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[Humeur] Soit dit en passant : le tango métropolitain

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Chaque dimanche, notre chroniqueur, le journaliste Hervé Nedelec nous livre son regard tantôt amusé, tantôt désabusé sur les hauts et les bas d’Aix Marsielle Provence. Et il y en a pour tout le monde…

L’avenir attendra encore

Deux thèmes se sont percutés cette semaine dans l’actualité. Où l’on a reparlé une fois de plus de la question qui fâche. La circulation. La municipalité nous annonce sa farouche intention de poursuivre le désengorgement du centre en réalisant cette rocade qui permettra d’accéder à partir de l’autoroute A 50 à la Pointe rouge, les plages, les calanques. On nous annonce aussi la privatisation de la fourrière. On veut bien croire que les solutions à tous nos malheurs automobiles passent par là. On se prend à rêver d’une ville débarrassée de sa pollution. On imagine du coup un hypercentre accessible à vélo, à pied, avec des transports en commun. Mais on est surtout obligé de constater que cette révolution arrive trop tard. Qu’il est toujours impossible malgré une communication outrancière de faire revivre des artères comme la rue de la République. Que le Centre Bourse, malgré ses efforts de rénovation, est en souffrance comme en témoigne la fermeture annoncée de La Fayette Gourmet. Que la rue de Rome respire la sinistrose. Parce que Marseille manquait de tout après la guerre, qui l’avait en partie détruite, elle a su créer les conditions d’une renaissance. Il n’y avait pas alors besoin de vision tant l’urgence commandait. Passé le tournant des années 80 les politiques qui se sont succédé ont manqué de souffle. Aujourd’hui c’est le cœur qui bat trop lentement.


Maryse veut la trilogie

Vous avez apprécié Alain Joissains (1978-1983). Vous avez aimé Maryse Joissains (Depuis 2001). Vous allez adorer Sophie Joissains. C’est en tout cas ce qu’espère le maire actuel d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains, qui envisage sans le moindre doute possible que sa fille lui succèdera. Sa fille, sénatrice, évoque cette perspective en écartant d’emblée tout soupçon de népotisme. Les Joissains, il est vrai, occupent, à eux trois, un espace large dans le champ politique. Le père, la mère et la fille se disent issus de la famille radicale. Plutôt valoisiens que franchement de gauche. Et ils occupent cette place centrale qui convient bien à l’électorat aixois où les socialistes, lorsqu’ils ont été élus, ont toujours fait les yeux doux au centre droit. Pour autant cette ville réputée bourgeoise a toujours eu des regards obliques sur cette famille qui n’a pas ses racines dans la cité du Roi René. Pourtant les ambitions de Sophie Joissains de succéder à sa mère ne sont pas utopiques. Le Parti socialiste a quasiment disparu. Le PCF est plus qu’embryonnaire. Le FN n’est pas en odeur de sainteté. Les Républicains ne partiront pas en guerre contre « la dame d’Aix », comme la surnomme Jean-Claude Gaudin qui la méprise autant qu’elle le déteste. Le centre enfin de guerre lasse s’est mis en retrait. Les Joissains ont de plus un atout maître dans leur jeu : la détestation par des Aixois de la métropole que Maryse appelle la « monstropole ». Au commencement, en 2001, un opposant à Maryse Joissains parlait à propos de son élection d’une « pagnolade ». Le même va devoir peut-être accepter la trilogie.

L’école buissonnière

La municipalité de Marseille va s’entêter à être la mauvaise élève de l’Education nationale. On se souvient que, faute de prévisions, elle avait raté la mise en place des activités périscolaires. Lorsque des quartiers défavorisés de grandes villes promouvaient l’émergence de la culture musicale, livresque, sportive dans les écoles, Marseille ne proposait dans certains établissements que des cours de balle au prisonnier ou de coloriage. Le cauchemar est derrière nous puisque tout cela va être jeté avec l’eau de ce bain trop tiède. Mais les parents ne sont pas au bout de leur peine. Faute de murs, dit-on en haut lieu, il va être impossible dans les zones concernées de dédoubler les classes en cours élémentaire 1, les difficultés ayant été grandes pour le faire en cours préparatoire. Autrement dit, et alors que les premiers résultats de cette réforme s’annoncent partout en France plus que prometteurs, Marseille restera dans les profondeurs du classement et avec elle les petits Marseillais qui n’ont pas eu la chance de naître dans une famille du Roucas Blanc, du deuxième Prado ou du boulevard Périer. On le sait depuis longtemps, c’est par l’école que les plus jeunes de nos concitoyens trouveront leur salut. Nombre de nos édiles devraient relire un certain Jean-Paul II : « L’éducation est plus qu’un métier, c’est une mission, qui consiste à aider chaque personne à reconnaître ce qu’elle a d’irremplaçable et d’unique, afin qu’elle grandisse et s’épanouisse. »

Aux larmes citoyens


Une dame en colère fait part, haut et fort, de son courroux dans une brasserie du centre-ville. « Vous vous rendez compte il y avait dix pages sur Johnny dans le journal. Ils n’en ont pas fait autant pour les milliers de morts du Bataclan ». On n’entrera pas dans des considérations comptables mais force est de constater que notre Marseillaise était aussi excessive que peu sensible à ce qui l’entourait lors de cette semaine singulière. Il n’est pas un ami, un familier, un acteur de notre vie quotidienne qui n’a pas évoqué la disparition du chanteur. D’abord parce que les plus précis se souvenaient qu’il avait débuté dans les années 60 sur la scène marseillaise comme d’autres rappelaient qu’un de ses derniers concerts s’était donné ici. Et puis s’est déclenchée, un peu comme pour la première chanson du groupe IAM (Je danse le mia), une fabuleuse machine à remonter le temps. Celui-ci s’est souvenu de sa première et pétaradante Malaguti. Celle-là des pattes d’éléphant qui avaient fait fureur au lycée. Celui-là encore d’un été à avoir gueulé « que je t’aime ». Chacun avait un moment, une circonstance, un souvenir qui se rattachait à celui qui s’appelait « l’idole des jeunes ». Et même si une dame râle dans une brasserie, il y a des instants où cela fait collectivement du bien de regarder dans le rétroviseur.

Avantage Aix

Une fois de plus, Aix a le privilège d’accueillir une exposition remarquable qui est promise à un grand succès. Jusqu’au 11 mars 2018, à l’hôtel de Caumont un « Botero, dialogue avec Picasso » aussi inédit qu’insolite. Soixante œuvres du maître colombien sont confrontées à une vingtaine d’œuvres majeures de Picasso dans ce lieu remarquable et désormais incontournable. Dans ce dialogue saisissant, le visiteur peut comparer la manière dont les deux artistes se sont appropriés, pour le meilleur, un certain nombre de thématiques. Le portrait et l’autoportrait, la nature morte, le nu, la corrida, la musique, la danse et la guerre. De cette rencontre provoquée apparaissent d’évidentes filiations entre les deux démarches artistiques, une même générosité dans le geste pictural, une même audace dans l’expression. Une fois de plus, après Marylin Monroe et Sisley, l’hôtel de Caumont démontre qu’il joue dans la cour des grands. On devrait s’en inspirer à Marseille.

Ballet pour la métropole

On attribue souvent à un Toulousain, Carlos Gardel, le mérite d’avoir popularisé le tango. Les Marseillais et leurs voisins auraient pu du coup revendiquer le slow, mais à suivre leurs pas pour construire la Métropole, c’est bien sur les traces de Gardel qu’ils se sont engagés. À suivre, semaine après semaine, le débat qui fait rage dans cette instance, c’est le rythme « un pas en avant, deux en arrière » qu’ont choisi nos élus. À regarder de près ceux qui s’ébattent sur cette drôle de scène, on aurait pu penser qu’ils entreraient rapidement dans la même danse. La droite républicaine est sur-représentée et Marseille peut compter sur des troupes impeccablement alignées derrière un leader historique Jean-Claude Gaudin. Ce territoire qui a déjà pris un retard considérable ne semble pas en capacité de se dépêtrer des habitudes qui ont fait naguère justement le bonheur de ceux qui tentent de l’unifier aujourd’hui. Il n’est pas si loin le temps où le maire de Marseille se sentait capable d’identifier dans chaque village les grands électeurs qui assureraient son succès aux sénatoriales. Ce sont les mêmes aujourd’hui qui lui tiennent tête et sont rétifs à entrer dans le ballet de la Métropole. Pendant ce temps-là, ailleurs, d’autres collectivités avancent à pas de géants et envoient valser un passé trop passif. Marseille n’est pas prête de danser avec les stars.

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Un commentaire

  1. Bonsoir, j’aime bien votre billet d’humeur. D’accord avec vous sur le centre ville qui bat trop lentement depuis longtemps. Pensez vous que la Rue de la Republique pourra un jour se remettre egalement de la concurrence d’Internet? N’est ce pas la radio et la television qui ont commence a faire fermer les boutiques de quartier comme Samathan ou rue d’Endoume, quand il y avait des centaines de boutiques. Cordialement

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