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[Humeur] Soit dit en passant : les Marseillais vont encore être jaloux des Aixois

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L’humeur du dimanche avec le journaliste Hervé Nedelec. Et lui aussi n’a pas raté (entre autres réjouissances) l’ouverture de thecamp sur le plateau de l’Arbois.

Vitrolles-Aix, en un clin d’œil

La gare TGV d’Aix (photo une) a été conçue par ses principaux architectes Jean-Marie Duthilleul et Étienne Tricaud comme un œil qui regarderait d’une part sur la montagne Sainte Victoire de l’autre sur l’étang de Berre et son horizon camarguais. Même Cézanne en aurait rêvé. Le projet porté en son temps par le maire socialiste d’Aix Jean-François Picheral avait été refusé par le gouvernement d’Alain Juppé avant d’être accéléré par Lionel Jospin dès la mise en place de son gouvernement en 1997. La cohabitation a parfois des vertus. Inauguré en 2001 ce nœud ferroviaire n’a pas cessé depuis de surfer sur le succès comme en témoignent les centaines de voitures garées sauvagement sur les routes et chemins qui mènent aux parkings payants de la gare. On finira sans doute par y mettre bon ordre même si cette incongruité fait le bonheur la nuit des pilleurs de véhicule. Paradoxalement la gare qui est une des plus performantes de France (plus de 50 TGV par jour) va dans quelques semaines gagner encore en proximité puisque s’achève les 24 kilomètres de quatre voies qui relient Vitrolles et Aix. Un bonheur n’arrivant jamais seul, ce carrefour ferroviaire veut être avec l’inauguration de thecamp, l’université numérique proche, un modèle en matière d’utilisation des nouvelles technologies du haut débit aux robots les plus audacieux. De quoi donner un coup de vieux à Saint-Charles qui reste un cul de sac quand le plateau de l’Arbois, où la gare TGV d’Aix est implantée, et qui était naguère une lande désolée, est devenu un passage obligé. Les Marseillais vont encore être jaloux des Aixois : « ces Provençaux qui se prennent pour des Parisiens ».

L’union fait la farce


Donc les maires se sont retrouvés autour de Martine Vassa, présidente du conseil départemental, et de Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, pour décider à huis clos de dire tout haut au gouvernement et au président qu’il ne fallait pas aller trop vite en matière de reconstruction des territoires. Comme il y a deux siècles, ceux qui ont défini à cheval les frontières des départements (la norme étant qu’ils puissent être parcouru en une journée), ils ont enfourché leurs montures pour saisir à l’encolure l’étalon Macron. Du plus, petit maire au tenant d’une métropole capable de rivaliser à l’international, ils se sont accordés pour affirmer qu’il était urgent de freiner les ardeurs réformatrices. Certes, les coupes drastiques que le Premier ministre, Edouard Philippe, a prévues pour leurs dotations sont sans doute avec la fin de la taxe d’habitation des sujets d’inquiétude. Mais on ne peut écarter non plus que leurs réflexions aient été habitées par le souci que leurs pouvoirs soient dilués dans des super structures. Ces dernières peuvent à leurs yeux entraîner la disparition de leurs administrations, de leurs prérogatives, de leur capital local ou électoral. Il n’y a pas de petits ou grands élus, il n’y a que des communautés d’intérêts bien ou mal compris. Les sénatoriales l’ont rappelé sèchement au pouvoir actuel. Il faudra encore beaucoup de temps pour en finir avec l’émiettement absurde des territoires. Pour l’heure, on se contentera de tourner en rond. Ça tombe bien, chaque commune, dans ce département, a ses ronds-points et autant de symboles affichés des potentats locaux.

Rigueur historique

Jean-Luc Mélenchon a, on le sait, une lecture de l’Histoire à géométrie variable. Pour le Venezuela, il la joue façon Maître Pangloss. Candide, il estime que le régime de Maduro n’a pas à être montré du doigt. Pour la France il affirme que c’est la rue qui s’est levée contre les rois, Juppé et… les nazis. Les résistants marseillais pourraient corriger utilement ces affirmations simplistes. Précédent ou accompagnant les armées d’Afrique, ils auraient sans doute aimé être plus nombreux pour affronter de la Canebière à Notre-Dame la mitraille de l’occupant. Soyons pédagogue, le désormais député marseillais peut utilement s’attarder sur le boulevard Charles Livon devant le monument dédié aux fusillés de l’affiche rouge. Il comprendra comment quelques jeunes Arméniens rebelles et audacieux ont plus fait que les divisions de Français silencieux. Les lieutenants du big boss des Insoumis sont montés au créneau et quelques-uns ont surenchéri pour défendre leur guide. Et du coup d’ajouter à la liste de Mélenchon les émeutiers de mai 68 qui ont contribué à renverser le général de Gaulle. Un ami se souvient qu’à cette époque dans la vieille bastide que ses parents possédaient dans les quartiers nord, il découvrit un beau matin une petite foule occupant le jardin et la piscine. Sympathisant du mouvement, il alla quérir quelques nouvelles. « Que faites-vous chez nous ? » se risqua-t-il. « On occupe » répondit un insoumis d’alors. Ils ne renversèrent ni pouvoir ni pots de fleurs. La révolution ne dura que le temps d’un bain collectif et la petite troupe rejoint pacifiquement ses HLM. Il faut se méfier des mythologies.

On peut changer les choses, pas le peuple

La méthode Macron nous fait penser au jeu du Racing Club de Toulon. Entre l’évitement et le coup de pied à suivre, le jeune président a choisi une troisième voie : la percussion. Au rugby, la tactique qui fut couronnée de succès avec le retour du bouclier de Brennus sur la rade semble avoir fait son temps. La médecine commence à s’élever contre la multiplication des commotions subies par les joueurs, et les techniciens des adversaires du RCT ont trouvé la parade pour stopper les courses sans fantaisie des bulldozers. Pour le moment, le président de la République et son gouvernement se tiennent, quant à eux, aux principes du jeu qu’Emmanuel Macron avait exposé dans son livre programme Révolution. Il met le paquet dans les premiers mois de son quinquennat sachant qu’il faudra bien tenir compte à un moment ou à un autre des principes de réalité. À regarder la mobilisation hétéroclite de la rue, on ne peut que saluer son audace. À Marseille notamment la coagulation des mécontentements n’est pas patente. Les sondages indiquent par ailleurs que les Français estiment que le train de réformes est trop rapide mais qu’après tout le Président fait ce qu’il avait annoncé. La faille de cette stratégie tient pourtant à une réalité. En Marche n’a pas d’enracinement et les députés nouveaux qui le représente n’ont pas ces retours de terrain sans lesquels on ne peut prétendre à une bonne lisibilité sociale et politique. Le danger est là d’autant que, prudemment, les formations politiques traditionnelles attendent de sentir le vent pour s’engager dans quelque bataille que ce soit.

Rénovation quand tu ne nous tiens pas

Le règlement de l’urbanisme est très clair et lisible sur le site de la mairie : « Les façades des immeubles doivent être constamment tenues en bon état de propreté. Les travaux nécessaires doivent être faits au moins une fois tous les dix ans sur l’injonction municipale qui est faite aux propriétaires. » Il est précisé que sont dispensés : les immeubles pour lesquels une procédure d’acquisition immobilière en vue d’une réhabilitation a été engagée, les immeubles pour lesquels une procédure d’expropriation a été engagée, les immeubles ayant fait l’objet, dans leur totalité, soit d’une injonction de démolir, soit de travaux d’étrésillonnage notamment au titre d’une procédure de péril, soit d’un arrêté préfectoral d’interdiction générale d’occupation. A parcourir nos artères principales Lieutaud, Longchamp, Libération, Breteuil, Rome, Paradis, on se dit que les dispenses sont plus nombreuses que les obligations. Du coup, si l’on peut saluer les efforts incontestables pour embellir ces rues, avenues ou cours, on se dit qu’il est encore loin le temps où réapparaitront les atlantes, cariatides, mascarons dont la ville recèle mais que des années de pollution automobile ont gommés. Quelques enseignes huppées ou à succès ont montré, ici et là, l’exemple. Encourager les bienheureux propriétaires de ces patrimoines ne serait pas un luxe.

Puisqu’on vous le dit


Les communicants ont parfois des raccourcis saisissants. Entendu sur une radio de divertissement cette annonce : « de nouveaux parcmètres sont mis en place à Marseille avec obligation d’indiquer pour les utilisateurs la plaque minéralogique de leur véhicule pour éviter les fraudes ». Quelles fraudes ? En fait les autorités ont fait ce lourd investissement pour éviter que le stationnement achevé, un automobiliste ne refile son ticket à la voiture qui prend sa place. Et voilà comment une solidarité somme toute très conviviale va permettre de gagner ici la somme due pour quelques minutes. Il n’est pas sûr que la manœuvre résiste à l’analyse d’un juriste pointu. Par ailleurs est-il raisonnable, d’ajouter à la difficulté, dans une agglomération où stationner relève du défi ? La chasse aux fraudeurs ne manque pourtant pas de gibiers si l’on regarde ces chaises de bar posées sur une place dans l’attente d’une improbable livraison, si l’on constate que les places pour handicapés sont respectées une fois sur trois, si l’on observe tous ces panneaux interdisant l’arrêt même momentané éclairé, le soir venu, par les feux de détresse de voitures contrevenantes. On ne sait quel a été le prix de cet investissement mais on peut affirmer qu’il n’était pas une priorité… à droite ou à gauche.

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255 Rue Denis Papin, 13290 Aix-en-Provence, France

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