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Au fil de l’Euro 2016 : la colère froide de Bernard Cazeneuve face aux violences et aux… critiques

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Le ministre de l’Intérieur est sorti de son silence dimanche 12 juin en intervenant devant la presse. Un discours de fermeté à ‘égard des hooligans comme des fédérations, de l’UEFA et des « commentateurs amateurs ou professionnels… »


Le ministre de l’Intérieur s’est exprimé devant la presse dimanche après-midi au ministère de l’Intérieur place Beauvau à Paris, au lendemain des violences qui ont gâché le début de l’Euro 2016 en France, et en particulier à Marseille. Bernard Cazeneuve, a d’abord loué le travail des forces de l’ordre et jugé le dispositif de sécurité à marseille correctement dimensionné malgré les 35 blessées à déplorer pour la seule après-midi de samedi. « Nous devons pouvoir accueillir une compétition de football dans notre pays, et ailleurs en Europe, sans, au-delà des mesures préventives qui ont été prises (…) transformer nos villes en camps retranchés. »



Le ministre de l’Intérieur qui annonce de nouvelles mesures notamment l’interdiction de ventes d’alcool les veilles et jours de match sur les périmètres sensibles oppose ensuite une fin de non-recevoir aux criques qui se sont faites attendre durant le week-end (lire notre précédent article). « J’entends aujourd’hui certains commentateurs, professionnels ou amateurs, mettre en cause l’action de l’Etat. Ces propos sont, compte tenu de l’investissement des forces de l’ordre, injustes et irresponsables. Je ne peux accepter ces discours. »

L’intégralité du discours du ministre de l’Intérieur à propos des violences à Marseille en marge du match Angleterre- Russie.


Mesdames, Messieurs,
Les événements qui se sont produits à Marseille hier soir sont inacceptables. Inacceptables pour les pouvoirs publics, inacceptables pour la société, inacceptables pour les amoureux du football. Nous avons assisté à des violences entre supporters, provoquée par des hordes alcoolisées qui se sont livrées à des exactions inadmissibles.

Elles sont aussi inacceptables pour les forces de police, dont j’observe avec consternation le énième procès en responsabilité que certains ont d’ores et déjà commencé à instruire, sans s’interroger sur la question fondamentale et récurrente des violences engendrées par certaines compétitions de football. Le dispositif d’ordre public mis en place hier à Marseille était correctement dimensionné. Il a été réactif et il a permis de rétablir le calme en une heure et demie en séparant les protagonistes fortement alcoolisés, comme en portant immédiatement secours aux blessés. Nous devons pouvoir accueillir une compétition de football dans notre pays, et ailleurs en Europe, sans, au-delà des mesures préventives qui ont été prises et sur lesquelles je reviendrai, transformer nos villes en camps retranchés.

Pénaliser les fédérations nationales.

Je salue la décision de l’UEFA de sanctionner les équipes dont les pseudos supporters se livrent à ces exactions. Ceux qui se sont illustrés pitoyablement dans le stade sont les mêmes que ceux qui ont voulu semer le chaos dans le centre-ville et sur le Vieux Port. Ces groupes violents prennent le sport pour prétexte. Ils ne doivent faire l’objet d’aucune complaisance de la part des fédérations et des instances sportives. Il est absolument nécessaire que les fédérations nationales des pays dont les supporters créent des incidents de cette nature soient pénalisées à la hauteur des troubles qu’ils engendrent, dans les stades certes, c’est bien le moins, mais aussi à l’extérieur des stades.

Une fois de plus, et comme depuis près de trente ans, une compétition internationale de football est le théâtre d’affrontements entre individus violents se prétendant supporters de leur équipe nationale. Les incidents qui se sont déroulés hier à Marseille, mais aussi à Nice, s’inscrivent malheureusement dans ce contexte qui avait aussi caractérisé l’Euro 2012, notamment à l’occasion du match Pologne-Russie.

Je n’accepterai jamais que l’on doive transformer des centres villes en forteresses.



Je tiens tout d’abord, et solennellement à saluer l’action déterminée des forces de l’ordre qui, à Marseille, a permis de contenir les troubles, de séparer les groupes, et de ramener le plus rapidement possible le calme dans la cité phocéenne. Parmi les blessés, un ressortissant britannique a été grièvement atteint. Immédiatement secouru par les forces de l’ordre, et notamment des CRS qui ont effectué un massage cardiaque permettant de le réanimer, il a été évacué et pris en charge en milieu hospitalier. J’entends aujourd’hui certains commentateurs, professionnels ou amateurs, mettre en cause l’action de l’Etat. Ces propos sont, compte tenu de l’investissement des forces de l’ordre, injustes et irresponsables. Je ne peux accepter ces discours. Ce à quoi nous faisons face aujourd’hui va bien au-delà d’opérations de maintien de l’ordre, et est malheureusement inhérent à certaines compétitions internationales de football. Je n’accepte pas et n’accepterai donc jamais que l’on puisse mettre en cause le travail des policiers et gendarmes qui, dans des conditions extrêmement difficiles, ont circonscrit les incidents, tant géographiquement que dans le temps. Comme je n’accepterai jamais que l’on doive transformer des centres villes en forteresses, où devraient patrouiller des milliers de policiers et gendarmes pour préserver le reste de la population de comportements barbares, qui pénalisent les riverains des villes-hôtes et les supporters sincères.


La prévention des violences péri-sportives est depuis plusieurs années une priorité pour le ministère de l’Intérieur. Les interdictions de stade comme l’encadrement ou les interdictions de déplacement ont permis de pacifier les enceintes sportives et leurs abords. Dans ce cadre, le risque de hooliganisme international a été évidemment pris en compte dans la préparation de l’Euro 2016, au même titre que les autres menaces, terroristes notamment. Plus de 200 policiers étrangers participent à la sécurisation de l’Euro 2016. Certains sont présents en permanence au sein du centre de coopération policière internationale installé à Lognes. Ils participent à l’échange, en temps réel, de renseignements opérationnels. D’autres, et notamment des « spotters », sont déployés sur le terrain, aux côtés des forces de l’ordre françaises, et notamment les policiers de la division nationale de lutte contre le hooliganisme. Leur mission est de détecter la présence, aux abords des stades, dans les « fan-zones », ou encore dans les transports, des fauteurs de trouble et hooligans, afin qu’ils soient aussitôt interpellés.

Afin d’anticiper les débordements et affrontements, les matches classés « à risque » font l’objet d’une attention particulière et bénéficient de dispositifs de sécurité renforcés. C’était le cas du match Angleterre-Russie pour l’encadrement duquel des renforts avaient été mis à la disposition du préfet de police des Bouches-du-Rhône avec l’envoi de dix unités de forces mobiles. Le même dispositif de sécurité renforcé a été mis en œuvre pour la rencontre Turquie-Croatie qui s’est déroulée à Paris et qui vient de s’achever, jusqu’à présent sans incident, et pour laquelle nous restons vigilants et mobilisés.


3000 hooligans britanniques interdits de sortie de leur pays


Par ailleurs, ces dernières semaines, plus de 3000 mesures d’interdictions d’entrée sur le territoire ont été prises par le ministère de l’Intérieur, sur la base des fichiers recensant les interdits de stade des différents pays participant à la compétition, ou d’informations sur des individus susceptibles de provoquer des troubles à l’ordre public sur le territoire national. A la demande des autorités françaises, le gouvernement britannique a, quant à lui, retenu les passeports de 3000 hooligans, les empêchant ainsi de venir en France durant toute la durée de la compétition.

Il faut, au niveau européen, et collectivement, faire évoluer les dispositifs et réglementations. C’est pour cela que j’appelle chacun des acteurs à prendre ses responsabilités. Dans le contexte particulier auquel nous sommes confrontés, les forces de l’ordre ne sauraient être détournées de leur mission de sécurisation du public par le comportement irresponsable et délibéré de supporters dont la seule motivation est de troubler l’ordre public et dont je condamne avec la plus grande fermeté les agissements intolérables.

C’est la raison pour laquelle j’ai rappelé aux préfets, dans une circulaire envoyée cet après-midi, et rappelant des instructions déjà données, la nécessité de prendre des arrêtés de reconduite à la frontière ou des obligations de quitter le territoire français à l’encontre de tous les supporters étrangers dont le comportement trouble l’ordre public. Leurs agissements détournent les forces de l’ordre de leur mission première qui est de protéger notre pays de la menace terroriste. Tout supporter, qui aura été interpellé à l’occasion d’incidents pourra également se voir notifier une interdiction de paraître. Ces mesures pourront s’appliquer à toutes les villes hôtes et concerner les stades, les fan-zones, ou encore d’autres secteurs des agglomérations. Elles seront prises pour les jours, mais également pour la veille des matches et leur violation constituera un délit pénalement répréhensible.



Interdiction de vente et de consommation d’alcool dans les périmètres sensibles.

Plusieurs préfets ont déjà imposé des restrictions concernant la vente, le transport, et la consommation d’alcool. Je leur ai demandé de prendre toutes les mesures utiles visant à prohiber, les veilles et jours de matchs, et les jours d’ouverture des fan-zones, dans les périmètres sensibles, la vente, la consommation et le transport de boissons alcoolisées. Cette mesure pourra concerner le domaine public, les commerces de proximité, ainsi que les débits autorisés en cas de vente à emporter. Les préfets pourront également interdire en terrasse les contenants susceptibles d’être utilisés comme projectiles. Comme je m’y étais engagé, nous nous adaptons en permanence, en fonction des menaces que nous anticipons. Les préfets ont, depuis le début de la compétition, pris des mesures en ce sens. Il leur revient d’adapter ces dispositifs, en temps réel, aux menaces et au contexte local de chaque ville-hôte. Mesdames, Messieurs, il ne saurait y avoir la moindre impunité pour tous ces individus dont les exactions ne sauraient être tolérées. La détermination du ministère de l’Intérieur est totale. Que ces individus violents sachent qu’ils seront inlassablement poursuivis et mis à la disposition de l’autorité judiciaire, comme en témoignent les interpellations intervenues hier à Marseille et aujourd’hui à Paris, pour que la Justice passe et que ces individus violents soient punis.

Source ministère de l’Intérieur.


(Photo Une archives Gomet’)

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Un commentaire

  1. Albarèdes Robert on

    il n’a pas encore démissionné, cet incompétent, cet histrion de posture, ce bavard impéniteit? Eh, le journaleux en service commandé, vous voulez un vrai débat sur tout cela: je suis à votre disposition.

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