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[Economie] Opération séduction pour attirer le groupe chinois Quechen Silicon Chemical sur le territoire métropolitain

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Depuis 1987, Marseille et Shanghai ont développé non seulement un jumelage, mais un véritable partenariat, liant ces deux métropoles sur bons nombres de pans, de la culture à l’économie. La prolongation de trois ans de cet accord laisse entrevoir des perspectives de business importantes, entre le premier port du monde et le leader français.

Lors de la cérémonie officialisant la ratification du partenariat étendu entre les deux cités, Jean-Claude Gaudin a vanté les mérites du bâtiment du XVIIe siècle, accueillant la mairie, et ayant résisté à la volonté allemande de détruire les bâtiments historiques de la ville. Cette histoire, racontée par l’édile français, vient rappeler que les liens, unissant Marseille à Shanghai, sont durables mais aussi que le vieux continent n’a pas dit son dernier mot. Voilà trente ans, que cette union a débuté, avec quelques réussites, notamment la création par Kedge de trois campus en Chine, ou encore les liaisons maritimes entre les deux villes : en 1992, lorsqu’un bateau de transport de marchandises,  emprunté toutes les deux semaines cet axe, il y en a cinq aujourd’hui. 

Médaille de la ville

Mais pour perdurer, ce partenariat doit voir encore plus loin. Outre des événements culturels ou sportifs, les ambitions de Marseille se sont déplacées du côté du business, eu égard à la réussite économique touchant la mégalopole de la mer de Chine orientale. 

12e forum économique des investisseurs chinois en France

En marge de la signature du partenariat reconduit pour trois ans, jusqu’en 2020, d’autres annonces ont été faites. Didier Parakian, adjoint au maire en charge de l’économie et des relations avec le monde de l’entreprise, a précisé « d’ores et déjà je peux annoncer officiellement la tenue, le 26 et 27 octobre 2017, du 12e forum économique des investisseurs chinois en France. Le but étant pour nous d’accélérer l’appétence des entreprises chinoises pour notre territoire.» 

L’enjeu est majeur. Avec des capacités d’investissements toujours repoussées et qui s’élevaient en 2016 à plus de 154 milliards d’euros, pour devenir le deuxième investisseur mondial derrière les Etats-Unis, la Chine représente une véritable source d’expansion pour la deuxième ville de France. Après Alibaba, et peut être bientôt Quechen, le 1er novembre sera inauguré le Marseille International Fashion Center 68 (MIF 68) « près de deux cents grossistes chinois seront installés dans cette zone, et M. Gaudin viendra couper le ruban, afin d’ouvrir ce lieu à tous les professionnels du sud de l’Europe souhaitant s’approvisionner en prêt-à-porter ».

Alors que semble se dessiner un véritable axe de business entre Shanghai-Marseille, la délégation chinoise a été invitée à visiter les principaux monuments touristiques de la ville. Cette démarche s’inscrit dans la droite ligne des annonces de Renaud Muselier concernant le développement du tourisme dans la région. La capitale provençale souhaite attirer des touristes toujours plus nombreux en provenance de l’empire du Milieu. Didier Parakian de confirmer M. Yong Ying «souhaite voir de ses yeux les monuments et lieux qui font l’attrait de notre territoire en matière touristique. Il a aussi été réceptif à notre port, le premier en France, qui dans le même temps accueille 2 millions de touristes chaque année.»  L’économie passe par le commerce, le business, le digital et de plus en plus par le tourisme.

À Marseille de saisir l’occasion d’attirer des vacanciers fortunés ayant désertés la capitale et l’hexagone, depuis l’année dernière. Et de poursuivre une coopération démarrée en 1987, sur le thème de la culture, du sport, et bien sûr du business. 

Jean-Luc Chauvin, le président de la CCI Marseille-Provence, revient sur ces deux jours avec la délégation chinoise.

Pouvez-vous nous expliquer la présence de la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille lors de ce partenariat ?
Jean-Luc Chauvin.
Il était important d’être présent car le maire de Shanghai est venu avec des représentants du monde économique de sa ville, pour voir notre territoire et voir ensemble comment développer des collaborations. À ce titre, la CCI, que je représente, a été invitée à l’ensemble des célébrations. C’est un moment important pour nous, car nous avons eu l’occasion de nous entretenir à nouveau avec l’un des dirigeants de l’entreprise Quechen. Et qui doit maintenant prendre une décision, nous espérons à la fin du mois de juillet, pour faire son choix définitif entre Rotterdam et le port de Marseille-Fos. Voilà un point important de ces deux jours, nous avons pu échanger, préciser et continuer à expliquer notre offre. Tout en vantant les atouts et attraits du territoire, d’autant que le consul général de Chine à Marseille était présent avec nous pour confirmer le bon fonctionnement de ce territoire et que celui-ci se trouve dans une dynamique positive de développement.

M. Que, le dirigeant de Quechen Silicon Chemical, a-t-il été réceptif à vos arguments?
J.-L.C.
Cela fait un an qu’il travaille sur le sujet. Depuis huit mois, me concernant. Effectivement, il semble réceptif. Il comprend de mieux en mieux ce qu’il se passe ici. Il vérifie chacun de nos propos, il est assez prudent. Mais chaque fois, il revient vers nous pour valider ce qu’on lui dit. On peut dire que nos discussions vont dans le bon sens. Rotterdam ne nous attend pas non plus. Il nous faut donc émettre des bonnes propositions. Pour nous ce qui est intéressant, depuis un an, c’est d’être confrontés au top niveau européen et de toujours être en course (Rotterdam est, en 2014, le 8e port du monde et le 1er en Europe, ndlr). Nous sommes en finale, après l’étude par le groupe Quechen de vingt-deux dossiers, et à chaque fois que nous nous rencontrons, nous avançons. Dans tous les cas de figure, nous aurons progressé avec toutes les offres collectives que nous faisons, puis nous aurons appris à être aussi compétitifs que Rotterdam. 

La CCIMP a-t-elle d’autres objectifs dans le cadre de ces rencontres ?
J.-L.C.
Bien sûr, il y a d’autres partenariats et opérations. Nous avons fait venir le géant de l’e-commerce chinois qu’est Alibaba au mois de mai. Nous étions, la semaine dernière, avec le barreau de Marseille et la chambre sino-française pour accueillir un colloque sur le droit et la découverte économique du territoire, en présence de barreaux du monde entier. Nous avons lancé vendredi dernier, avec le barreau et l’ordre des experts-comptables, la chambre d’arbitrage française, méditerranéenne, africaine et chinoise. Donc oui, il y a des objectifs de collaborations fortes avec une mission d’ouverture au monde très importante. Il y a déjà des entreprises à capitaux chinois implantées sur le territoire, elles sont devenues de véritables promoteurs. 

Que retenez-vous de vos discussions ? Sont-ils plus attentifs sur certains points que d’autres délégations ?  
J-.L.C.
Venant d’entrepreneurs chinois, cela peut paraître paradoxal, mais ils posent beaucoup de questions concernant l’organisation de notre droit social, d’autant que dans le même temps Rotterdam ne se prive pas d’insister sur de faux arguments, notamment la non-fiabilité du port de Fos. Puis ils s’intéressent beaucoup aux possibles aides qu’ils peuvent recevoir ou non, le fonctionnement du port, mais aussi les relations avec les autres compagnies pour mutualiser les utilities (électricité, eau…). Nous avons un certain avantage dans ce dossier avec le projet Piicto, ce dernier nous permet d’être compétitif, et même si nous ne concrétisons pas avec Quechen, dans tous les cas, nous allons devoir passer du projet à la réalisation sur ce dossier. Avec la volonté d’attirer d’autres entreprises chinoises. 

Les investissements de Quechen représenteraient quel montant ?
J.-L.C.
On parle ici d’une somme supérieure à 100 millions d’euros, les travaux seront confiés à des entreprises locales françaises. À terme, ce sont entre 120 et 150 emplois qui devraient être implantés sur le site. Le dirigeant de Quechen nous a indiqué qu’il ne serait pas impossible qu’une deuxième tranche voit rapidement le jour, avec 30 à 40 emplois supplémentaires. Ce dossier est important pour nous dans un premier temps, mais il peut surtout déclencher d’autres investissements dans un deuxième temps. Nous avons aussi émis un intérêt pour le projet  chinois de nouvelle route de la soie («One Belt, One Road» : projet de relier, par les voies routières, ferroviaires et fluviales, la Chine aux grandes villes européennes, russes, et asiatiques). Le territoire dans sa globalité, de la Chambre de commerce à la Métropole, travaille avec le conseiller diplomatique du préfet et le consul de Chine, pour intégrer rapidement le projet Belt and Road. 

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