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Maryline Bellieud-Vigouroux veut lancer la biennale de la mode en Méditerranée à Marseille en 2016

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Alors que la métropole se cherche des grands événements internationaux, Maryline Bellieud-Vigouroux propose un biennale de la mode en Méditerranée. Un très beau projet.

Alors que la métropole Aix Marseille s’apprête à entrer dans la biennale internationale des arts du cirque, l’infatigable Maryline Bellieud-Vigouroux, grande dame de la mode, reprend les armes. Celle qui dit « aimer prendre des risques »  veut à nouveau faire chavirer sa ville dans le ballet des frous-frous en organisant une grande biennale de la mode en Méditerranée. Marseille deviendrait alors capitale de la création en 2016 avec durant deux mois, workshop, conférences, expositions, défilés et marché professionnel.  Voilà le nouveau défi de celle qui déteste la routine et qui pétille quand elle évoque ses deux passions : la mode et Marseille.

Depuis 2010, Maryline Bellieud-Vigouroux est devenue la consultante de luxe de la Maison méditerranéenne des métiers de la mode (MMMM) créée cette année-là. Elle est désormais conseillère du président de la structure, en charge du mécénat. La MMMM (ou 4M) est installée depuis deux ans dans ses nouveaux locaux, 19 rue Fauchier dans le 2ème arrondissement de Marseille, entre la Porte d’Aix et La Joliette. En 2014, Matthieu Gamet, le dirigeant de la marque Kulte a pris les rênes de l’institution. Il a succédé à un autre professionnel de la filière, Jean-Brice Garella. Les financements provenant du secteur privé ont fait un bond en avant passant de 6 % en 2010 à 46% en 2014. Grâce pour beaucoup à Maryline qui a un carnet d’adresses en or et sait en jouer.

Un réseau cousu de fil d’or

Il faut dire qu’elle a patiemment construit son réseau. D’abord dans l’ombre de son mari, Robert-Paul Vigouroux, ancien maire de Marseille, prédécesseur de Jean-Claude Gaudin. A cette époque elle acquiert de l’entregent dans toute la ville et jusqu’à Paris. Son mari incarne une nouvelle modernité marseillaise hors des partis et des archaïsmes locaux. Elle, c’est la touche glamour dans un casting presque parfait. Maryline rayonne. François Mitterrand en personne est séduit.  Elle prend ensuite les rênes du Musée de la mode qui s’installe sur la Canebière. Un lieu splendide en plein centre, symbole d’une ville qui se rêve un nouveau destin. Robert Vigouroux, isolé politiquement, perd  finalement les élections en 1995 au profit de Jean-Claude Gaudin, qui 20 ans plus tard, tient toujours la ville. 

Qu’importe, son ex-épouse va continuer de faire rêver et d’entretenir la flamme d’une ambition locale intacte. A la tête du musée, elle développe ses relations dans la haute couture. Et fait venir le tout Paris pour les vernissages des expositions. Elle se lie avec Françoise Montenay présidente de Chanel, Karl Lagerfeld, Pierre Bergé  ou encore Sidney Toledano, le patron de Dior, qui n’a pas oublié ses années de collège à Saint-Charles. Les maisons Chanel et Dior s’impliquent et émargent au conseil d’administration de la MMMM.

60 créateurs déjà en résidence

Et elle n’en reste pas là, et tente un nouveau pari avec la création de la Cité euro-méditerranéenne de la mode. « On a testé avec cette nouvelle structure le potentiel de rayonnement économique de Marseille sur l’économie de la mode en Méditerranée. » Un peu plus tard,  faute de moyens suffisants, l’Institut Mode Méditerranée et la Cité fusionnent pour donner naissance à cette Maison méditerranéenne des métiers de la mode : un lieu hybride où se mêlent création, formation, expositions et émulation. Un incubateur à start-up est installé avec 60 entrepreneurs en résidence. Un tel vivier démontre la vitalité du secteur à Marseille. « Nous voulons donner un coup de projecteur sur ce bouillonnement. C’est exceptionnel et cela mérite une grande manifestation internationale. »  Car Maryline n’a pas revu ses ambitions. Au contraire. Elle veut se servir de toute l’expérience accumulée pour mettre en lumière ce qui a parfois encore du mal à dépasser nos frontières. 

Alors que les secteurs d’excellence du territoire s’organisent en filière, que les collectivités multiplient les initiatives pour soutenir les clusters et autres pôles de compétences, les autorités locales semblent, étrangement, considérer la mode avec une certaine légèreté.  Presque comme une danseuse que l’on vient aimer le temps d’un défilé. Les aides publiques n’ont jamais été aussi faibles. « Comment peut-on imaginer que la ville de Marseille ne donne rien à la MMMM alors que nous sommes aidés à Paris par les grands noms de la haute couture »  s’interroge  Maryline Bellieud-Vigouroux, avec son franc-parler et son assurance d’ancienne première dame locale. 
Mais comme si ce désamour la galvanisait, elle joue à nouveau de son réseau pour convaincre. « J’ai vu les conseillers de François Hollande, de la ministre de la Culture. Ils nous soutiennent. » Et les rendez-vous se multiplient aussi avec les acteurs locaux, avec le Frac, la Friche. Une première rencontre vient d’avoir lieu avec Cécile Aubert, la directrice des affaires culturelles au Conseil général des Bouches-du-Rhône.

Mettre en valeur toute une génération

Pour échafauder un pré-programme, Maryline travaille avec un cercle restreint mais prestigieux : Jéromine Savignon, historienne de la mode et du goût, qui vient d’écrire un livre sur le cabinet de travail d’Yves St Laurent, a été choisie comme commissaire générale. Bernard Blistène, ancien directeur des musées de Marseille, créateur du Mac, et aujourd’hui patron de Beaubourg apporte ses connaissances et compétences. L’architecte star Rudy Ricciotti participe également à la réflexion avec son regard unique sur les choses et les matières. « Nous voudrions que le fil rouge de la biennale soit Marseille et que les créateurs méditerranéens mais aussi du monde entier viennent célébrer la ville, expliquer comment elle les inspire » souligne Maryline Bellieud-Vigouroux, qui avoue un penchant pour la nouvelle génération locale de quadragénaires, emmenés entre autres par Emmanuelle François (Sessùn), Mickaël Azoulay (American Vintage), Olivier Gas (DG de Gas Bijoux), sans oublier bien sûr Matthieu Gamet.

L’organisation de la manifestation n’est pas encore calée dans le détail. Mais « nous imaginons une biennale se déroulant sur deux mois, ponctuée par des expositions, conférences, défilés, workshops et une semaine de temps forts concentrant une multitude d’événements et de spectacles. » Un must, à l’heure où les acteurs culturels et économiques cherchent des événements ambitieux pour capitaliser sur le succès de l’année capitale européenne la culture 2013. 

La mode à Marseille : quelques dates clés :

> 1988 : Création de l’Institut Mode Méditerranée (IMM)
> 1989 : Ouverture du Musée de la Mode présidé par le couturier Azzedine Alaïa
> 1993 : Création de l’Espace Mode Méditerranée (EMM)
> 2006 : Création de la Cité Euroméditerranéene de la Mode (CEM)
> Novembre 2010 : Fusion de L’Institut Mode Méditerranée (IMM) et la Cité Euroméditerranéenne de la Mode (CEM) : Maison méditerranéenne des Métiers de la Mode

Les actions phares de la MMMM

> M Major : concours créé il y a 17 ans ouvert aux entreprises de mode de la région Provence Alpes Côte d’Azur. Qui existent depuis plus de deux ans et réalisent un chiffre d’affaires de 80 à 300 000 euros. Les deux lauréats sélectionnés chaque année sur un projet de développement bénéficient d’une bourse totale de 40 000 euros et de conseils et formation par des experts durant deux ans (56 heures au total).
>Le Mediterranean Fashion Prize. Créé en 2010, l’objectif est de « fédérer une nouvelle génération d’entrepreneurs de mode reliés par la Méditerranée et faire de la cité phocéenne le révélateur de tous ces talents. » Depuis quatre ans, 31 jeunes marques ont été ainsi révélées et accompagnées par des experts référents. Inédit en Europe, un premier outil d’entrainement et de coaching en ligne a été lancé (www.mfprize.org). Le prochain appel à candidature sera lancé en janvier 2015.
> Un lieu de formation. Aix Marseille Université est la seule université en France à proposer un cursus complet dans le secteur de la mode de la licence au master. Ce cursus comprend une licence professionnelle « gestions et développement des produits de la mode créée en 2005 à l’IUT d’Aix-en-Provence (25 étudiants). Un master 1 et 2 des métiers de la mode et du textile (50 étudiants). A noter également que l’Institut international de la création et de coupe (IICC) a installé dans les locaux un atelier de création pour ses étudiants.

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Localité(s) :

19 Rue Fauchier, 13002 Marseille, France

Auteur

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