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[Humeur] Soit dit en passant : à Aix, la métaphore qui tue

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Chaque dimanche, la chronique du journaliste Hervé Nedelec s’intéresse aux petits et grands faits de l’actualité locale. Un regard tantôt amusé, tantôt désabusé… Mais jamais indifférent.

La part d’humanité


Ce qu’Albert Camus l’agnostique aimait en Jésus-Christ c’était « sa part d’humanité ». Le philosophe la ressent particulièrement lorsque Jésus crucifié implore son père : « Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’est cette ultime solitude qui touche l’auteur de l’Etranger. Il la verrait sans doute aujourd’hui devant le spectacle de la deuxième ville de Syrie, Alep martyrisée et livrée aux brutalités jumelées d’Assad et de Poutine. Que dirait-il aussi du silence des bien-pensants pourfendeurs de l’Islam et protecteurs lointains des chrétiens d’Orient, qui à Marseille et ailleurs ont rengainé leurs certitudes. Le socialiste Patrick Mennucci a tenté avec Hervé Mariton (LR) et Cécile Duflot (Ecologiste) de forcer quelque barrage turc pour, si ce n’est apporter leur aide, au moins rapporter leur témoignage. On aurait aimé que la porte-parole de François Fillon, Valérie Boyer si prompte à faire exhiber son crucifix sur les plateaux de télévision, fasse entendre si ce ne sont des paroles charitables au moins quelques mots compassionnels. Comme Camus, ou Jésus.


La métaphore qui tue

Gérard Bramoullé (photo) adjoint aux finances de Maryse Joissains (lire également dans notre baromètre hebdomadaire) a choqué à juste titre son adversaire socialiste Gaëlle Lenfant. Il a comparé les feuilles d’impôts qui tombaient sur sa bonne ville, aux bombes qui faisaient d’Alep un nouveau Guernica. Ce professeur d’économie nous avait habitués à des saillies plus subtiles. En même temps chacun a droit, à la fin de cette année éreintante, à son coup de fatigue. D’autant qu’à Aix l’opposition en toute légitimité ne désarme pas et attend beaucoup de la justice qui devrait statuer sur la promotion supersonique du chauffeur de Maryse Joissains. Omar, c’est ainsi que les Aixois le nomment, a franchi tous les échelons de la fonction territoriale mais comme l’a dit en défense sa patronne et néanmoins avocate, il est corvéable 24h sur 24. Quant à lui, il pourrait finalement donner des leçons d’humour à Gérard Bramoullé puisqu’il aime bien l’autodérision qui lui fait affirmer qu’il a « redoublé sa maternelle ». 


Solange fait la roue


Bataille esthétique entre Eugène Caselli opposant socialiste et Solange Biaggi adjointe de Jean-Claude Gaudin chargée entre autre de l’hyper-centre. Le premier estime que la grande roue gâche la réhabilitation réussie du Vieux-Port. La seconde la défend et attend avec impatience un nouveau modèle qui fera gagner dix mètres de plus aux amateurs de paysages urbain et marin. Mme Biaggi estime que le futur manège permettra aux amateurs d’admirer tous les immeubles de la ville. Il n’est pas certain qu’il ne faille pas limiter cette ambition de peur que nos visiteurs n’aperçoivent quelques singularités architecturales qui ont durablement défiguré les arrières plans des artères haussmanniennes notamment. Comme le disait César dans la fameuse trilogie de Pagnol à son petits-fils : « ne cherche pas trop loin tu pourrais découvrir un ancêtre qui a fait le commerce des nègres ».

Une histoire crispante


Les Assises sont souvent un révélateur impitoyable de vérité. A Aix on a pu entendre ainsi les aveux d’un policier qui alors qu’il n’était pas en service a tué un jeune lycéen. Il se sentait menacé. Et il ajoutait en défense cette phrase qui n’a pas forcément convaincu les jurés : « Machinalement mes mains se sont crispées sur mon arme ». Le policier a écopé de 12 ans de prison. Un autre policier célèbre celui-là le commissaire Georges N’Guyen Van Loc nous comptait avec sa faconde naguère un de ses exploits. Il avait « neutralisé » un forcené et le racontait ainsi : « Entre lui et moi, il y avait la mort ! » « Et alors ? » l’interrogions nous. « Il a fait un pas de trop ! ». Van Loc n’a pas fini aux Assises mais dans son propre rôle dans un feuilleton à la TV. Le doute entre réalité et fiction était alors permis.

Puisqu’on évalue


Notre Education nationale n’en finit pas de nous surprendre. Un exemple dans une école du primaire de Marseille. Selon les directives venues d’en haut, comme on le dit pour parler des sommets de la technocratie, les enfants sont évalués avec un pointillisme admirable. Enfin, ce sont les enseignants qui méritent un coup de chapeau pour avoir ainsi à remplir un questionnaire d’une centaine de points. Concernant la maîtrise de la langue par l’enfant on trouve cette formulation : « Repérer dans un texte des informations implicites et explicites ». Pour les maths celle-là : « Maîtriser l’algorithme de la multiplication des nombres entiers ». Pour l’éducation physique, ce bijou : « Conduire et maîtriser un affrontement collectif ou interindividuel (lutte). » On ne précise pas si les parents sont priés de comprendre ou d’appeler l’Inspection générale, corps d’élite de la République qui n’a pas fini de nous surprendre. 


Habemus papam


La justice a enfin son Pape. Notre ex-confrère Pape Diouf a été mis en examen pour abus de biens sociaux pour avoir laissé les clubs des supporters de l’OM, dont il a été le président, gérer une partie des abonnements. Plus grave on lui reproche d’avoir signé un contrat à un joueur qui ne s’est jamais distingué sportivement mais dont le père est réputé appartenir au grand banditisme. Pape Diouf connaissant les médias pour y avoir brillé – il obtint deux fois le prix Martini du meilleur journaliste sportif – a lui-même commenté sa mésaventure en estimant que sa mise en cause était « inique ». Il s’étonne d’autant plus que des magistrats ont participé à la gestion de l’OM et que, le temps de sa présidence, ils n’avaient détecté que des problèmes « philosophiques » (Sic). Diouf qui a la sagesse de ses ancêtres africains sait que « présomption » ne vaut pas « preuve ». En attendant la fin de ce feuilleton à rallonge, une seule chose est aujourd’hui avérée : le football n’en finit pas de sombrer dans les scandales, ce qui ne garantit pas que d’autres sports ne soient pas également touchés. Lorsque le mot amateur a été réduit à sa plus péjorative expression, le baron de Coubertin a été fossilisé et de nouveaux Dieux du stade se sont imposés.

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