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[L'entretien] Marc Pietri (Constructa) : « Les Marseillais qui ont réussi sont en train de revenir »


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H99, Horizon, Constructa, Marseille et la Métropole… Nous publions aujourd’hui le dernier volet de l’entretien réalisé avec Marc Pietri, le président du groupe diversifié dans l’immobilier Constructa.


Revenons à Marseille. Comment faites-vous pour « vendre » la ville aux investisseurs ?

M. P. Une ville. C’est d’abord ses infrastructures. Le TGV c’est la révolution. Mais l’aéroport avec 135 destinations, c’est aussi la révolution. Le fait que l’on puisse traverser Marseille en sept minutes alors qu’avant il fallait deux heures, c’est aussi une révolution. Toutes ces révolutions ont engendré des flux. Marseille a beaucoup d’autres choses. La ville est sans doute la capitale européenne de la santé. C’est très difficile d’avoir une cardiologie, pneumologie, cancérologie, l’immunologie, les maladies infectieuses, les maladies rares sur un même site… Une université avec 70 000 étudiants, la plus grosse de France. Et il y a toujours eu ce potentiel. La première greffe elle s’est faite ici. On prend toujours les Marseillais pour des incultes, c’est faux ! Marseille est une ville très cultivée. Le théâtre du Gymnase c’est 19 000 abonnés. 


En fait c’est toujours pareil. Vous allez prendre un investisseur à la gare St Charles et vous allez le faire déjeuner au bord de l’eau. L’immobilier commence d’abord par un site et un climat. Le type il se trouve mieux ici qu’à Cambrai… Après il y a tous les fantasmes. C’est très difficile, c’est très malsain car Marseille est surement l’une des villes les plus saines de France. Je défie quiconque, dans les 7 milliards d’investissements, les 500 000 mètres carrés de bureaux, les 4000 logements d’Euromed 1 de démontrer qu’il a été l’objet de pression, de demandes… ce n’est pas vrai. Marseille est une ville éthique. Les tirs de kalachnikov ça n’a rien à voir. Marseille c’est maintenant la métropole. C’est Airbus, c’est Iter, c’est des gens comme Daher… Il n’y a qu’à voir comment les Marseillais ont réussi. Et maintenant ils sont en train de revenir. Sodexho c’est la première entreprise mondiale dans son secteur. Et il faut toujours un homme qui sonne la charge. Qui dit : « bon maintenant c’est terminé, on arrête de reculer. » Et cet homme, c’est Jacques Saadé (le président du groupe de transport maritime CMA-CGM, NDLR).


Pourquoi ?
M. P. : D’abord, il devient deuxième armateur mondial, il emploie ici 3000 personnes, 15 000 en tout. Il a dépensé 450 millions dans son siège. Des années 80 à 2000, Jacques Saadé a été l’animateur de la vie sociale à Marseille. C’est lui qui a relancé les diners en smoking et robes longues. C’est lui et sa famille qui ont relancé les croisières. Les Saadé ont été la pierre angulaire du renouveau sociétal de Marseille. C’est dans leur nature de faire la fête, de bien s’habiller, de recevoir.


Le groupe Constructa aujourd’hui conserve-t-il des activités aux Etats-Unis ?


M. P. Les Etats-Unis nous ont créé un « track record » que personne n’a en France. C’est d’ailleurs pour ça que les médias l’ont totalement ignoré [ironique]. Personne ne vous dit que c’est un Français, Marc Pietri, qui a fait le Sofitel à New York. 


Vous n‘avez pas chercher non plus à beaucoup communiquer sur vos réalisations. Pourquoi ?

M. P. Effectivement, notamment par superstition, notamment par doute, en pensant que si on communique, il va nous arriver des emmerdements. Parce qu’aussi il y a chez nous beaucoup pudeur. Nous savons trop bien qu’une opération immobilière, il y a des hauts et des bas, que c’est cyclique. Pour être promoteur il faut avoir de la chance. Si vous n’avez pas de chance, vous êtes mort. Cette chance on tente de la provoquer, pas dans la communication, en se disant « pour vivre heureux vivons cachés. » Pour tous les grands opérateurs et investisseurs, on reste la référence en France. Alors qu’en France, on est la référence de rien du tout. Même si ça commence à venir… JP Morgan il est venu mettre 300 millions d’euros ici parce que c’était Marc Pietri. Parce que l’on partage quelque chose. 


Revenons à Constructa aujourd’hui, vous n’avez plus d’activités aux USA ?

M. P.
Non. Il y a Genève et on va s’installer au Maroc pour développer la prestation de service en tant qu’assistant à maîtrise d’ouvrage.

L’activité internationale ne vous manque pas ?
M. P. Non pas du tout. Car on ne peut pas tout faire. Je suis une catégorie de personne qui veut être sur le terrain. Il faut que je comprenne les choses, il faut que j’ai un rapport charnel avec les projets. Et donc je ne peux pas faire cela sur la totalité du monde. 


D’autres pourraient faire le développement international à votre place ?

M. P. Peut-être, mais on a tellement de boulot ici. Ou alors il faudrait que l’on aille en Bourse, que l’on soit une multinationale.

Ce n’est pas une tentation ? Vous ne voulez pas d’une course à la croissance ?

M. P. Non, je suis de plus en plus dans une course à la qualité des projets. Si on grandissait trop, on perdrait notre âme. J’aime connaitre ceux qui travaillent avec moi. Au fond, je suis un vrai patron de PME. Et puis il faut savoir que ce métier de promoteur, c’est le seul, à quelques exceptions près, où vous ne pouvez pas dupliquer.C’est très important. Entre cet immeuble et l’autre c’est pas la même chose. A chaque fois vous faites une épreuve d’artiste. Alors vous pouvez industrialiser les process. Oui d’accord, sauf qu’un projet ça reste un projet. Ca reste un métier artisanal.



L’arrivée de nouveaux actionnaires ? Vous dites non définitivement ?


M. P. Premièrement, aujourd’hui, ce que je dis, et encore une fois avec beaucoup d’humilité, de superstition : je ne suis pas vendeur. Mais personne ne sait ce que nous réserve la vie. Deuxièmement, je suis pour la transmission et si je veux être raisonnable dans la transmission, il faudra que je trouve un partenaire financier. Celui-ci doit être institutionnel et m’aider à accroitre mon développement. Je ne veux pas d’un opérateur. Je crois que nous avons une marge de développement très significative. Chacune de nos sept filiales dispose de réserves de croissance.


Alors que la tour La Marseillaise pousse à « vue d’oeil », on ne parle plus du tout de l’immeuble de prestige H99. Où en êtes-vous ?


M. P. Oui, les travaux avancent bien pour La Marseillaise. Un niveau tous les huit jours. Il reste deux tours à réaliser. Horizon et H99. Et on a décidé, ça va paraitre étonnant, de les lancer en même temps. H99, c’est un problème très simple : tant que je n’avais pas sorti La Marseillaise dans laquelle j’ai encore des actions, notre famille n’avait pas les moyens de lancer une deuxième ou une troisième tour. Maintenant, c’est fait et on va attaquer H99. Nous en avons profité pour la réinitialiser. On la remis au goût du jour. C’est exactement les mêmes prestations, le même concept, mais on a été plus loin. C’est à dire qu’on a essayé d’améliorer son rendement. Et donc le projet arrive à terme pendant l’été pour engager une forte relance à partir du 1er trimestre 2017. On a déjà commercialisé 38%, les banques nous demandent 50%. Nous prendrons certainement un partenaire. 
La tour Horizon, c’est du logement également mais à des prix inférieurs; H99 reste du très haut de gamme. 


Vous continuez à penser qu’il y a la place sur Marseille pour ce type d’offres ?

M. P. Oui quand je vois les 5 800 contacts, fichés sur cette opération, on a un rapport permanent, tous les mois, avec 2 200 à 2 400. L’autre jour, l’un des réservataires me dit au Cercle des nageurs : « Monsieur Pietri, je vis grâce à vous dans l’espoir car je ne n’imagine pas habiter autre part. Vous savez qu’au premier coup de pioche vous aurez tout vendu. » Le vrai problème de la promotion, c’est la date de livraison. Je viens de lancer un chantier de 58 logements au bord du lac à Aix-les-Bains. Il a fallu 15 mois de commercialisation pour lancer l’opération. Car les gens qui viennent acheter pour leur retraite au bord du lac, ils veulent une date de livraison. Il faut se souvenir aussi concernant H99 que le projet a été lancé en pleine crise. On a donc face à tout cela. Ca ne pourra aller que mieux.

Un mot sur la Métropole Aix Marseille Provence. Que pensez-vous des premiers pas ?


M. P. Si cela avait été plus rapide, c’était mieux. Mais il fallait arrêter d’emmerder Jean-Claude Gaudin… Quelles que soient les qualités que je lui donne, je ne pensais pas qu’il aurait le courage de porter ce projet comme il l’a porté. La Métropole, même s’il y a des collaborateurs, c’est lui tout seul. Si on en est là, c’est grâce à lui. 

Lire les précédents volets de notre entretien (réalisé le 8 juillet) avec Marc Pietri.

[L’entretien] Marc Pietri : « Il a fallu attendre Robert Vigouroux qui a relancé Marseille » (2/3)
[L’entretien] Marc Pietri : « Il reste encore 25% de travail pour terminer Les Docks Village» (1/3)

(Illustration : en décembre 2014, Marc Pietri (à gauche) avec l’architecte Jean Nouvel (au centre)  pose la première pierre de la tour La Marseillaise (Photo archives Gomet’/JFE)

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