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[Humeur] Soit dit en passant : retour à la semaine des 40 heures…

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Chaque dimanche, l’humeur de notre chroniqueur, le journaliste Hervé Nedelec. En très grande forme en cette période pré-électorale. Bonne lecture !

La droite fillonniste en rêvait, le parquet national financier est en train de le faire. Enfin, pas tout à fait. Les libéraux purs et durs souhaitent revenir sur les 35 heures, mais ce sont 40 heures qui sont au cœur de la cible des enquêteurs. Très exactement ce temps accordé aux 12 000 municipaux de Marseille et que l’on appelle pudiquement « congés d’hiver ». Un privilège dont ne bénéficient pas leurs collègues territoriaux au plan national, et qui a intrigué la cour régionale des comptes. On avance même un coût de 160 millions d’euros pour la collectivité, qui a mis en place cette généreuse mesure sociale depuis des années. Pour une ville pauvre, voilà un cadeau de riche. Du coup c’est un peu la panique à bord, tant chez les élus que dans les syndicats, à l’exception notable de FO dont le silence abyssal sonne comme un aveu. Les observateurs s’empressent de rejeter la faute sur le système Defferre, qui négociait avec le seul syndicat toléré au temps de la gouvernance du défunt maire. On pourra dire qu’on nous parle ici d’un temps que les moins de vingt ans… on connait la chanson. Beaucoup craignent du coup que l’ensemble des employés paient ici pour quelques brebis galeuses, car cette affaire a débuté avec la mise au jour d’un emploi du temps surprenant, pour les collaborateurs du Samu social. Le directeur général des services se dit prêt à écouter le chœur des pleureuses, et menace les autres d’avoir d’aller se faire entendre chez les fins limiers de la PJ. Ambiance, comme on dit pour résumer une atmosphère délétère. Et ce ciel zébré d’éclairs menaçants apparait alors que l’horizon des prochaines municipales est chargé de lourds nuages. On a connu des paysages plus tranquilles.

Eh bien mon Cochin !

Laurent Wauquiez, frais émoulu président des Républicains, se passerait volontiers de l’épisode que sont en train de nourrir ses amis marseillais. Il ne comprend pas quelle mouche a piqué successivement Renaud Muselier puis Jean-Claude Gaudin. D’autant qu’ils l’ont, à des niveaux différents, rejoint en participant à différentes instances qui doivent assurer la refondation du parti qu’il dirige. Le très pieux président de la région Auvergne Rhône Alpes doit se ressasser la phrase de Voltaire : « Mon Dieu gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ! » Il faudra sans doute plus d’une prière pour réconcilier le président de la Région Sud et le maire de Marseille. Muselier a réalisé que celui qui fut un temps son allié, a verrouillé durablement le système marseillais. Et ce de la métropole qu’il préside, avec ses plus fidèles lieutenant (e) s, au conseil départemental dont il a confié les clés de l’opulent coffre-fort, à Martine Vassal. « Muso » en bon chiraquien a flairé « la trapanelle» (le piège), comme on dit sur le Vieux-Port, et il a décidé de frapper fort comme en son temps Jacques Chirac. Avec le fameux appel de Cochin ce dernier avait tapé comme un sourd sur le crâne déjà dégarni de Giscard. Il considérait l’UDF créée par Giscard et à laquelle appartenait Gaudin comme « le parti de l’étranger ». Aujourd’hui Muselier imite son mentor. Il sait qu’il doit partir tôt dans la bataille municipale, d’autant que Bruno Gilles, que Gaudin désignait un temps comme un possible successeur, est freiné par une lente convalescence, que Dominique Tian est englué dans une affaire fiscale, que Martine Vassal n’a pas intérêt à sortir de sa tranchée dorée. Et tant pis si c’est la foire d’empoigne. Comme le disait Chirac c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses. Mais attention aux éclaboussures.

La mer et ses reflets d’argent

Jean-Luc Mélenchon s’est payé la tête de Jean-Jacques Bourdin cette semaine en direct sur BFM TV. A la question légitime du journaliste qui l’interrogeait sur sa candidature possible pour conquérir la mairie de Marseille, il répondit par un « oui, mais non, mais non, mais oui » qui rendit son interlocuteur perplexe. Il avait pourtant, quelques minutes plus tôt, dit tout le bien qu’il pensait de cette ville où il se régalait chaque matin du paysage maritime où règnent les îles. Et d’ajouter qu’il recherchait toujours cet appartement, perle rare donnant sur cet horizon grandiose et apparemment apaisant pour lui. Las, il ajoutait qu’il passait pour l’heure d’hôtels en location Airbnb. De quoi glacer d’effroi ses partisans de la France insoumise qui voient, dans toute chose, pointer le bout des oreilles du monstre absolu, le capitalisme et ceux qui s’en repaissent. Airbnb est de celles-là puisque cette plateforme de location en ligne, échappe à l’impôt en situant sa domiciliation fiscale en dehors de nos frontières. Mélenchon va devoir offrir à ses troupes marseillaises une salade au quinoa pour s’expliquer.

Silence on pétitionne

Si les partis politiques traditionnels souffrent de manière chronique d’une hémorragie de militants, il n’en est pas de même dans le monde pétitionnaire. Des sites font désormais du business sur une des qualités les plus connues des Français : la râlerie. Marseille n’échappe pas au phénomène et il est rare qu’une semaine s’achève, sans voir apparaître sur les réseaux sociaux une protestation, une alerte, un coup de gueule. Cette semaine était en pointe, la protestation d’amoureux du massif des calanques devant la menace que laisse planer le campus de Kedge qui prévoit de s’élargir en rasant auparavant 250 pins maritimes, dont certains sont centenaires. Autre votation comme le dirait nos amis Helvètes, les défenseurs du domaine public maritime qui ne comprennent pas pourquoi un hôtel a entamé aux Catalans sa rénovation, alors que sa construction (passée) en bord de mer est plus que contestable selon eux. On parle aussi sur la toile d’une ferme et d’une chapelle du XVIIIème siècle, sises à Bois Lusy et promises à une disparition prochaine alors que, disent les pétitionnaires, ce quartier traversé par la L2 a besoin de poche d’oxygène. On peut regretter par contre que les points positifs ne soient pas soulignés. Ainsi on devrait applaudir le joueur de l’OM Adil Rami, pour avoir fait de sa compagne, Pamela Anderson, une résidente marseillaise. Aucune alerte sur nos petits écrans pour l’héroïne de Malibu. Comme on devrait féliciter le tiercé gagnant de l’année. Patrick Fiori, Soprano et Jean-Jacques Goldmann qui viennent d’écrire une chanson à la gloire de la ville et de ses cités. Comme enfin on devrait pousser un soupir de soulagement, en apprenant que le Département va puissamment aider l’hypercentre pour que Marseille entre autre, sorte enfin de la tête du classement des villes les plus polluées de France. Mais comme le dit le proverbe : « la demande est chaude, le merci est froid ».

La vérité des prix

Nous vivons une époque formidable. Alors qu’on n’en finit pas de nous seriner avec les mots « transparence », « vérité », « franchise » on voit perdurer ici et là la confusion, l’arnaque, le foutage de gueule comme le disent les ados en colère. On apprend ainsi que les nouveaux horodateurs sur lesquels il convient de noter ses informations minéralogiques, sont des troncs sans fond. Il ne faut surtout pas dépasser les 4h30 sinon nous passons d’un acceptable 6€, à un prohibitif 17€. Un des responsables de cette machine infernale conseille même dans La Provence aux utilisateurs de tricher. Nous avons repéré dans cette belle inflation, pas loin de la place du IV septembre, dans le VIIème, le parking d’un hyper qui promet un 20€ non négociable à tout consommateur qui depasserait l’heure et demi gratuite. Et si vous avez échappé à ces pièges, il vous faudra déjouer les ruses de la restauration. Une brasserie en vue du Vieux-Port annonce tout de go que passées 18h30 les boissons chaudes coûtent 1€ de plus l’unité. Il est indiqué dans le même esprit qu’il faut commander une autre consommation l’heure passée. Aux Etats-Unis, le service n’est pas compris et il est admis que si on ne veut pas passer pour un radin il vaut mieux concéder 15% en plus de sa note à celui ou celle qui vous a servi. A Marseille c’est pas la peine. Ils ont anticipé.

L’art contre l’horreur

Il n’est pas une semaine, selon des statistiques qu’on a du mal à révéler en haut lieu, où une insulte ou des actes antisémites ne sont enregistrés. D’Aix à Marseille on sait que cette vérité est palpable même s’il est difficile à admettre. Le camp des Milles, transformé en musée, est là pour rappeler que l’horreur peut encore à tout moment frapper à notre porte, viser un ami ou un voisin, balayer comme fétu de paille les fondations démocratiques. Le 12 mars prochain sera inauguré à la maison de la région (Nous aurons l’occasion d’y revenir) une exposition consacrée à la Shoah et au génocide des Arméniens. On pourra y voir les portraits de l’Amiral Muselier et de Serge Pozmentier, père de Caroline Pozmentier-Sportich, adjointe au maire de Marseille. Francine Mayran (photo), l’artiste peintre, raconte à travers son œuvre d’autres histoires aussi tragiques qu’il est nécessaire de ne pas oublier. Il y aura notamment cette toile qui rappelle que Marseille a connu, elle aussi, sa rafle. Il y a quelques années un militant socialiste, qui était dans cette foule promise à la déportation, rappelait lors d’une conférence que ce sont les volets clos qui les avaient alors, son frère et lui, le plus révoltés. Ceux derrière lesquels se claquemuraient ceux qui ne voulaient ni voir ni savoir. Le 12 mars prochain ce sont les yeux qu’il faudra ouvrir tout grand, pour comprendre que « plus jamais ça » est une expression vaine si l’on ne la porte pas.

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