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[Humeur] Soit dit en passant : Muselier bombarde le vaisseau amiral

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L’actualité passée au tamis de notre chroniqueur, le journaliste Hervé Nedelec. Et rien ne lui échappe, au guichet de Poste comme dans la petite lucarne. Bon dimanche !

C’est inscrit pourtant dans sa tradition familiale, et particulièrement au fait d’être le descendant direct de l’amiral Muselier, libérateur de Saint-Pierre et Miquelon, première terre française à avoir retrouver la liberté au moment où se dessinait la débâcle nazie. Mais contrairement à certains usages de la « royale », Renaud Muselier n’a pas utilisé les traditionnels coups de semonce, avant de canonner le navire amiral et tout particulièrement le pacha de la flotte marseillaise, Jean-Claude Gaudin. Le président de la Région a choisi la chaîne parlementaire Public Sénat, chère on imagine au maire de Marseille, pour tirer à boulets rouges sur celui dont il fut un temps le premier adjoint. Et « Muso », comme l’appellent ses amis et ses ennemis, de dénoncer l’épisode « mafio-politique » qui vit un temps le président du Conseil général, Jean-Noël Guérini, et le maire de Marseille faire cause commune. Et d’ajouter que sur trois mandats « gaudinesques », deux n’auront servi à rien. Et de laisser entendre enfin que celui qui est entré en politique, il y a plus d’un demi-siècle, n’aura pas été au final un bon maire pour sa ville. Ce dernier préféra du coup faire riposter ses officiers de quart et se contenta d’une réplique méprisante pour celui qui fut un de ses petits matelots, avant de gravir les échelons. L’opposition, un peu pressée, prédit déjà à l’actuelle majorité un destin façon Titanic, l’orchestre jouant jusqu’au bout pendant que quelques chaloupes amies souquent ferme pour s’éloigner du naufrage. Il est souvent périlleux d’écrire l’Histoire avant l’heure et le maître des horloges – Jean-Claude Gaudin – est encore en place pour au moins trois ans. C’est parce que cette période relativement longue ouvre la possibilité des manœuvres les plus inattendues, que Muselier a décidé de torpiller ce qu’il croit être un bateau à la dérive. L’horizon politique marseillais annonce de fait de grosses tempêtes. 

Valérie penche à droite

Selon un sondage commenté dès la fin de l’émission, Laurent Wauquiez, président de LR, a convaincu un peu plus de 50% des téléspectateurs lors de l’émission animée sur France 2 par Léa Salamé. Hélas, pour le président de la Région Auvergne Rhône Alpes « L’Émission politique » a fait aussi son pire score depuis sa création, soit 1,49 million de téléspectateurs et une audience au-dessous – c’est peu dire – de celle de Benoit Hamon (ex-PS). Comme quoi, il est plus facile de gravir les 1 700 mètres volcaniques du Mont Mézenc en Haute-Loire, que de provoquer une éruption de l’opinion publique. En même temps, ce jeudi 25 janvier, Laurent Wauquiez a pu constater que s’il devait modérément compter sur l’appui du président du Sénat, Gérard Larcher, qui s’endormait parmi le public présent sur le plateau, il pouvait par contre s’appuyer sur une parlementaire de Marseille, Valérie Boyer. La députée des 11-12 a tout fait pour entrer dans le champ de la caméra, chargée de filmer les contradicteurs de celui qu’elle soutient. On aura ainsi remarqué, et cela devrait rassurer M. Wauquiez, que la tête de notre sémillante élue penchait radicalement à droite. L’histoire ne nous dit pas si cette supportrice assidue a dû consulter après une telle épreuve un ostéopathe. Cette performance nous a en tout cas impressionnés.

Balles au centre

Les réunions se suivent et se ressemblent au centre-ville. L’une d’entre elles a une fois de plus démontré que les élus de la majorité municipale ont le plus grand mal à expliciter la politique qu’ils entendent mettre en œuvre à l’hyper centre. Mais les habitudes ont la vie dure et certains s’impatientent par exemple de voir enfin réhabiliter la place et le marché éponyme des Capucins. D’autres expriment déjà la crainte d’une gentrification en marche, un peu à la manière de ce qui s’est passé dans les grandes villes, où des populations pauvres ont été remplacées par des habitants plus huppés. Quelques-uns encore se désespèrent de voir le petit commerce péricliter, malgré l’annonce d’un renouveau qui passerait par la mise en place d’une politique de piétonisation, d’animation ou encore par l’arrivée de nouvelles enseignes, d’un cinéma, d’un hôtel prestigieux. Les élus qui se débattent dans cette problématique – Solange Biaggi, Sabine Bernasconi – ont beau arguer de la dynamique enclenchée notamment avec l’aide puissante du conseil départemental présidé par Martine Vassal, les résultats sont longs à venir et les progrès spectaculaires de zones comme celles de la Joliette ou du Vélodrome masquent les petits pas de l’hypercentre. L’opposition a beau jeu de s’engouffrer dans ce qu’elle considère comme la grande lacune de la politique municipale depuis 1995. La gauche aurait peut-être intérêt à être prudente dans sa critique de la situation. Elle a sa part de responsabilité.

La Métropole qui fait rêver

L’association « Marseille et moi » a organisé, sur la rive gauche du cours d’Estienne d’Orves, un débat autour de la métropole. Deux sociologues Jean Viard et André Donzel, un économiste, Philippe Langevin, et un astrophysicien Jacques Boulesteix, sont venus rappeler à une centaine de Marseillais convaincus, combien il était urgent de ne plus attendre pour construire cette « nouvelle cité », capable de rivaliser à l’international et au national au plan culturel, économique, éducatif. Les intervenants balançaient entre un pessimisme raisonné et un optimisme résolu. Les raisons de désespérer à les écouter sont dans cette conspiration qui ne dit pas son nom, mais au cœur de laquelle les maires refusent de jouer collectif pour préserver leur pré-carré, leur rente électorale, leurs intérêts à court terme. Les raisons d’y croire sont, elles, déjà visibles autant que lisibles. Ce sont ces entreprises qui ont déjà investi l’économie du numérique, ces universités réunies pour rivaliser avec les plus grandes, cette population qui travaille à Marseille, habite en dehors, se cultive à Aix ou ailleurs, l’ordre des choses pouvant être inversé. On aura compris, au fil des interventions, que l’Etat devra être si ce n’est le décideur, l’incitateur puissant de cette construction qui tarde. Les péripéties cloche-merlesques qui opposent encore aujourd’hui le Pays d’Aix à Marseille devront être dépassées, sous peine de mettre en danger un bassin de vie de près de deux millions d’habitants. Parmi les urgences, on a entendu également ce soir-là la nécessité d’un plan pour sauver les fameux quartiers nord de Marseille. Viard avance l’hypothèse de créer là une commune à part pour apporter un traitement de choc dans des cités qui glissent peu à peu dans le quart monde. Seule une métropole puissante peut prendre en charge une telle révolution.

Tradition oblige…

Eric Diard, ancien maire de Sausset-les-Pins, député, cité par l’hebdomadaire Marianne pour faire partie de la quarantaine de parlementaires (Ali Baba n’est pas dans ce lot) épinglés pour n’avoir pas été sincères auprès du bureau de l’Assemblée dans leur déclaration de revenus. Dominique Tian, premier adjoint de Marseille lourdement condamné en première instance, pour indélicatesse avec le fisc. Maryse Joissains, maire d’Aix, renvoyée en correctionnelle à Montpellier pour favoritisme et autres babioles… Un mauvais vent souffle sur les Républicains des Bouches-du-Rhône. Les mêmes qui, il y a encore quelques mois, pointaient du doigt leurs adversaires socialistes qui s’étaient fait pincer, ici et là, la main dans le pot de miel. Au bout du compte, c’est la représentation républicaine qui est condamnée et on entend déjà les sarcasmes de ceux qui aux extrêmes s’apprêtent à reprendre l’air du « tous pourris ». Ils ne devraient pas se réjouir trop vite et se rappeler cette phrase de Simone de Beauvoir : « Ce qu’il y a de plus scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue. »

Humour à grande vitesse

La scène se passe en première, sur la ligne de TGV Paris-Marseille. Deux contrôleurs, un homme et une femme, s’avancent. Le premier à un bel accent occitan où les « r » roulent élégamment autant que certaines syllabes chantent haut. Un jeune couple se voit demander ses billets. La jeune femme a du mal à retrouver sur son téléphone mobile le sésame qui lui a permis de grimper dans la rame. Notre agent de la SNCF la rassure et lui lance tout de go : « Je caressais l’espoir de savoir votre date de naissance ». Elle la décline ainsi que son nom. Puis son prénom : Emmanuelle. « Vous savez que Kristel est morte » s’enhardit notre casquette, ajoutant en évoquant l’actrice du très érotique Emmanuelle, « dommage j’avais acheté le fauteuil ». Il s’arrêtera là et validera, tout sourire déployé, le billet électronique de l’interpelée. Autre scène moins guillerette, quelques heures plus tard dans une poste du sixième arrondissement. Une vieille dame tente de payer en liquide. « On ne prend plus le cash depuis le 31 décembre » explique, sans plus d’éclaircissement, un employé aussi gai que les quatre guichets fermés de ce lundi matin-là. La dame fait demi-tour et s’en va quérir, chez elle, le carnet de chèques qui la sauvera d’un rappel de facture. Un autre utilisateur s’approche. Il tend un reçu. L’employé s’agite sur son ordinateur, fouille dans une boîte à lettres, puis revient aussi triste qu’un jour sans pain. Devant le désarroi de son interlocuteur, il sort l’argument qui tue : « Sur le reçu que vous avez eu il y a écrit « annoncé à partir de 10h », ça ne veut pas dire que c’est arrivé ». De quoi rentrer chez soi et regarder « Emmanuelle » non ?

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