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[L’entretien] Jean-Luc Chauvin candidat à la présidence d’une CCI Marseille Provence « participative »

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Jean-Luc Chauvin est le chef de file de l’UPE 13 pour l’élection à la chambre de commerce Marseille Provence qui aura lieu à l’automne prochain. Il a répondu à nos questions à l’heure du lancement de la plateforme « 13engagés »

Vous avez été élu chef de de file de l’UPE 13 pour l’élection à la présidence de la CCI. Pourquoi êtes-vous candidat ?

Jean-Luc Chauvin : Je me suis engagé parce que je pense qu’aujourd’hui, compte tenu du contexte, comme on le voit encore avec les grèves à répétition, on est dans un changement de période, un changement de modèle. L’idée de mon engagement c’est de dire que si l’on continue avec le modèle actuel, la chambre de commerce perd de son utilité et de son sens pour les entreprises. Ces dernières ne la connaissent pas suffisamment et ne se rendent pas compte de tout ce qu’elle fait. Elle doit aussi se réinventer. On doit créer cette chambre de demain. 


Après réflexion, j’ai décidé d’y aller en me disant que c’est peut-être la dernière fois que l’on peut rendre utile la chambre aux yeux des entreprises. Et pour ça il faut inventer un modèle, remettre l’entreprise au coeur du jeu. La chambre moderne, c’est le porte-voix des entreprises. On est en train de changer de monde : avant on était « top – down », aujourd’hui il faut devenir « bottom – up » : partir du terrain, des besoins des gens, ne pas imaginer à leur place des solutions. Il faut accomplir ce changement tous ensemble, de manière collaborative et participative. Avant nous fonctionnions en silo, demain nous serons dans la transversalité grâce notamment aux outils numériques. Dans ce contexte, j’ai décidé de rester dans l’action pour mettre en place cette chambre de commerce de demain : participative, ouverte, proche des 94 000 entreprises du territoire. Tout cela pour faire d’Aix Marseille Provence un champion aux standards mondiaux. Et ceci non seulement dans les infrastructures mais aussi pour nos pôles d’activités.


Jean-Luc Chauvin avec Johan Bencivenga le président de l'UPE 13 et  Heidi Salazar

Jean-Luc Chauvin lors de l’AG de l’UPE 13 lundi 20 juin 2016 avec Johan Bencivenga le président de l’UPE 13 et Heidi Salazar, chef de file de l’UPE 13 à la CCI du Pays d’Arles (Photo MR)

Vous pensez être la bonne personne au bon moment ?

J-L.C. Je ne sais pas si je peux être la bonne personne mais ce que je sais c’est que pendant cinq ans en tant que président de l’UPE 13, j’ai passé mon temps à rassembler, à faire du collectif. Ce n’est jamais simple sur un territoire très épars. Mais globalement on y est arrivé. Exemple, on a fait des voeux communs. C’est assez symbolique. Avant chaque CCI, chambre des métiers, etc faisaient ses voeux dans son coin. Nous sommes parvenus à organiser des événements communs tout au long de l’année, à faire fonctionner le collectif « ma ville. » Même ceux qui n’étaient pas forcément impactés par les dossiers, se sont mobilisés, comme sur le dossier de la SCNCM : on est allé tous ensemble voir le Premier ministre. Je dirai que l’on est arrivé à faire le jeu collectif du monde économique. Parce qu’au fond : que l’on soit une PME, un grand groupe, un artisan ou une TPE, que l’on soit libéral ou auto-entrepreneur, on vit dans un même territoire, dans un même environnement et avec les mêmes combats. Je crois que ma mandature n’a pas été dans l’incantation mais dans l’action. On a été actif lors des forums, on a porté des textes de loi et l’on voit que ça commence à porter ses fruits, comme pour la réforme portuaire. 


On s’est battu pour avoir l’outil métropolitain. On l’a eu même si aujourd’hui ce n’est pas suffisant. Je pense qu’il faut aller au-delà, continuer à être dans le faire. Il faut passer de la parole aux actes quand on est en responsabilité. Ce qu’attendent de nous nos entreprises, nos entrepreneurs, c’est que l’on agisse. On est dans un contexte tout à fait particulier : on a la métropole mais pas encore un fonctionnement tout à fait fluide. Notre rôle c’est d’expliquer aux élus qui ont parfaitement compris que la création de richesse passait par les entreprises qu’il faut continuer d’ avancer.


Est-ce que le comité métropolitain des projets tel qu’il a été annoncé par Jean-Claude Gaudin vous paraît une bonne solution ?

J-L. C. : Si ce n’est qu’un comité Théodule de plus, il ne servira qu’à moitié. La réalité c’est que sur chaque projet, il va falloir expliquer à chacun l’intérêt de le réaliser et de le faire ensemble. Donc le comité de projets, c’est un élément très important du dispositif si on est capable d’y aller sans arrière-pensées pour travailler, créer, développer.


Pour mener à bien la transformation de la CCI que vous appelez de vos voeux, quelle sera, si vous êtes élu, votre méthode ?

J-L. C.: Ma méthode, elle est très simple : c’est rassembler les énergies et de travailler le plus possible tous ensemble. De faire en sorte que l’on suive une logique « bottom up » avec les entreprises. La chambre doit être un accélérateur, un accompagnateur des grands projets. La nouvelle donne de la chambre c’est aussi de prioriser et de faire des choix. Il y a des sujets très importants : la numérisation de la chambre, le fait d’être à la rencontre des entreprises en permanence. Et moi j’ambitionne de rencontrer beaucoup plus d’entreprises que ce que qu’on a pu le faire jusqu’à ce jour. On concentrera aussi nos efforts sur des grands événements accélérateurs du territoire. Est-ce qu’il faut faire un CES ? Est-ce qu’il faut un grand événement international des services ? Oui et on le fera en étant proche des entreprises. C’est la clé. Il faut une CCI participative; que chaque année, les élus et les collaborateurs voient des entreprises différentes. je veux qu’à la fin du mandat, sur les 94 000 entreprises du département, nous en ayons rencontré 60 à 70 000, soit 10 à 12 000 par an.


Vous souhaitez rassembler, mais des tensions existent avec la CGPME. Comment comptez-vous régler cette difficulté ?

J-L. C : Franchement, est-ce que vous pensez que cela préoccupe vraiment les entreprises ? Ce qui les intéresse, c’est ce qu’on va faire pour elles. Et de ce point de vue, je ne vois aucune différence entre nous. Et justement, la plateforme collaborative que nous lançons aujourd’hui représente une démarche complètement différente. Nous ne sommes pas dans un jeu de politique politicienne. Les entreprises sont plutôt en avance. Il ne faut pas nous ramener à ça. Aujourd’hui on lance une plateforme collaborative qui doit être un moyen pour les 94 000 entrepreneurs de dire ce qu’ils attendent, ce dont ils ont envie et comment ils voient les choses. Et ça doit permettre de nous rassembler. Que l’on soit CGPME, que l’on soit UPA ou UNAPL, que l’on soit auto-entrepreneur, tout le monde va pouvoir collaborer. C’est à partir de là, quand on aura fait un projet qui prend en compte l’opinion de tout le monde que l’on trouvera plus facilement des solutions pour agir ensemble. 


Quand on aura travailler sur le projet, on se rendra compte que les problèmes de savoir si « oui », si « non », si « combien » c’est pas très important. En tout état de de cause, l’enjeu aujourd’hui c’est que l’on soit en capacité de déterminer ce que veulent les entreprises; et pas à quelques-uns. la plateforme collaborative doit nous y aider. Et elle est ouverte à tous, que l’on soit artisan, profession libérale, auto-entrepreneurs ou représentants de la CGPME ou de l’UPE 13. Parce qu’au fond ce sont les mêmes entreprises : 87% des entreprises du territoire sont TPE PME. Je suis moi-même un représentant d’une TPE-PME. J’ai commencé il y a 20 ans dans une TPE que j’ai racheté et où l’on était quatre. Aujourd’hui nous sommes 48 sur Marseille, une vingtaine dans les Alpes. Je suis le représentant d’une PME et je correspond parfaitement à tout ce que peuvent dire les gens de la CGPME. Mettons nous à travailler, mettons-nous à savoir ce que veulent les entreprises. Et l’on se mettra probablement d’accord.


Vous lancez cette plateforme, baptisée « 13engagés ». Comment va-t-elle fonctionner et quels sont vos objectifs ?

J-L. C. : 
Cette plate-forme est d’abord un lieu d’échange, de partage des « best pratices » car les entreprises sont bien placées pour avoir des idées pour résoudre les problèmes de ce pays. Il faut prendre en considération toutes les tendances. Et une fois que l’on aura réaliser cette consultation il faudra voir quels sont les points forts, les grandes lignes qui pourraient faire émerger un projet. A côté de la plateforme, il y aura des rendez-vous et réunions thématiques sur tout le territoire. Les gens pourront s’y inscrire. Nous voulons lancer une dynamique de réflexion, expliquer aussi à quoi sert une chambre… Ce n’est pas qu’un outil électoral sinon ça n’a pas tellement de sens. C’est le début d’une nouvelle façon de procéder. Et si je suis élu je prends l’engament de garder cette méthode et de rester très proche des entreprises. Le monde change tellement vite. Comment peut-on penser qu’en étant 66 élus on puisse prétendre tout savoir, tout connaître, sur tous les métiers. Pour savoir, il faut être le plus nombreux possible.

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