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Cinq choses à retenir sur Jean-Noël Guérini et sa liste aux sénatoriales

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Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et sénateur sortant, Jean-Noël Guérini, vient de dévoiler sa liste pour les sénatoriales du 28 septembre 2014. Autonome du PS, il joue la carte de la « promixité » et s’engage résolument contre la métropole d’Aix-Marseille-Provence. Explications.

« Hier, on était à Eyrargues, le coffre rempli de pommes et de melons. Ah… on a mangé l’aïoli aussi, ça envoyait ! ». Qu’on se le dise, Jean-Noël Guérini fait une campagne de « proximité » et ne craint pas la caricature. Il se sent « bien dans sa tête », surement pas inquiet à l’évocation de son procès, qui s’ouvrira le 13 octobre 2014, soit deux semaines après les élections sénatoriales. Avec cette campagne, le sénateur sortant, qui a « démissionné » du PS après y avoir mené tous les combats, reprend son souffle. Il emmène tous ses colistiers dans son break pour sillonner les petites communes de la métropole, qu’il combat et juge « ridicule ». Et sa liste Faire gagner les Bouches-du-Rhône reçoit, dit-il, un « accueil merveilleux ». « Pendant cette campagne, on aura visité la quasi totalité des 119 communes des Bouches-du-Rhône », s’enorgueillit-il devant la presse pour la présentation de ses sept colistiers.

D’abord solennel, il fait ensuite feu de tout bois : les socialistes, le gouvernement, la justice, les dernières municipales, la métropole, tout y passe. Même s’il ne veut pas se projeter, il a de grandes chances d’être réélu, y compris sans l’appui du PS, puisqu’il est désormais soutenu localement par le Parti radical de gauche (PRG). « Je suis superstitieux, je ne suis pas capable de faire de pronostic (…) Mais on envisage un résultat très honorable », prévient-il, prudent. Un pied de nez supplémentaire à ses ex amis socialistes qui, eux, risquent de tout perdre.

  • QUI SONT SES COLISTIERS ?
Guérini sénatoriales

Document de campagne de la liste « Faire gagner les Bouches-du-Rhône »

Essentiellement des maires des communes du département, tous hostiles à la future métropole d’Aix-Marseille-Provence. Des petites communes, pour certaines (Meyrargues, 3 625 habitants ; Lamanon, 1 823 habitants ou Saint-Paul-lez-Durance, 947 habitants), qui s’opposent à la ville-centre, Marseille. Yves Vidal, maire de Grans, explique par exemple qu’il ne veut pas « payer pour les erreurs des élus de Marseille de tous bords », en pointant du doigt la métropole, qui serait selon lui une « rupture avec la démocratie ». Ami « de trente ans » de Jean-Noël Guérini, il est maire depuis 1987, fut député entre 1988 et 1993 et vice-président de la région Paca entre 2007 et 2010. Il a quitté le PS en 1991 pour rejoindre le PRG.

Aux côtés de Jean-Noël Guérini, des radicaux de gauche bien sûr, mais aussi des ex-socialistes donc, comme Michel Amiel, maire des Pennes-Mirabeau. En 2013, il rend sa carte du PS pour protester contre la mise en place de la métropole : « Les socialistes ont combattu la loi Sarkozy pour la métropole et ils en font une encore plus dure ! », explique-t-il pour justifier son départ. Dans cette grande famille de gauche, également Georges Jullien, maire communiste de Noves. Quant à la maire d’Auriol, Danièle Garcia, elle n’a jamais adhéré à un parti politique et apprécie Jean-Noël Guérini pour son « pragmatisme » : « Il tient toujours ses engagements et va se battre contre la métropole ».   

  • QUELLE EST SA POSITION SUR LA METROPOLE D’AIX-MARSEILLE-PROVENCE ?

C’est le point central de ce rassemblement : l’opposition à la future métropole d’Aix-Marseille-Provence, que Guérini qualifie de « technocratique ». Et donc la défense des communes, de leurs « valeurs » et de leurs « traditions». Sans surprise, Jean-Noël Guérini se présente comme un candidat « anti-métropole ». « Aux conséquences de la progression continue du chômage s’ajoutent aujourd’hui les aléas de la mise en place autoritaire d’une métropole. Certains ont voulu la présenter comme le remède miracle qui allait sortir Marseille de ses difficultés », professe-t-il. Il reproche au gouvernement d’avoir fait des « promesses » qu’il ne tiendra pas.

Les maires, apaisés par les avancées de la ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu, qui pilote la réforme, sont forcés de reconnaître que la métropole d’Aix-Marseille-Provence a de fortes chances de voir le jour. La loi a été votée à l’Assemblée nationale puis au Sénat. Mais ils veulent désormais peser sur son contenu. Et notamment ses compétences. Aujourd’hui, la loi lui en attribue 73. Parmi elles, les maires sont prêts à combattre pour conserver la maîtrise du droit du sol dans leur giron. Yves Vidal ajoute : « Tout le monde parle de la métropole lyonnaise mais Lyon apporte de l’argent aux villes autour. Nous, on vient nous ponctionner, c’est tout l’inverse ! » Un conseil paritaire de projet a été mis en place pour débattre mais aussi recueillir les aménagements souhaités par les élus. Les commissions sont en place, elles travaillent. Dans les prochaines semaines, un texte doit être présenté à la ministre.

  • QUELLES RELATIONS ENTRETIENT-IL AVEC LE PS ?

« Je suis un homme libre. Je l’étais déjà avant, mais je le suis encore plus maintenant. » Pour mettre en scène son indépendance, Jean-Noël Guérini était allé jusqu’à annoncer lui même, sur Twitter, qu’il démissionnait du PS… la veille de son exclusion. Depuis, l’homme politique a créé une association, La Force du 13, destinée à rassembler les citoyens de tous bords, hormis les extrêmes. « Je n’ai pas tourné une page, j’ai fermé le livre. Je ne me considère plus en adéquation avec le parti socialiste », insiste-t-il.

Il y a six ans, en 2008, ils figuraient pourtant tous sur la même liste. Cela avait permis à cinq sénateurs socialistes d’aller à la Haute assemblée, notamment grâce au raz-de-marée rose des municipales la même année. Cette fois, c’est tout l’inverse. La droite a gardé Aix-en-Provence et Marseille et gagné Salon-de-Provence et Aubagne aux élections municipales de mars 2014 et le PS craint de perdre tous ses sièges. Samia Ghali sera-t-elle réélue, elle qui figurait en quatrième position sur la liste de Jean-Noël Guérini en 2008 ? « J’en doute », confie Guérini, qui rappelle que c’est grâce à lui que son ancienne amie est là où elle est : « Samia Ghali, je l’ai faite et j’en suis fier ! J’ai voulu qu’elle soit quatrième (en 2008, ndlr), c’était ma décision », tonne-t-il.  

Quant aux dernières municipales, dont le résultat laisse espérer au maire du 7e secteur, Stéphane Ravier (FN) son premier siège au Sénat, Guérini ne veut pas « refaire le match », d’autant qu’il n’a pas participé à la campagne. À peine ose-t-il pointer le fait que ses colistiers, eux, ont été « brillamment réélus ». Mais également pointer les « responsabilités » de chacun : « La faute à qui ? J’accuse Patrick Mennucci d’être responsable de l’élection d’un maire FN à Marseille (Garo Hovsepian, maire PS sortant, avait refusé de désister en faveur de l’UMP, ndlr). Si demain, on a un sénateur frontiste, c’est la faute de M. Mennucci ». Et de continuer : « Vous imaginez, quelle honte si notre département était le premier à envoyer un sénateur FN ! Quelle image… »

> Lire aussi : Pourquoi Stéphane Ravier fait campagne contre la métropole d’Aix-Marseille-Provence

  • SOUTIENDRA-T-IL LE GOUVERNEMENT ?

Jean-Noël Guérini ne veut pas s’avancer sur les semaines à venir. « J’attendrais que le dernier bulletin soit dans l’urne », dit-il, pour mieux noyer le poisson. Impossible dès lors de lui faire dire s’il siégera ou non avec le PRG, qui le soutient localement, dans le groupe RDSE (Rassemblement démocratique et social européen). « C’est un accord départemental », a affirmé Michel Dary, le président départemental du PRG. « C’est déjà pas mal », a tenu à ajouter Jean-Noël Guérini, qui n’est pas encore sûr d’être accepté nationalement.

Une chose est claire, sa position vis-à-vis du gouvernement n’est pas définie une fois pour toutes. Le soutiendra-t-il ? « Je n’ai pas une position politique aussi tranchée, nuance-t-il. Je suis opposé à la métropole que je trouve ridicule, je suis opposé au désengagement de l’État ». Ses points de discorde avec le gouvernement et notamment avec François Hollande sont donc nombreux. Pendant l’élection présidentielle, ce dernier réclamait que « la justice passe ». 

  • OÙ EN EST-IL AVEC LA JUSTICE ?

À chaque fois, il a botté en touche : « J’ai confiance en la justice. Laissez faire le travail de la justice ». Son procès, le 13 octobre 2014, l’empêchera-t-il d’exercer son mandat ? « Chaque chose en son temps ». Le clientélisme dont on l’accuse, en tant que président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, place stratégique pour distribuer des subventions aux petites communes ? 235 millions d’euros d’aides sont attribués chaque année aux communes. « On m’a accusé de tout ! Mais lorsqu’un maire a des projets, nous, au Conseil général, nous devons être à côté des communes (…) Sans le Conseil général, où en seraient les communes ? Mais je ne me promène pas avec deux chéquiers comme je l’ai entendu dire ». Jean-Noël Guérini, qui préside toujours le Conseil général des Bouches-du-Rhône, l’assure : ses ennuis judiciaires, « les gens s’en foutent ». Pas sûr, quand on sait qu’une pétition pour refuser que les frais de justice du président du Conseil général ne soient pris en charge par la collectivité, réunit plus de 60 000 citoyens. « Je n’ai de leçon de morale et d’éthique à recevoir de la part de personne », conclut-il.

Le 13 octobre prochain, il comparaîtra à Marseille pour son premier procès. Jean-Noël Guérini est soupçonné d’avoir fait bénéficier d’un licenciement de complaisance l’un de ses conseillers, Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral du PS dans les Bouches-du-Rhône, également mis en examen dans cette affaire, afin qu’il puisse se présenter aux législatives de juin 2012. Par ailleurs, il a été mis en examen le 8 septembre 2011 pour « complicité d’obstacle à la manifestation de la vérité, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence et association de malfaiteurs » et le 3 juin 2013 dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône et en Haute-Corse. Son futur mandat de sénateur risque donc d’être agité.

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Localité(s) :

Place aux Huiles, 13001 Marseille, France

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La métropole d'Aix-Marseille-Provence doit voir le jour le 1er janvier 2016. Vous ne vous sentez pas concerné ? Marseille, Aix-en-Provence, Aubagne, Martigues, Istres, Salon-de-Provence... si vous avez l'habitude de passer d'une ville à l'autre, vous êtes peut-être plus métropolitain que vous ne le pensez. Pour le savoir, faites le test !

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