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Jeunes, socialistes et Marseillais : comment voient-ils l’avenir ?

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Alors que le PS des Bouches-du-Rhône voit son nombre d’adhérents chuter, le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) tente de favoriser le renouvellement des générations.

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Éliane, qui milite au PS depuis 40 ans et à Cuges-les-Pins depuis dix ans espère que des jeunes rejoindront le mouvement.

Le hall du Dock des Suds est quasiment vide désormais. Samedi 13 septembre 2014, aux États généraux de la fédération socialiste, alors que la séance plénière de la matinée vient de se terminer, les militants socialistes sont prêts à plancher, encore groggy des dernières défaites électorales. « Bientôt, on va se faire tirer dessus quand on dit que l’on est militant PS », ironise Éliane, qui habite à Cuges-les-Pins et milite à gauche depuis 40 ans. « Ce qu’il faut, ce sont des jeunes, mais là malheureusement, il n’y en a pas beaucoup », dit-elle en regardant autour d’elle, alors que ses camarades sont réunis dans les différentes salles où se tiennent, dans une ambiance studieuse, les ateliers thématiques qui doivent redéfinir la « carte d’identité des socialistes des Bouches-du-Rhône ». Eugène Caselli disserte sur la Méditerranée et l’expérience avortée d’Union pour la Méditerranée qui devait la rassembler, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Une éternité. On aborde l’industrie française, l’aménagement du territoire. Et tous ces débats feront bientôt l’objet d’une synthèse synonyme, du moins ils l’espèrent, de renouveau.

> Lire aussi : Réunis à Marseille, les socialistes des Bouches-du-Rhône tentent de refaire surface

Le renouveau. Tous l’appellent de leurs vœux, peu le voient vraiment venir. Près de l’accueil, un homme à l’allure surannée dédicace un livre sur Gaston Defferre… juste à côté du stand des jeunes socialistes. Un symbole, comme un pied de nez, alors qu’un responsable socialiste veut croire que « Defferre, c’est terminé : on ne fait plus de la politique comme on la faisait il y a cinquante ans ». Les militants du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) ont déballé leur stand tôt le matin. Ils font campagne pour que Marseille accueille, en 2015, leur Congrès national, qui désignera le successeur de leur présidente, Laura Slimani. Jusqu’ici, ils ont obtenu une liste impressionnante de soutiens nationaux : Claude Bartolone, Stéphane Le Foll, Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Christophe Cambadélis, Christiane Taubira et même Manuel Valls. Tout sourire, le teint halé, ils affichent leur petite pancarte « Marseille 2015, capitale des jeunes socialistes ». « On a fait la moisson à la Rochelle, ça sert à ça. C’était tellement glauque… », balance l’un des trois jeunes, assis à côté du stand où T-shirt, gobelets et affiches trônent, désespérément seuls, sur une petite table.

Deferre

Près de l’accueil, on distribue un livre sur Gaston Defferre, à quelques mètres du stand des jeunes du PS (photo : J.C.).

Le renouvellement des générations ? « Comme on a perdu, il n’y en a pas eu »

Ils font une campagne à l’ancienne, s’arment de patience, d’argumentaires, mais leur ton révèle une certaine fraîcheur. Gaston Defferre, à quelques mètres, semble les observer. Un décalage qui brille comme un symbole et qui interroge : les choses ont-elles changé depuis quarante ans ? Y’a-t-il un renouvellement des générations possible dans les Bouches-du-Rhône ? « Comme on a perdu, il n’y en a pas eu », se désole Merwan Mettouchi, 25 ans, qui milite depuis 2009 et vient d’être nommé secrétaire fédéral à la culture et culture urbaine. Aux dernières municipales, il a manqué l’élection, de peu, dans les 9e et 10e arrondissements de Marseille, fief de Guy Teissier. « Dans un contexte normal, j’aurais dû être élu, jure-t-il. Au début, j’étais quatrième sur la liste, puis cinquième et enfin septième avec les négociations avec Karim Zeribi (EELV). Mais pour la première fois, le 9e a voté plus à gauche que le 10e : c’est exceptionnel… ». Pas suffisant cependant pour que la gauche l’emporte. La liste Union de la droite, emportée par Guy Teissier, est élue avec 51,44 % des voix. Minoritaire dans les instances du parti, il sous-entend clairement que les divisions n’ont pas aidé au renouvellement. Sous l’oeil attentif de son « animateur fédéral », Guillaume Ricaud-Peretti.

Jeunes PS

Le stand des jeunes socialistes qui font campagne pour que leur Congrès national se déroule à Marseille, en 2015.

« Il n’y a pas de courant entre deux Congrès », lance-t-il, comme pour calmer le jeu. Et de revenir sur ces municipales sanglantes qui ont, peut être, fait fuir les militants. Jean-David Ciot lui même, premier secrétaire fédéral dans les Bouches-du-Rhône, prévoit une baisse des adhésions « de l’ordre de 20 à 30% sur l’ensemble du département », qui s’explique « par la défaite aux municipales qui a démobilisé les gens et la dissolution de la section au lendemain de ces élections ». « C’est le moment de rester, au contraire. Sinon cela s’apparente aux rats qui quittent le navire », jure Guillaume Ricaud-Peretti. À quelques mètres de là, son prédécesseur à ce poste, Anthony Krehmeier, se rapproche : « Autour de nous, y’a plus que les vrais, faut les mettre dans un musée ceux-là », plaisante-t-il. « On se remet difficilement de deux grosses défaites. Mais maintenant il faut que l’on comprenne que quand on s’entretue, c’est la droite et le Front qui gagnent », prévient-il.

Les jeunes sont sur le terrain

Au milieu de ces jeunes, un peu esseulés face aux barons qui font leur entrée tard dans la matinée, le débat de fond semble se réveiller. On discute de la ligne, d’Emmanuel Macron (« il est de centre-gauche », juge un militant), et l’on assure tout de même qu’être jeune, au PS, n’est « pas facile » : « Jeunes, bon ça va ; Marseillais, c’est un peu dur mais socialiste… c’est comme la douleur, au début ça fait mal et après, on s’habitue », ironise Anthony Krehmeier. « Ce qui compte, c’est que l’on a des convictions », termine-t-il. Mais celles-ci sont-elles en adéquation avec les électeurs ? « Pendant les municipales, les demandes des électeurs étaient individualistes. C’était : « Tu vas faire quoi pour ma rue » mais aucune question sur le Vélodrome ou le contexte national », témoigne Merwan Mettouchi.

Alors que les têtes de liste des différentes élections changent peu depuis 35 ans, eux pensent faire de la politique « autrement ». Une antenne bien connue dans les partis, qui masque parfois l’absence de réel changement. Pour que les choses changent, eux vont sur le terrain, labourent les circonscriptions, immenses pour certaines : « Le 13e à Marseille, c’est 150 000 habitants, c’est l’équivalent d’une ville : il faut parler à tous ces gens ! », s’emporte Merwan. Ils ont moins de 30 ans et, déjà, ne sont pas dupes : « La tutelle, c’est bien gentil. On lui met tout sur le dos. Mais en fait, ça n’a jamais existé. Ciot a gardé les sous et les cartes, c’est-à-dire tout. En gros la tutelle c’était « Fermez-là ! » pendant un an pour que les municipales se passent bien. On a vu le résultat », lance l’un deux.

Prochaine échéance dans la ligne de mire : les régionales de 2015, où Michel Vauzelle, le président PS du Conseil régional, peut être menacé. « On s’est vus trop beau. Quand tu lisais les sondages, on devait la gagner cette mairie, prévient Merwan. Maintenant il faut s’armer pour les régionales, c’est l’objectif principal ». Il y a quatre ans déjà, les jeunes, dont Merwan, participaient au Conseil régional des jeunes et évoquaient leur engagement. Ils voulaient faire bouger les choses. Le vent du renouvellement soufflera-t-il jusqu’à 2015 ?

 

(Photo de Une : Merwan Mettouchi et Guillaume Ricaud-Peretti, animateur fédéral des MJS 13)

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