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[International] Le marché algérien s’ouvre aux entreprises étrangères, la Provence en embuscade

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Après l’aspect social et culturel, le Département souhaite renforcer son partenariat économique avec l’Algérie. Une première rencontre en présence de représentants du Ministère algérien, d’experts et de chefs d’entreprises ouvrent des perspectives d’affaires entre les deux rives de la Méditerranée.

C’est aux Archives départementales que le rendez-vous a été pris. Un lieu chargé d’histoire accueillant actuellement une exposition qui entre dans le cadre de « Marseille, capitale européenne du sport ». Cependant, ce n’est pas de sport dont il était question, même s’il convient de dire que lorsqu’il s’agit d’affaires, jouer en équipe permet souvent d’être plus performants et de remporter de belles victoires. C’est dans cette ambiance « jouer collectif » que s’est tenue une première rencontre sur le thème « Opportunités économiques en Algérie », impulsée par le consul général d’Algérie à Marseille, Boudjemaa Rouibah, avec le soutien de la présidente du Département, Martine Vassal.

« Nous avons tout à gagner à mettre en place des échanges permanents et qui servent à quelque chose, pour qu’entre le département des Bouches-du- Rhône, terre de Provence et l’Algérie nous puissions avoir ces relations qui soient aussi un pied d’entrée à l’intérieur du Maghreb, a-t- elle déclaré, convaincue, avec l’ensemble des élu(e)s, que l’attractivité de ce territoire va s’ouvrir vers la terre d’Afrique. Il était donc important pour elle de démontrer, à l’occasion de cette conférence, sa « détermination à vouloir faire un véritable partenariat avec l’Algérie », insistant sur le fait que la coopération décentralisée est aussi l’une des actions prioritaires qu’elle souhaite développer, même si cette axe « n’est pas tout à fait fréquent » pour une collectivité territoriale comme le Département.

« Aller vers un véritable échange de savoir-faire et de technologies »

Un rendez-vous salué par nombre de chefs d’entreprises de la région présents, d’experts et de représentant(e)s de l’État algérien qui ont fait le voyage dans le but de « motiver les opérateurs à venir en Algérie, mais aussi les aider dans leurs désirs de s’implanter dans le pays. Ce type de rencontre permet de les orienter, les accompagner et les informer », a souligné Siham Mokrani, de la direction générale des relations économiques et de la coopération internationale, du ministère des Affaires étrangères d’Algérie. Selon elle, l’Algérie a changé de modèle avec une diversification de l’économie et de partenaires, « nous ne voulons plus seulement développer la coopération commerciale avec nos partenaires mais aller au-delà, avec un véritable échange de savoir-faire, de technologie, d’investissement. Promouvoir une coopération qui soit gagnant-gagnant, fructueuse entre les deux pays. »

Quatre secteurs clés ont été identifiés en Algérie pour de potentiels investisseurs : l’industrie, le tourisme, particulièrement le « green tourisme », l’agriculture et enfin les technologies de l’information et de la communication. Dans tous ces secteurs, il existe un besoin en énergie renouvelable et l’Algérie apparaît comme un territoire vierge qui a besoin d’un transfert de savoir-faire. Dans cette perspective, Marseille et sa région restent un carrefour incontournable des échanges entre les deux rives de la Méditerranée. « Des échanges qu’il faut encore intensifier », assure Siham Mokrani. Pour relever cette mission d’accompagnement optimum, le soutien tout-terrain du ministère, c’est également une femme. Onze ans qu’elle apporte son expertise technique en portant des projets, aux côtés de leurs créateurs, de l’idée à la concrétisation. Amina Amirouche est directrice d’une agence d’accompagnement de sociétés étrangères dans leur développement en Algérie. Sa présence lors du forum visait à témoigner des possibilités d’affaires dans ce pays dans un climat « qui s’est beaucoup amélioré ces derniers temps ». Autre mission : proposer ses services « car il y a du potentiel et un marché très intéressant et important. Il n’y a pas de freins comme on peut l’imaginer ». D’ailleurs, si elle travaille avec différentes nationalités, elle confirme qu’un « grand nombre d’entreprises souhaitent s’implanter en Algérie », avec une particularité néanmoins : les entreprises se positionnent en fonction des orientations économiques de l’État. « S’il y a, par exemple, des encouragements dans le secteur de l’agriculture, j’aurai davantage d’entreprises dans ce domaine. »

Des incitations dans les énergies renouvelables

En ce moment, les incitations concernent plutôt les énergies renouvelables. Avec la réduction des revenus pétroliers, l’argent de l’État se raréfie également laissant aux opérateurs privés une place prépondérante, dans différents secteurs d’activités et permettant ainsi une ouverture du marché. C’est en tout cas le diagnostic dressé par Rafik Belhadj Amara, délégué Sud de la chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci France), qui pointe aussi les forces et les faiblesses de la région Paca. Le territoire se considère souvent comme une suite naturelle géographique de l’Algérie, « mais sans véritablement se connaître finalement dans certains domaines économiques, commerciaux et industriels. »


En raison de cette méconnaissance, certaines entreprises qui veulent s’implanter ou trouver des collaborations peuvent donc tomber de très haut. Ce type de rencontres permet de mieux appréhender tout ça de manière sérieuse, d’autant qu’il y a une volonté économique et politique des institutions ». Les entreprises de la région disposent donc d’un marché potentiel qui leur ouvre les bras, à seulement une heure de vol. Un marché encore méconnu qui peut leur faire gagner les 10 ou 15 points supplémentaires pour réaliser un meilleur chiffre d’affaire, avoir de meilleurs résultats ou sortir d’une difficulté. Pour Rafik Belhadj Amara, le cœur de cible, c’est précisément les petites et moyennes entreprises de la région. « Elles peuvent trouver dans le marché algérien, soit un partenaire, soit le salut face à la crise que connaît l’Europe. »

L’idée : la maison du Département au Maghreb

Une Algérie plus ouverte aux investisseurs étrangers ? L’économiste Raouf Boucekkine, professeur des universités, GREQAM et AMSE et membre senior de l’Institut universitaire de France (IUF) a dressé un panorama rapide et pédagogique du climat d’affaire en Algérie, favorable, en effet, aux entreprises étrangères. Selon lui, le vrai challenge ne réside pas véritablement dans l’importation, mais dans le financement d’une Algérie qui « va s’ouvrir », confirme-t-il. Le pays va faciliter l’entrée de capitaux étrangers tout en gardant, durant une période, le contrôle sur le processus de diversification « tout simplement parce que les marché ne sont pas efficients et encore moins en Algérie. » (lire encadré) La conjoncture économique qui a démarré en 2014 a conduit le pays a changé complètement de cadre macro-économique. L’idée, aujourd’hui, est de construire une économie non-dépendante des ressources naturelles avec la diversification qu’il faut trouver « car il n’existe pas de recette de diversification universelle ».
Pour beaucoup de chefs d’entreprises présents, il y avait un sentiment de fierté dans le fait de mettre « enfin » le curseur sur un pays qui peut « faire rayonner l’Europe », même si elle n’y appartient pas. Et certains d’aller plus loin pour renforcer durablement les partenariats économiques entre ces deux rives de la Méditerranée : créer une maison du Département au Maghreb.

Dans l’œil de l’économiste Raouf Boucekkine : « Une amélioration notable des conditions d’investissements étrangers en Algérie »

Pour éclairer l’assistance sur les opportunités économiques en Algérie, l’économiste Raouf Boucekkine, professeur des universités, Greqam et Amse et membre senior de l’Institut universitaire de France (IUF), a dressé un panorama didactique du marché sur les années à venir. L’Algérie se trouve dans un contexte dans lequel l’argent n’est plus présent comme par le passé. L’investissement privé est moindre et les banques publiques ne peuvent plus faire face. Un contexte qui favorise les investisseurs étrangers. « Le fait que nous réduisions les importations n’est pas un signe de protectionnisme et d’enfermement sur nous-même car avec les circonstances actuelles le pays est dans l’obligation de s’ouvrir. S’ouvrir intelligemment et non pas en important du chocolat et des pommes. Cela se fera de manière plus fine ». 



Durant la transition qui va durer jusqu’à 2019-2020, l’Algérie conservera le principe du 51-49% sur les secteurs essentiels c’est-à-dire que l’État, majoritaire, gardera le contrôle. Si certains y voient une espèce d’obstacle à l’investissement étranger, selon l’économiste « ce n’est pas le cas. C’est simplement que durant une période donnée où l’on doit reconstruire notre industrie qui est à terre, il faut protéger les industries locales. » Ces joint-venture permettent un transfert de technologie beaucoup plus effectif. Par ailleurs, il n’y a rien de pénalisant pour les entreprises étrangères qui rentrent dans ce schéma, « ce n’est pas un hasard s’il y a autant d’entreprises françaises qui font du 51-49% chez nous, à l’image de Renault, par exemple, qui détient le contrôle total de l’aspect technologique en raison du morcellement du capital ». Renault qui détient 49% et deux autres opérateurs détenant 34 et 17%. « Nous avons remarqué que c’était la meilleure chose pour les entreprises nationales car il y a un transfert d’effectif, avec une gestion aux meilleurs standards européens, en l’occurrence, ici, français. Il y a aussi un effort énorme des administrations algériennes, pour améliorer l’attractivité internationale de l’Algérie. Dans le code d’investissement 2016, il y a une amélioration notable des conditions d’investissements étrangers en Algérie.

L’Algérie est en train d’aller de l’avant. Le vrai challenge de l’Algérie c’est vraiment l’investissement car si l’on regarde l’expérience des pays comme la Malaisie, par exemple, l’émergence suit une période d’accélération de l’investissement à des taux de croissance au-delà de 10%, mais pour avoir de l’investissement, aussi bien investir en capital physique qu’humain, il faut de l’argent. Nous n’avons plus les capacités financières d’avant d’où l’intérêt d’ouvrir aux investisseurs étrangers encore plus qu’avant malgré le 51-49% qui est une disposition de protection. Cela veut dire que nous sommes obligés de changer de braquet et cela devrait se faire rapidement avec les nouvelles dispositions : comme les partenariats publics-privés qui entrent dans un nouveau cadre réglementaire, et dont le vote définitif est attendu prochainement. Ce qui va permettre d’augmenter substantiellement, non seulement, l’investissement mais l’investissement privé dont il faut augmenter la part. Autre mesure, la dynamisation des marchés financiers ».

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