education et grève des agents Sodexo

Florence Masse a profité du rapport 138 relatif à la vie scolaire pour s’exprimer sur la récente grève des employés de Sodexo. « Monsieur le maire, un sujet qui va surement vous contrarier » a-t-elle prévenu d’avance Jean-Claude Gaudin. « A la différence de votre majorité, nous ne resterons pas silencieux sur ce qu’il s’est passé dans les écoles et dans les cantines depuis le 23 novembre. Car oui Monsieur le maire, le silence de la Ville de Marseille sur ce dossier a été assourdissant. » L’élue a reconnu qu’il s’agissait d’un conflit social qui ne pouvait être reproché à la Ville bien que celle-ci ne puisse pas, selon elle, « s’exonérer complètement de ses propres responsabilités ». Florence Masse fait référence au fait que certains parents aient été mis au courant tardivement et par hasard, et qu’une note ait été affichée seulement une semaine après le début du conflit par le prestataire. « Ils ne lisent pas La Provence » a alors répondu Jean-Claude Gaudin. Florence Masse reproche également un repas de substitution peu adapté aux enfants, « mangez froid et mangez des boîtes pendant plus de 15 jours ! » a-t-elle rétorqué aux mécontents. Le groupe socialiste demande des sanctions et le remboursement aux parents des repas qui n’ont pas été pris par les enfants durant le conflit. 

De son Sandrine D’Angio (Front National Marseille Bleu Marine) adjointe aux écoles de Stéphane Ravier, a regretté que la municipalité délaisse certains secteurs dans lesquels les écoles ont besoin de travaux. « Doit-on attendre qu’un enfant se blesse pour refaire les sols des cours ? qu’une école soit incendiée pour réaliser des travaux ? Ne serait-il pas préférable de réfléchir ensemble et de trouver des solutions en amont plutôt que d’agir dans la précipitation ? » a questionné l’élue Front national. Elle reproche un manque d’intérêt et du mépris pour les écoles des 13ème et 14ème arrondissements. Concernant la grève de cantine, Sandrine D’Angio pointe également du doigt les repas de substitution et le silence des services de la Ville. Elle demande également un dédommagement pour les familles. 

« Vous n’avez pas de baguette magique »

Karim Zeribi (élu Europe Ecologie les Verts) dénonce de son côté les conditions d’accueil des enfants dans certaines écoles, certains arrondissements. « Quelles mesures d’urgence allez-vous prendre » pour porter un plan, un programme, un calendrier précis pour mettre en sécurité les enfants ? « Evidemment vous n’avez pas de baguette de magique [...] mais j’aimerais avoir des réponses précises. »

Danièle Casanova, adjointe à l’éducation de Jean-Claude Gaudin tente de faire face à ces nombreuses interrogations en mettant en avant la rénovation et la réhabilitation de nombreuses écoles, la création de nouvelles classes et écoles mais aussi les discours mensongers, selon elle, à but électoraux de l’opposition. Concernant le problème Sodexo, Danièle Casanova explique qu’un accord rapide avait été trouvé entre les salariés et les agents grévistes après seulement un jour de grève, mais les chauffeurs ont pris la décision de continuer la grève malgré cette accord. L’adjointe explique que, plutôt que de demander aux parents de récupérer leurs enfants, la municipalité a préféré proposer des repas de substitution dont la traçabilité est assurée. Elle souligne qu’il s’agit du seul jour de grève en 11 années de collaboration avec la Sodexo. 

Jean-Marc Coppola (Front de gauche) a quant à lui mis en avant le droit de grève des agents. Il propose encore une fois de re-municipaliser la cantine scolaire. De son côté Jean-Claude Gaudin est revenu très longuement sur ce sujet, mettant en avant les arguments habituels, sa priorité pour l’éducation, les budgets accordés aux repas et leur gratuité pour de nombreux foyers – assumant le fait de proposer des repas adapté aux croyances de chacun – ainsi que les nombreux travaux réalisés partout tout au long de l’année.

(Illustration : capture d’écran du site marseille.fr)

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