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Paul Watson: «Tout le monde veut le changement mais personne ne veut changer»

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Paul Watson, inlassable défenseur de la biodiversité marine, était de passage à Aix-en-Provence. Nous l’avons rencontré.

Depuis plus de 40 ans, le Canadien Paul Watson se bat pour la sauvegarde de la bio diversité marine partout dans le monde. Co-fondateur de Green Peace qu’il a quitté pour fonder l’ONG Sea Shepherd en 1977, lui et les bénévoles militent activement en mer grâce à la flotte de bateaux dont l’organisation dispose partout dans le monde. Mis sur la liste Rouge d’Interpol par le Costa Rica et plus récemment par le Japon, il est en exil en France depuis fin 2014. Outre son mariage à Paris, il profite de ce séjour forcé pour multiplier les conférences et les rencontres dans tous le pays. Jeudi 21 mai, il était à Aix-en-Provence où il a rencontré les élèves du collège Mignet avant une conférence prévue le soir au Conservatoire.

Vous êtes en France parce que vous êtes sur la liste rouge d’Interpol, savez-vous quand votre situation sera régularisée ?

Paul Watson: Non je ne sais pas, le Japon m’a mis sur la liste pour avoir tenté d’empêcher la pêche à la baleine alors que le pays a été condamné par la Cour Internationale de Justice. Personne dans l’histoire n’avait été sur cette liste rouge pour cela, je n’ai jamais blessé personne, je n’ai jamais rien volé ni endommagé aucune propriété. Donc, parce qu’ils veulent que je leur fasse arrêter la chasse à la baleine, ils usent de leur pouvoir politique pour que je sois sur cette liste. Les USA et la France considèrent que c’est un engagement politique qui n’a rien à voir avec un crime, c’est pour ça que je suis en sécurité en France. Le Japon a mis deux personnes sur cette liste, un serial-killer et moi. Ils ont pensé qu’en s’attaquant à moi ils bloqueraient Sea Shepherd mais ils l’ont juste renforcé en le médiatisant encore plus.

Pourquoi faire toutes ces conférences dans le pays alors que vous êtes un homme de terrain?

P.W.: Je ne sais pas, je suis invité partout (rire). Après toutes ces conférences tournent autour de la manière dont les océans supportent l’activité humaine en terme de pollution, de pêche notamment. La protection de la biodiversité marine est évidement un thème central de mes interventions ainsi que les moyens de la protéger.

Vous intervenez également auprès de jeunes, c’est particulier pour vous?

PW: Les vingt, trente prochaines années donneront le monde dans lequel ils devront vivre. C’est eux qui ont le plus d’intérêt à être attentif à ces problèmes, à être sensibilisés aux conséquences qui les attendent si l’on ne fait rien. Plus les jeunes sont au courant mieux c’est, bien sur. Dans le passé il y avait plus de déni pour nos générations. Je trouve vraiment plus d’inspiration, d’écoute et de motivation chez les jeunes c’est certains.

En étant actif en multipliant ces conférences avez-vous des attentes vis à vis de la conférence mondiale sur le climat en décembre à Paris ?

PW: Je n’attends rien, j’espère qu’il y aura des changements. Après Stockholm en 1972 et Rio en 1992 rien n’a changé. C’est une opportunité pour la France et l’Europe de prendre leadership. Il y a des solutions qui peuvent être mises en place. Tout le monde veut le changement mais personne ne veut changer, donc il faut prendre des décisions fortes. J’espère que ce leadership se verra en décembre mais c’est aussi à nous d’en faire un succès.

Vous avez plus confiance en l’Europe et la France qu’en d’autres pays pour prendre justement ce leadership ?

PW: Quand on parle d’enjeux environnementaux, les USA, le Canada, l’Australie et les autres agissent de manière très réactionnaire. Ils n’y croient même pas en réalité. Ce leadership viendra de l’Europe et des pays européens avec le soutien de ceux d’Amérique du Sud et des îles du Sud Pacifique. Mais si l’on veut un réel changement, l’initiative devra nécessairement venir de l’Europe. Les autres ne feront rien de toutes façons.

Repères :

> L’ONG Sea Shepherd est implantée en France depuis 2006, Lamya Essemlali en est la présidente. Elle dispose de 15 groupes locaux dont un à Marseille, créé en 2010. Campagnes de sensibilisation, levées de fonds ou encore actions locales, comme le nettoyage de plages, font parties de ses activités. L’antenne marseillaise compte une dizaine de bénévoles volontaires actifs en plus d’un nombre plus importants de sympathisants. En Méditerranée, « la mer la plus dangereuse du monde pour les mammifères marins » en raison de la pollution et de la pêche illégale, selon la présidente, l’ONG élargie en ce moment ses activités. 

> Pour Erwann, membre de Sea Shepherd Marseille, le but de l’organisation est de « pallier les déficiences des États dans la protection des côtes et de la bio diversité marine qui sont un patrimoine mondial». Ainsi des opérations de nettoyage de plages ont été faites à Sausset, Carry-le-Rouet et une autre est prévue à Marseille durant l’été. Lui a également participé à une campagne aux Îles Féroé pour la protection des dauphins l’année dernière. La partie maritime de celle-ci avait entièrement été organisée par Sea Shepherd France entre juin et octobre 2014. Plus de 500 volontaires se sont relayés sur place, en mer ou sur les côtes, pour empêcher le massacre des dauphins et sensibiliser la population sur cette pratique vieille de «200 peut-être 300 ans » dans ces îles. Pendant un mois, il était sur place pour effectuer sa mission auprès des locaux. 

> Cet été, la campagne baptisée «Filets fantôme» démarre de Marseille. Elle verra une flotte de 5 navires aller récupérer des filets de pêches abandonnés en mer qui font des ravages en capturant les poissons.
Actuellement, un projet de collaboration avec des antennes italiennes et espagnoles de Sea Shepherd est en cours d’élaboration. Pour la présidente du groupe de Marseille, ce sera «une progression» qui permettra d’optimiser les champs d’actions en Méditerranée, mais il est encore loin d’être finalisé.

Illustration : Paul Watson avec sa femme dans les jardins du Pavillon Vendôme à Aix le jeudi 21 mai. Crédit RB.

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