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[Entretien] Georges Cristiani repart à l’assaut contre la métropole d’Aix-Marseille-Provence

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Il est à la tête de la fronde contre la métropole d’Aix-Marseille-Provence et reste « confiant » sur les futurs aménagements de loi promis par la ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu. Le maire de Mimet, également président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, menace le gouvernement de ne pas appliquer la loi s’il n’est pas entendu. Entretien.

Depuis déjà plusieurs semaines, son ton a changé. Georges Cristiani, maire sans étiquette de Mimet et président de l’Union des maires, est le porte-parole des élus qui s’insurgent inlassablement contre la métropole d’Aix-Marseille-Provence depuis bientôt deux ans. Aujourd’hui, il ne combat plus l’existence de cet échelon institutionnel, mais bien son contenu et les conséquences qu’il aura sur le territoire. En particulier les articles 42 et 43 de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Mapam), qui portent sur les « compétences » de la future métropole qui doit voir le jour le 1er janvier 2016. « Je préfère dire qu’on est pour la métropole, mais pas pour celle que veut faire le gouvernement », confie-t-il à GoMet’, quelques jours avant la rentrée. « On ne souhaite pas qu’il y ait une feuille supplémentaire dans le millefeuille français ».

Bien décidé à faire entendre ses arguments, Georges Cristiani donne rendez-vous au gouvernement : « J’espère que dans un mois, nous aurons des textes sur lesquels on sera d’accord avec la ministre Marylise Lebranchu. On y travaille. Mais si elle ne veut ni nous entendre ni travailler avec les maires, alors elle appliquera cette réforme sans les maires », menace-t-il, tout en affirmant qu’il reste « optimiste » sur la suite des évènements.

Pourtant, bien qu’elle ait installé un conseil paritaire territorial de projet censé recueillir les amendements des maires - qui ne pourront corriger la loi qu’à la marge – « la ministre n’entend pas nos arguments et ne va pas dans notre sens », témoigne Georges Cristiani. « On a toujours une fin de non recevoir. Le Premier ministre, lui, ne nous répond même pas. Il a d’autres gros soucis à gérer en ce moment. En tout cas, il nous explique qu’il n’a pas le temps, comme si on n’était rien pour eux… », juge-t-il, sans baisser les armes pour autant.

Georges Cristiani dénonce le projet « irréaliste » du gouvernement

Les choses sont simples et, pourtant, les arbitrages entre le ministère et les élus sont compliqués. Car derrière cette grogne, il y a d’abord un constat sur la manière dont a été pensée la métropole d’Aix-Marseille-Provence. Pour l’élu, « des technocrates ont inventé une métropole à tout faire dans les bureaux parisiens sans prendre en compte les réalités du territoire ». En cause, les compétences transférées à l’échelon métropolitain, prévues par les articles 42 et 43 de la loi Mapam : la voirie, la gestion des cimetières, des bornes de rechargement. Et surtout, le logement et l’instauration d’une fiscalité propre, qui fait craindre à Georges Cristiani et à l’ensemble des maires, une « augmentation des impôts » sans pour autant « résoudre les problèmes de chômage ou d’investissement des entreprises ».

> Voir notre infographie : « Les impôts vont-ils augmenter avec la métropole ? »

« Que l’on fasse une métropole des transports ou de l’économie, oui, je suis d’accord : je trouve ça excellent ! Mais alors que l’on fasse seulement cela et qu’on laisse les communes faire ce qu’elles savent faire », continue l’édile, qui dénonce le projet « irréaliste » du gouvernement. C’est la raison pour laquelle Gaby Charroux, député-maire Front de gauche de Martigues, a déposé un amendement pour que les maires conservent la distribution de l’eau potable, considérée comme un service public de proximité.

Plus largement, Georges Cristiani redoute que le conseil métropolitain, qui doit être élu en 2020 sur scrutin de liste, aboutisse à la désignation de représentants « hors sol » : « Tout comme l’est le Conseil régional aujourd’hui », termine le maire de Mimet. Cette loi, qui est passée douloureusement à l’Assemblée nationale puis au Sénat, au prix de débats parfois houleux, est selon Cristiani « une loi d’exception » : « On ne peut pas plaquer une métropole lyonnaise ou parisienne sur notre territoire ! Quand on est déconnecté des réalités du territoire, comment voulez-vous prendre de bonnes décisions ? », estime-t-il. « Si demain je ne suis plus là, ce sera un fonctionnaire qui va gérer ma mairie ? », interroge-t-il, volontairement provocateur. En coulisses, c’est une guerre de légitimité que se livrent les maires et le gouvernement. Pour les citoyens, le manque d’information – et l’impression que le débat déborde essentiellement sur des questions techniques – empêche l’opinion publique de réellement exprimer son avis en tout conscience.

Les maires ne veulent pas qu’on décide pour eux

« Avec cette loi, on fait en sorte que nos communes soient dirigées sur décision de la ville centre : ce n’est pas acceptable », explique le président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, qui se fait là le porte-voix des nombreuses petites communes, éloignées de Marseille, qui craignent que la deuxième ville de France ne les dépossède du peu de pouvoir qu’il leur reste, après la création d’intercommunalités qui les avait déjà privées de certaines compétences. Ne faut-il pas être « solidaire » avec Marseille, comme le demande Jean-Claude Gaudin, le maire de la ville, par ailleurs soutien de cette métropole ? « Oui, bien sur, il faut soutenir Marseille car c’est la locomotive du département. Il faut la soutenir financièrement. Mais cela ne veut pas dire tout accepter et justifier des projets pharaoniques sur le Vieux-Port ou encore la création de tramways. On peut encore moins accepter que nos logements soient décidés par Marseille… », tranche-t-il. Dans les projections du futur conseil métropolitain, Marseille disposera d’un grand nombre de voix (108 sur 240), puisque c’est la plus grande ville du département. Ce qui ne convient guère aux maires des petites communes, qui ne seront représentées que par une seule personne, donc une seule voix. « On veut avoir un véritable pouvoir de décision », s’insurge Cristiani.

> Voir notre infographie « Comment seront représentés les territoires au conseil métropolitain »

La bataille politique s’annonce encore serrée dans les prochains mois. Le ministère veut avancer, tout en laissant une marge de manœuvre étroite aux maires, qui s’en contenteront peut être. 2016 est encore loin et ce combat n’est pas sans rappeler l’éternelle querelle entre rats des villes et rats des champs, que Georges Cristiani illustre parfaitement : « La chance de la France, ce sont ses 36 000 communes. Et il n’est pas question que la métropole d’Aix-Marseille-Provence touche à la ruralité. »

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