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[Humeur] Soit dit en passant : hauts et bas de la ville et de ses tribunes…

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Chaque semaine, le journaliste Hervé Nedelec nous revient avec sa chronique d’actualités, tantôt amusée, tantôt dépitée, jamais indifférente. C’est « Soit dit en passant ».

Au nom de tous les siens ?

Samia Ghali, sénatrice socialiste, qui fut un temps maire des quartiers nord, a choqué quelques observateurs bien-pensants, en déclarant cette semaine, sur une chaîne d’info continue : « Je me demande qui on juge là ! Tarik Ramadan l’homme qui a violé, ou Tarik Ramadan le musulman ? » On pourra bien évidemment lui répondre que les deux se confondent. On se souvient que, devant Nicolas Sarkozy, Ministre de l’intérieur, l’intellectuel et polémiste lié par sa famille et par choix aux Frères musulmans, s’était refusé à condamner la lapidation des femmes. Au nom d’une lecture intégriste du Coran il appelait, avant de rejeter cette loi d’un autre temps, à un moratoire. On peut s’étonner aujourd’hui que Mme Ghali, si prompte à dénoncer les injustices et le sort réservé dans sa ville aux plus faibles, puisse exprimer ainsi une pensée que d’aucuns jugeront ambigüe. Pourtant elle témoigne tout haut d’une opinion qui n’a pas droit de cité, celle des musulmans. Elle sait pour bien les connaître, même si le sociologue Jean Viard lui reproche de ne plus vivre dans ces quartiers en souffrance, qu’à Marseille, en particulier dans les lieux de culte reconnus ou clandestins, on n’a pas forcément une approche démocratique ou républicaine de la société. On peut le regretter, mais l’intervention dérangeante de Mme Ghali rappelle que cette communauté religieuse ne se sent pas traitée de manière égalitaire.

Le point sur les irritations

L’hebdomadaire Le Point fait sa Une marseillaise, avec la guerre fratricide que se livrent les Républicains à Marseille. Rien de nouveau sous ce soleil voilé, mais une compilation des irritations des uns et des agacements des autres. A lire les déclarations de Guy Teissier, Renaud Muselier, Yves Moraine, Valérie Boyer, Martine Vassal, et quelques autres, ce qui transparait surtout c’est l’absence sidérale d’idées dans ce conflit. En résumé, ces hommes et ces femmes qui détiennent aujourd’hui tous les leviers du pouvoir local, départemental, régional, nous disent : « c’est pas moi qui ai commencé, c’est l’autre ». On ne fait pas dans ces couloirs, dans l’élégance, la nuance étant une figure de style totalement inconnue de nos belligérants. On peut lire même que le fauteuil de maire n’est pas un « viager » ce qui n’est pas très sympathique pour le capitaine de ce bateau à la dérive, mais rappelle en une formule que ces fins démocrates considèrent qu’un mandat électif se lègue plutôt qu’il ne se conquiert dans les urnes. Il est vrai qu’il existe, depuis des décennies sur les rives du Lacydon, des mœurs politiques singulières qui induisent que l’électeur est un client et le pouvoir une rente à vie. Tout cela serait pagnolesque, si la deuxième ville de France n’avait pas quelques urgences à régler.

Marseille, tu te maquilles trop

Chassez la caricature elle revient au galop. On a bien compris en ce début d’année que les automobilistes ne seraient pas à la fête dans les prochains mois. Stationnement, vitesse, téléphone au volant, la répression s’annonce sévère et si l’on annonce la possibilité de limiter les victimes sur la route, c’est sans compter sur celle qui va être en première ligne, notre porte-monnaie. Du coup on voit fleurir dans nos gazettes comme sur nos étranges lucarnes des reportages qui attestent que le Provençal n’est pas un citoyen comme les autres. La France découvre des témoignages où avec l’accent, des énergumènes expliquent que pour échapper à la sanction il faut tout simplement maquiller sa plaque d’immatriculation. Bienvenue chez les contrevenants. Vous êtes bien dans les Bouches-du-Rhône, ses records de voitures sans carte grise, d’automobilistes sans assurance et d’aigrefins à la petite semaine. Comme le disait l’homme à la casquette portant maillot de l’OM : « tout le monde le fait, alors, ma foi ». Après ça, pas la peine de dépenser des fortunes en campagne de communication pour faire briller la ville.

Charité bien ordonnée

Tous les premiers dimanches du mois nos musées sont gratuits. C’est une excellente chose. Aller par exemple dans les rues du Panier et après quelques minutes de grimpette découvrir la magnifique Vieille Charité (photo) est une belle récompense surtout lorsque le soleil est de la fête. Les visiteurs s’engouffrent du coup entre les grilles et se soumettent avec bonhommie à la fouille que deux vigiles solides imposent à tout un chacun avec force portique et détecteur de métaux. Puis libérés, ils foncent vers ces salles où on leur promet l’Egypte, l’Océanie et autres voyages exotiques dans le temps. Las, arrivés à la porte il manque un sésame. Les dames de service avec un bel accent du Panier ou de la Belle de mai expliquent alors aux bobines dépitées : « c’est gratuit comme ils le disent dans le journal mais il vous faut un billet ». Devant quelques mines perplexes l’explication fuse « c’est pour la comptabilité ». Et de redescendre les marches, qui devaient vous ouvrir à une culture muséologique de bon niveau, pour retrouver l’accueil et une organisation qui elle est d’un moins bon niveau. Ils seront ainsi plus de 80% à faire marche arrière ce dimanche pour aller quérir ce ticket gratuit qui fera le bonheur de la comptabilité du musée. Sans demander la charité, une communication efficiente serait un atout de plus.

Et toujours le centre en souffrance

L’enseigne Carrefour s’apprête à fermer nombre de ses superettes qui faisaient le bonheur du commerce de proximité. Là encore, on constate que les mœurs des consommateurs ont changé. D’abord parce que les services se sont multipliés à commencer par l’e-commerce qui connait avec les drives ou la livraison à domicile un succès grandissant. Ensuite parce que l’utilisateur est vigilant sur le rapport prix-qualité et que le temps des « prix imbattables » et autres pièges à nigauds est révolu. Enfin dans des villes comme Marseille ou Aix le problème du stationnement et la répression qui va avec pour les contrevenants sont très dissuasifs. A écouter par exemple les commerçants du Vieux-Port, on croit comprendre qu’ils sont partagés depuis que la circulation a été considérablement réduite sur les quais. Ils se félicitent d’une qualité de vie retrouvée mais en même temps ils sont convaincus que nombre de Marseillais se détournent de ce lieu de vie faute de pouvoir y accéder avec son véhicule. En tout état de cause, il est patent que nombre de petites échoppes particulièrement dans le domaine de l’alimentation vont disparaître faute d’apporter une différence en termes de produits. En revanche un phénomène prend corps, celui des boutiques spécialisées qui offrent aux chalands des propositions originales typées, dépaysantes. Jusqu’au jour où ce début de mode passera… lui aussi.

C’était pas la dernière séance

On était désolé mais cela semblait irréversible. Eddy Mitchell ne l’avait-il pas écrit, il y a belle lurette, dans une de ses plus belles chansons. La dernière séance d’un énième cinéma de quartier était envisagée sur l’avenue du Prado où l’on voyait Le Chambord promis à devenir un garage. Et puis un petit miracle s’est produit. Ce vestige à la programmation choisie et astucieuse a survécu. Ses propriétaires l’ont même rénové avec un hall cossu et un petit bar avec terrasse du même tonneau. Une décoration façon théâtre avec des photos de comédiens dans leur cadre genre Harcourt. Un vrai petit bonheur pour les cinéphiles et la promesse de quelques bons moments à déguster les œuvres du septième art et les gourmandises que l’on savoure dans le noir. Et quelques dernières séquences à faire durer.

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