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[Humeur] Soit dit en passant : de Vauban au Vélodrome, la pente et la plume plus ou moins douces…

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Chaque semaine, la chronique du journaliste Hervé Nedelec, le passant à qui rien n’échappe. De Vauban au Vélodrome… Marseille !

La navette qui tue

Le gouvernement de Manuel Valls a, on le sait, les plus grandes difficultés avec sa loi sur le travail, dite El Khomri. Il a utilisé, à l’Assemblée Nationale, le fameux 49,3 pour passer en force. Résultat la CGT et FO revendiquent la contestation de la rue, pour s’y opposer. En juin le texte – navette oblige entre les deux assemblées – doit être examiné par le Sénat, soit une majorité de droite. Les Républicains sont pour la version la plus dure – aux yeux des syndicats – de la loi (fin des 35 heures, facilitation du licenciement, recours massif aux CDD, etc…) Les contestataires vont donc devoir affronter la droite… qui n’est pas au pouvoir. Dans une ville comme Marseille, FO qui a fait du maire Jean-Claude Gaudin, son adhérent d’honneur, va-t-elle manifester contre… Jean-Claude Gaudin, membre du groupe Les Républicains au palais du Luxembourg et influent vice-président du Sénat ? Mais la centrale de Jean-Pierre Mailly en est-elle à une contradiction près ?

Netflix écrit son nom

On aurait aimé « Liberté », comme Paul Eluard, mais on se contentera de « Marseille ». C’est sur la colline où Grand Littoral regarde la ville de haut, que Netflix a décidé, à la manière d’Hollywood en Californie, de dresser les neufs lettres qui composent Marseille. On aura compris que c’est pour faire de la publicité à sa série, dont le scénario est jugé « fumeux et mal fichu » par La Provence, que les chargés de communication de la société de production, ont repris ce concept. On nous glisse, par ailleurs, que se cacherait derrière cette opération un projet de parc de loisirs et une opération immobilière. Bon, après tout avec tous les tags qui salopent les différentes entrées de la ville, on ne va pas faire les chochottes, si un ouvrage relativement discret fait sa promotion.

Vers la bunkerisation du vélodrome

Il y a sans doute une malédiction pour le stade vélodrome. A chaque rénovation ses effets pervers. Cette arène sportive mythique a connu plusieurs vies, depuis son inauguration, en 1937. En 1998, agrandi et une fois de plus aménagé et, malgré l’aura de la coupe du monde de football, un certain Rolland Courbis lui avait trouvé un surnom : « l’enrhumeur ». L’ancien joueur, coach et commentateur pointait du doigt une vérité, l’enceinte revue et mal corrigée était ouverte à tous les courants d’air et pire, au Mistral. En 2014, on croyait voir le bout du tunnel et la couverture en forme de vagues, lourde de ses 5500 tonnes de structure métallique (80% de la tour Eiffel), lui apportait enfin ce confort et cette esthétique qui lui manquait. De loin ou depuis le boulevard Michelet, le Vel’ avait fière allure et faisait l’unanimité chez les Marseillais. C’était sans compter sur l’appétit des promoteurs. On ne voit plus le stade, lorsqu’on débouche depuis le rond-point du Prado. Il est vrai que sont prévus des logements, un complexe hôtelier, un centre commercial, une clinique des sports. Le prix du m2 étant ce qu’il est, dans ce secteur de la ville, il va falloir se serrer. On peut toujours grimper sur la colline de la Bonne Mère, pour voir l’enceinte sportive, et… prier pour l’OM.

Les quartiers font de la résistance

Il y a ceux qui acceptent le déclin et la décrépitude qui va souvent avec. Et ceux qui résistent et s’unissent pour donner un sens à leur ville. A Vauban (6ème) les commerçants profitent de la « boboïsation » du quartier, pour l’embellir et jouer la carte écologique en usant de leurs mains vertes. Ils ont installé sur une partie du boulevard éponyme des bacs à fleurs, solidement arrimés et cadenassés (on est quand même à Marseille) et ont planté force pensées et géraniums. Encore un effort et ils pourront drainer à eux tous les touristes (plus de deux millions par an) qui veulent accéder au belvédère et lieu de prières voisin. Pour les piétons c’est la pente douce idéale. Une signalétique ludique pourrait y contribuer.

Ne pas faire l’Autriche

L’extrême-droite provençale et languedocienne se réjouissait bruyamment, par avance, de l’élection de Norbert Höfer en Autriche. Il serait le premier président de cette mouvance dans ce pays qui fut, en son temps, annexé par Hitler. Dans le programme de cet ingénieur aéronautique de formation, la reconquête d’une partie du Tyrol Italien. Un nationalisme exacerbé qui ravit les partisans de Marine Le Pen qui ont, on le sait, une lecture très sélective de l’Histoire. Pour les Marseillais qui auraient la mémoire courte, rappelons que l’on doit l’assassinat du roi Alexandre 1er de Yougoslavie et du ministre français des Affaires étrangères, Louis Barthou, à un nationaliste Bulgare Velicko Dimitrov Kerin. C’était le 9 octobre 1934, devant la chambre de commerce, sur la Canebière. Certains feront l’autruche, en affirmant que l’Autriche n’est pas la Bulgarie. C’est ainsi que la démocratie finit par perdre des plumes.

« Je le crois pas ! »

C’est une petite terrasse sur le Vieux-Port. Une jeune femme coquette, légèrement tatouée s’avance et lance, avec un soupçon d’accent de l’est de l’Europe : « Qu’est-ce qui vous ferez plaisir ? » En trente ans de bonnes et fidèles habitudes de consommateur du petit café du matin, je n’avais jamais encore entendu la formule. D’ordinaire c’est plutôt : « je vous sers quoi ! » suivi, après ma réponse, du systématique « ça va ». J’ai eu aussi droit à la mine effarée d’un patron, épaté de se voir réclamer des viennoiseries, passé dix heures. Sans oublier les tables inaccessibles à 11 heures, parce que les couverts du déjeuner sont déjà dressés, la machine à café « en panne » ou « en réparation », la carte bleue « qu’on ne fait pas » et enfin la coupure de 50 euros qu’on vous rend, en colère, avec un définitif « oh, vous avez pas la monnaie ! ». Alors, lorsqu’un joli petit minois vous glisse la promesse d’un plaisir à venir, on se dit que l’expression « service compris » a un sens.

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