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Rythmes scolaires houleux ? Rien à signaler du côté de Gardanne !

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Alors qu’une nouvelle manifestation des parents est prévue vendredi 12 septembre à Marseille, la municipalité de Gardanne est très fière d’annoncer à la presse et à ses voisins dissipés qu’elle a réussi son passage aux nouveaux rythmes scolaires. GoMet’ est allé scruter de plus près cet exemple presque surprenant. Reportage.

Nous sommes venus vous annoncer que les trains de Gardanne arrivent à l’heure. Que tout est bien qui commence bien à l’agenda par ailleurs désorganisé de la rentrée scolaire. C’est en substance le propos qui a justifié la tenue, jeudi 11 septembre 2014, d’une conférence de presse tout en autosatisfaction : « Alors que les sorties du maire de Marseille sur l’application des rythmes scolaires ont fait polémique il y a quelques jours, alors que d’autres villes comme Fos-sur-Mer bruissent de désaccords… 1 168 petits Gardannais de primaire ont fait leur rentrée avec une réforme préparée de longue date et concertée avec enseignants et parents », écrivent-ils en tête du communiqué adressé aux journalistes. 

De troubles scenarii…

La cacophonie, le bruit, le désordre, la pagaille, le capharnaüm, le truc de fou même… la langue française regorge d’alternatives pour qualifier ces scénarii auxquels font face les acteurs de la vie scolaire de La Ciotat à l’Étang de Berre. Ainsi en va-t-il de l’histoire composée par René Raimondi. Le maire de Fos-sur-Mer, soutenu par les parents d’élèves, tend à faire de la commune un énième village gaulois résistant à la refonte des rythmes. Au cours de l’été, il en a refusé clair et net l’application, conforté par le vote du conseil municipal. L’élu a ensuite engagé un bras de fer avec le préfet chargé de faire appliquer la loi sur les territoires. Avant d’inviter les parents, depuis le 2 septembre 2014, à ne pas conduire leurs enfants à l’école le mercredi matin.
À Marseille, l’histoire semble avoir été rédigée à la hâte. Le 25 août 2014, soit à quelques jours seulement de la rentrée, la municipalité a indiqué ses modalités d’application de la réforme, concédant toutefois un lièvre, déjà soulevé au cours de l’été : la mise en place des activités périscolaires sur l’ensemble de la ville ne sera pas immédiatement effective et efficace. Peut-être avant la fin de l’année, avec un peu de chance.

Un exemple positif

Et puis la ville de Gardanne est arrivée, son communiqué réjouissant dans les tuyaux, proposant aux intéressés un autre récit, enthousiaste celui-ci. Difficile à croire aussi, à quelques minutes seulement de la sortie des élèves de l’école Château Pitty, à 15 heures, jeudi 11 septembre. Le ciel est lumineux, la chaleur presque suffocante. Dans la cour de l’établissement, deux à trois adultes discutent au milieu d’un silence presque inquiétant. Pas un bruit, pas un chat.
Un maire et son adjoint en charge de la scolarité passent alors le portail d’entrée. Et reviennent sur un démarrage qu’ils estiment avant tout autre chose à la hauteur des enfants : « Sur le fond, nous sommes opposés à cette réforme des rythmes scolaires. Mais la loi est passée. Et nous ne souhaitions en aucun cas prendre en otage les enfants. C’est pourquoi nous avons travaillé à tirer de cette mesure négative des éléments positifs », explique Roger Meï, le maire de Gardanne. Avant de préciser que son adjoint en charge de la scolarité serait plus à même d’en détailler le dispositif technique parce que « tout cela, c’est compliqué ». À qui le dit-il !

> Anthony Pontet, adjoint en charge de la scolarité, a mené les débats à Gardanne :

« Dès le 1er juin 2013, la ville de Gardanne a entamé des concertations avec l’ensemble des acteurs concernés par cette réforme : parents d’élèves, enseignants, élus, personnels municipaux… Nous avons sollicité les parents à travers un questionnaire, avec un taux de retour de 67 % ; puis organisé des réunions thématiques et des débats publics. Suite à ces allers et retours s’est dessiné l’emploi du temps proposé aux enfants en 2014/2015. Les activités périscolaires, gratuites pour tous, y sont regroupées sur un après-midi par semaine, différent selon les écoles. Les 34 animateurs proviennent directement de nos services : nombre d’entre eux intervenaient jusqu’alors à la pause méridienne dans le cadre d’un contrat de vacataire. Nous avons finalement profité de cette réorganisation pour leur proposer un CDD jusqu’à la fin de l’année, bien moins précaire. Et, si tout se passe bien, ces contrats-là devraient basculer en CDI l’année prochaine. Tout compris, cela coûte 500 000 euros. »

Des activités périscolaires au coeur du processus 

Anthony Pontet termine à peine sa phrase que déjà, les enfants sifflent, crient, hurlent le temps de la récréation. La fin du silence et du no man’s land. Ça grouille de monde. Dans tous les sens, ils vont et ils viennent. Sans savoir vraiment pourquoi : « Je sais pas ce qu’on va faire maintenant », affirme Thibaut, 9 ans. Et Anaïs, 9 ans aussi, excitée, de lui couper la parole : « Je suis sa sœur. Moi, je sais : on va faire du sport et on va se reposer ». Un peu plus loin, sur un muret, s’agite Enzo, 9 ans toujours : « Je crois que je vais aller faire de l’art plastique ». « Mais non, on va aller au parc », corrige Clara, 9 ans. « J’aimerais courir et faire du sport », continue-t-elle. Et Enzo : « C’est bizarre pour une fille de vouloir courir…». Contrairement aux apparences, ce semblant d’éparpillement a du sens : une quinzaine de minutes après leur sortie de classes, les 80 élèves inscrits aux activités périscolaires forment cinq groupes, certes toujours aussi bruyants, mais bien dessinés.

Regardez : Les petits Gardannais découvrent leurs activités sportives et culturelles

Jeux de société, sports, activités scientifiques, arts plastiques : les enfants sont invités à découvrir, probablement jusqu’à la Toussaint, l’ensemble des activités qui leur seront proposées à plus longue échéance. À terme, un cycle leur sera imposé, comme une contrainte au service de la nouveauté. Un éveil à la curiosité encadré par 34 animateurs, parmi lesquels Manon. Détentrice du BAFA, la jeune femme de 21 ans travaille auprès des enfants, à Gardanne, depuis 2009. Et tout ce brouhaha ne l’effraie pas : « À 20 ans, on a encore suffisamment d’énergie ! J’aime le contact avec ces petits plein de vie ». Manon, ainsi que l’ensemble de ses collègues, s’inscrit dans un dispositif qui tend à positionner les animateurs au cœur aussi des préoccupations de la municipalité. Par la place qui leur a été accordée dans le processus de réflexion.
Valérie Laurent, directrice du service éducation à Gardanne, explique :

« L’application de cette réforme implique de nombreux bouleversements pour le personnel. Nous avons donc souhaité les mobiliser pleinement via des cessions de formation, la stabilisation de leur contrat, des échanges permanents. Pour se faire, un coordinateur est chargé de faire le lien entre les directeurs des « temps d’activités périscolaires » (TAP) associés à chacune des 13 écoles de la commune. Et, depuis la rentrée, une réunion publique est organisée tous les soirs, à la fin de ces nouveaux temps, afin de débriefer mais aussi de répondre aux questions des parents. Nous sommes encore en période de rodage. »

Le jour de la rentrée, plus de 1 200 gardannais étaient ainsi inscrits pour les activités. Ce nombre n’a depuis cessé de croitre, selon les écoles, de 60 % à 80 % de la totalité des 1 168 élèves.

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Localité(s) :

Gardanne, 13

Auteur

Journaliste à GoMet'

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