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[Grand Format] Yvon Berland, le président d’Aix Marseille Université, à comptes ouverts

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Au lendemain du conseil d’administration approuvant les comptes de la plus grande université française, Yvon Berland nous a reçu au cours d’un long entretien dans lequel il se livre et répond notamment aux critiques de Gérard Bramoullé, le premier adjoint de la ville d’Aix-en-Provence.

Pouvez-vous faire un point sur la situation financière d’Aix Marseille Université au lendemain du conseil d’administration de l’université ?

Yvon Berland * : Lors de ce conseil d’administration, le bilan de l’année a été approuvé très largement. Dans le même temps, il y a eu le rapport de gestion 2014 d’Amu et le vote du compte financier, avec l’avis des commissaires au compte. Tout cela c’est traduit par un vote à l’unanimité du compte financier. Je crois que c’est la première fois car même certaines organisations syndicales comme la CGT ont voté pour. Et aucune réserve n’a été émise de la part des commissaires aux comptes. Donc, quand on écoute Mr Bramoullé (le 1er adjoint de la ville d’Aix en Provence a évoqué publiquement un déficit de 30 millions d’euros, NDLR), on a l’impression que l’on n’est pas sur la même planète.

Vous démentez donc le chiffre avancé par Mr Bramoullé ?

Y. B. : C’est n’importe quoi. On sort cette année avec un bilan positif de près de 1,5 million sur le fonctionnement, on a un fonds de roulement qui augmente de trois millions. Le fonds de roulement total s’élève à 62,1 millions, en hausse de 3 millions par rapport à l’année précédente et un fonds de roulement totalement mobilisable de 33,8 millions d’euros. La différence, ce sont les actions engagées, en cours et les provisions. Tout ça pour dire que nous n’avons pas de déficit. En outre, avant notre conseil d’administration la direction de Bercy en région et le rectorat nous ont donné un satisfecit pour notre gestion.

Par rapport à la situation financière avant la création d’Amu, les comptes se sont-ils améliorés ?

Y.B. : Oui mais Je ne veux pas ressasser les mêmes choses. On peut quand même rappeler que l’une des trois universités, quand n a fusionné avait un déficit de 26 millions. C’était en 2011.

Comment atteignez-vous les objectifs financiers dans un contexte de réduction de la dotation de l’Etat ?

Y.B. : On fait attention au fonctionnement. Nous avons consommé moins d’heures supplémentaires cette année par exemple. Une différence d’un million d’euros. On a eu un peu plus d’inscriptions cette année, contrairement d’ailleurs à ce que dit Mr Bramoullé, et donc les droits d’inscription totaux ont augmenté (1,4 million supplémentaire) sans toucher aux droits individuels qui sont nationaux. Je fais une parenthèse. Monsieur Bramoullé a toujours été contre la fusion des universités et elle s’est faite. Quel que soit son positionnement, quoi qu’il dise on s’en fout. Il est sur ses fantasmes, ses mensonges. Alors moi ce qui me gêne le plus c’est que c’est un élu de la République. Je pense qu’un élu de la République, il a ses raisons, il a son avis, et c’est respectable mais il ne doit pas donner des informations mensongères sciemment. Qu’un élu de la République, qui est le premier adjoint de la ville d’Aix, en charge des finances qui plus est, se permette de donner des informations mensongères, sciemment parce qu’il n’a pas les comptes, il n’a rien, çà c’est grave pour moi. Et j’en informe le maire d’Aix avec lequel j’ai eu une réunion de deux heures et demi il y quinze jours. C’était très cordial, il y a beaucoup de projets et de coopération entre Aix et l’université. Je pense qu’il faut bien distinguer ce que pense le maire et ce que peut dire Monsieur Bramoullé et tous les propos mensongers.

Quelles sont les ressources aujourd’hui d’Aix Marseille Université ?

]Y.B. : Elles sont de trois ordres. Il y a les droits d’inscription fixés au niveau national. Ensuite la taxe d’apprentissage. Les nouvelles règles vont être défavorables aux universités et écoles puisque cette taxe va être attribuée aux régions. Troisième ressource, la formation continue, tout au long de la vie. C’est un levier important pour nous et c’est ainsi que nous engageons des partenariats notamment avec des entreprises qui ont des besoins de formation continue. Les dépenses ce sont les dépenses de masses salariales des statutaires, des heures supplémentaires. Il y aussi le fonctionnement (papier, énergie, missions). Nous sommes très attentifs à contrôler nos dépenses de fonctionnement. Nous y parvenons notamment grâce à la taille de nos marchés. Nous partons sur des gros volumes ce qui permet globalement de faire des économies. Exemple : sur notre nouveau marché du gaz, on gagne 280 000 euros par an, sur la téléphonie 500 000 euros. Vous voyez que la fusion permet d’économiser sans toucher à notre coeur de métier qui est l’enseignement et la recherche. Au contraire les marges que nous dégageons permettent d’investir y compris dans notre patrimoine que nous devons maintenir à un haut niveau.

La fusion a tout de même eu un coût financier ?

Y. B : Oui tout à fait. C’est difficile de l’estimer précisément. On pense que le montant total est entre 8 et dix millions d’euros que nous avons étalé sur plusieurs années. Il y a eu des coûts d’homogénéisation du système d’information, des coûts sociaux puisque nous avons aligné les régimes indemnitaires des agents sur celui qui était le plus favorable et même au-delà. Pendant trois ans j’ai augmenté le régime indemnitaire des personnels de 5 à 7% par an. Un autre exemple, quand vous changez de nom vous devez changer tous les noms des brevets. Ça nous a coûté 300 000 euros.


* Entretien réalisé le 8 avril 2015, une semaine après le conseil d’administration d’Aix Marseille Université.

Demain la suite de notre entretien avec Yvon Berland :
l’organisation d’AMU, les étudiants, l’IEP d’Aix, le classement de Shanghaï…

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Localité(s) :

Boulevard Charles Livon, 13007 Marseille, France

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