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Pas en mon nom : pourquoi ça ne décolle pas (vraiment) en France

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Un jeune lycéen marseillais a tenté de relayer la campagne #NotInMyName (#PasEnMonNom) pour dénoncer les amalgames entre l’Islam et l’État islamique, qui tue des innocents au nom de la religion. Mais le mouvement peine à décoller sur les réseaux sociaux.

Les musulmans de France s’organisent face à l’horreur et aux amalgames. Après l’assassinat du guide de haute-montagne Hervé Gourdel en Algérie par le groupe djihadiste Jund Al-Khalifa, qui a fait allégeance à l’État islamique (également appelé Daech), un jeune lycéen marseillais a relayé le mouvement #Notinmyname (Pas en mon nom), lancé le 10 septembre par l’organisation britannique Active Change Foundation (ACF). Hamza Bensatem a 17 ans, il est interne au lycée Grand Bastide (9e arrondissement de Marseille) et a lancé une page Facebook pour appeler à des rassemblements dimanche 5 octobre, à Marseille et partout ailleurs en France.

En mai dernier, les médias l’avaient un peu oublié lorsqu’il avait co-organisé une marche contre le Front National (sauf Marsactu, qui lui avait consacré un excellent portrait). Cette fois-ci, France 3 lui consacre un article expliquant sa démarche : lui aussi veut « rejeter toute forme d’amalgame et réaffirmer qu’il n’y a qu’un seul Islam, respectueux des autres religions et interdisant l’assassinat d’autrui ». Contrairement à ce qu’affirme France 3 dans son article, la page n’a pas récolté « 13 000 abonnés en 24 heures » mais sur 22 000 invités, plus de 3 700 ont répondu qu’ils participeraient à ces marches, encore hypothétiques, qui doivent avoir lieu dimanche 5 octobre. Une autre page Facebook a été lancée pour se démarquer de l’État islamique. Pour l’instant, elle a réuni moins de 300 « j’aime ».

Les musulmans divisés sur l’attitude à adopter

Qu’est-ce que cela révèle ? Contrairement à la campagne britannique, le mouvement en France peine à démarrer et à rassembler, même si pendant la manifestation qui s’est déroulée à Paris vendredi 26 septembre, le hashtag #PasEnMonNom s’est hissé dans les sujets les plus tweetés en France. La vidéo mise en ligne par l’ACF a déjà été visionnée plus de 220 000 fois, tandis qu’en France, les musulmans sont divisés sur l’attitude à adopter face à l’EI.

Pourquoi faudrait-il à tout prix se démarquer, comme si l’Islam pouvait être confondu avec l’horreur et la barbarie ? Dans leurs messages, les internautes expriment une pointe d’ironie et un malaise, notamment via le hashtag #LesMusulmansSexcusent. Si bien que sur cette deuxième page Facebook, les administrateurs ont cru bon se justifier également : « Par cette page il n’est pas question de s’excuser des actes de l’État islamique. Il est simplement et purement question de se dédouaner en réaffirmant que non, l’EI ne représente pas l’islam et les musulmans et que de fait, il n’y a pas d’excuses à attendre des musulmans qui ne sont en aucun cas liés à ce groupe terroriste ! ». Rue89 a même dressé une liste des motifs de désolidarisations : « Comme si on demandait aux femmes de se désolidariser de Nabilla » ou « aux chrétiens de se désolidariser du Ku Klux Klan ».

Derrière cette bataille médiatique, un chiffre vient rappeler pourquoi le mouvement n’a pour l’instant qu’un succès modeste en France. Comme le rappelle le blog W.I.P. sur Slate.fr, les Français ne sont pas très engagés en ligne. Seuls 21% d’entre eux partagent chaque semaine une information, « quand les Italiens sont 44% à le faire ». Et 11% partagent des actualités, qui donc peuvent susciter des débats sur les réseaux sociaux. Bien souvent, ces débats ont plutôt lieu par mail et permettent à leurs auteurs de ne pas dévoiler au monde entier leurs convictions.

Problème : cette relative « passivité » de l’internaute et du citoyen lambda sur les réseaux sociaux laisse le champ libre aux militants véritablement engagés et donc, logiquement, à des propos plus extrémistes. Dans un combat où c’est le consensus qui devrait l’emporter, cela donne peut être une vision déformée de la réalité…

(Crédit photo : capture d’écran vidéo ACF)

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Localité(s) :

Marseille, 13

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Un commentaire

  1. Ce n’est pas pour nous déculpabiliser. Mais plutôt pour rejeter les actions de Isis qui disent agir au nom de l’islam.
    En tant que musulman nous avons une responsabilité de faire connaitre un coté plus beau et plus doux de notre religion. Ma religion et ma foi je la défend corps et âme. Alors je dis haut et fort que les atrocités faites par Isis ne seront pas faite en mon nom ni en celui de l’islam. Je ne me sent aucunement coupable de leur crime par contre je le dénonce! Pourquoi parceque j’aime ma religion et je ne veux pas qu’elle soit sali par des actes terroriste.
    #NotInMyName

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