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[Economie solidaire] ESIA, le fonds régional d’investissement se place comme créateur de TPE-PME !

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ESIA, l’association créée il y a maintenant 15 ans a pour objectif de développer l’économie sociale et solidaire dans la région Paca. Retour sur un dispositif qui vous veut du bien.

Apparu quelques années avant la grave crise financière ayant bouleversé l’économie mondiale et chamboulé toutes nos certitudes, la création du fond territorial intitulé « Économique solidaire et insertion active » (ESIA) était le signe annonciateur du temps du changement. Et comme le dit si bien, le président du conseil de surveillance de l’association, Philippe Vitel « l’économie était alors perçue comme un gros mot, en ajoutant solidaire, nous le revalorisons ». Il est bien là le cœur du projet, l’économie sociale et solidaire, à ne pas confondre avec l’assistanat, car l’ESIA ne relève pas de l’assistance sociale. Il expertise, accompagne et parfois finance les projets d’entrepreneurs responsables, comprendre ici les personnes qui souhaitent avoir un impact positif sur la société, avant de remplir les poches de leurs actionnaires.

Concernant le financement, membre du réseau France active, ESIA intervient via une garantie du financement du projet à hauteur de 65% (et 70% pour les femmes), ainsi lorsque un entrepreneur signe un emprunt bancaire, le fond territorial intervient et se soustrait à la caution pour garantir à l’organisme financier le remboursement du prêt, Aurore Sun de compléter « j’ai pu bénéficier de ce financement, ce qui permet de rassurer les banques, et donc de pouvoir soulever des montants plus importants », la jeune femme présidente de la délégation marseillaise de « Femmes chefs d’entreprises », va ainsi pouvoir lancer sa deuxième société dans les semaines à venir.  

L’argent n’est pas le seul nerf de la guerre pour créer sa société, tous les entrepreneurs ne sont pas nés ou fermés pour le devenir, certains se découvrent la fibre entrepreneuriale sur le tard. Julien Coclet, fondateur de l’association Urban Prod employant 42 salariés, a trouvé dans la structure une véritable aide pour développer son entreprise dans la médiation numérique. « À la base, je suis psychologue. Je n’étais pas prédestiné à devenir entrepreneur, mais Esia a su accompagner mes envies. » Et les siennes sont vastes, puisque le jeune aubagnais souhaite changer le monde, avec le numérique, son accompagnement, sur trois ans, a consisté à la définition de la stratégie de développement et de visibilité d’Urban Prod. « Le soutien d’ESIA a permis à la structure de ne pas exploser en plein vol », car il faut dire que l’objectif est ambitieux, avec une multiplication par deux tous les deux ans du nombre d’employés, une mauvaise gestion aurait pu faire péricliter les rêves de grandeurs.
Et Philippe Vitel de conclure « nous sommes des créateurs de TPE ! », un discours qui devrait faire écho avec celui clamé pendant toute la campagne présidentielle par Emmanuel Macron.

Le directeur d’Esia, Christian Caraballo revient sur le rôle et les missions du fonds territorial, ainsi que ses perspectives de développement.
Pourriez-vous définir le rôle d’Esia, selon Christian Caraballo ?

Christian caraballoC.C. Il consiste à faire de l’expertise financière pour des projets qui vont de la très petite entreprise créée par les demandeurs d’emploi, jusqu’à l’entreprise dite responsable, c’est-à-dire la PME qui met en œuvre les actions de responsabilité sociale tout en se développant et créant des emplois. Donc ça permet d’accompagner vers le crédit bancaire toutes ces sociétés, de leur proposer une œuvre de fond, notamment l’épargne solidaire qui permettent de financer en collaboration avec les banques tous leurs projets d’investissements, leurs besoins de trésorerie, avec notre credo qui est la création d’emplois notamment des personnes en difficultés.

Comment constituez-vous le financement  de l’association ?
C.C.
Pour le fonctionnement, il se fait à 90% par les collectivités territoriales. Les fonds de prêts sont assurés en grande partie par le secteur bancaire. Puis nous avons des ressources par l’épargne salariale solidaire, ce sont les fonds dits éthiques, dont une partie est prélevée pour financer les entreprises que nous soutenons, et qui sont gérés par une société nationale qui nous appartient, la SIFA.

Quelles sont les proportions entre le financement bancaire et le reste ?
C.C.
Grosso modo, ESIA prête 10 millions par an, sur cette somme les deux tiers sont des fonds provenant des banques. Le tiers restant est apporté par nous ou la SIFA, sachant que sur les fonds bancaires, nous garantissons la moitié des crédits que les banques font.

Comment composez-vous vos équipes ?
C.C.
Nous sommes une association, donc le conseil d’administration est constitué de bénévoles, puis nos comités d’engagement sont composés de chefs d’entreprise bénévoles, qui étudient les dossiers de prêt des projets. Ils ont tous eu des responsabilités diverses, et ont tous une compétence sur la création d’entreprises, donc ils viennent sur leur temps libre, et ne sont pas rémunérés.

Peut-on parler d’une sorte de « business angel’s solidaire » ?
C.C.
Ils investissent avec la volonté d’un retour sur investissement financier, alors que nous investissons des fonds que l’on prête pour assurer la pérennité des emplois, et des structures que nous accompagnons.

Y-a-t-il des retombées pour les financeurs de l’ESIA ?
C.C.
Toute la société s’y retrouve, par les emplois qui sont créés, et les collectivités lorsqu’elles mettent un euro dans le fonds territorial, c’est à peu près six fois plus qui est drainé par le secteur bancaire et les fonds privés par les entreprises financés par nos soins. Il y a un retour sur investissement direct des fonds publics sur les fonds privés, et ces derniers sont recyclés. Ainsi lorsque 80% des sommes prêtées sont remboursées, cela signifie que cet argent peut être prêté à nouveau derrière, donc il y  a un effet multiplicateur à la fois immédiat, et à moyen terme.

Privilégiez-vous certains secteurs d’activités à d’autres ?
C.C. Non, absolument pas. Nous avons fait le choix délibéré, ce qui complexifie l’expertise forcément, d’intervenir sur l’ensemble des secteurs d’activité, l’ensemble des tailles, et à n’importe quel moment du stade de l’entreprise que se soit à la création, au développement, en passant par les possibles difficultés et rebonds. Il n’y a aucune forme de discriminations.

Comment les entrepreneurs prennent vent de votre existence ?
C.C.
Cela passe par le réseau de prescription, constitué par le secteur bancaire. La majorité des projets que l’on finance vient des banques, parce qu’elle participe aux comités d’engagement, au conseil d’administration d’ESIA, et surtout car le travail que nous effectuons leur permet de gagner du temps. Aujourd’hui, les taux d’intérêts sont très bas alors qu’ils financent une partie de l’exploitation des banques, à partir de ce constat plus elles vont aller vite sur les dossiers qu’elles financent et plus cela devient rentable pour elle. Notre action favorise l’intervention des établissements bancaires, car nous passons du temps sur les projets.

Vous êtes spécialisés dans l’économie solidaire, comment la définiriez-vous ?
C.C.
D’abord en quelques chiffres, cela représente 10% de l’emploi salarié en Paca, pour 100 000 établissements et à peu près 1 million de salariés en France. L’économie solidaire correspond tout simplement au fait que les entrepreneurs qui se lancent ne font pas ça pour des questions de lucrativité personnelle, mais aussi pour des questions d’intérêt général. L’entreprise solidaire est une entité avec projet de développement économique, possédant une capacité d’autofinancement, et en même temps elle met en œuvre des actions soient endogènes soient exogènes pour traiter des problèmes sociaux ou sociétaux. Cela peut correspondre à employer des personnes handicapées, à la gestion des impacts du process de production sur l’environnement, ou travailler avec des producteurs locaux plutôt qu’aller à l’autre bout du monde… Donc tous ces sujets caractérisent l’économie sociale et solidaire.

Cette économie représente-t-elle la source de croissance que la société française cherche depuis des décennies ?
C.C.
Cette branche de l’économie est créatrice de valeur ajoutée économique et sociale, de manière importante. Mais elle fonctionne un peu plus lentement que les autres, ce n’est pas une critique, l’économie solidaire a une vision à moyen et pas à court terme. Elle est un vecteur de croissance, et aussi de transformations sociales, par exemple la place donnée au travail dans la société, le traitement des personnes âgées à l’avenir… C’est une économie en liaison avec les problèmes sociaux et sociétaux.

Avez-vous l’ambition, de voir plus loin que les 10 millions d’euros investis annuellement ?
C.C.
Bien sûr, mais pour ça il faut que nos partenaires financiers nous donnent plus de moyens, car pour le moment seulement les collectivités payent nos services. Ils doivent mieux nous accompagner dans notre développement. On pourrait très largement doubler ou tripler nos capacités de financement. Les besoins sont immenses, à tel point qu’on n’arrive pas à suivre les demandes. De plus en plus de personnes veulent créer leur entreprise pour être autonome, et les banques ont besoin de garanties. Donc on pourrait très facilement doubler le montant que l’on fait chaque année.  

Est-ce l’économie de l’avenir ?
C.C. Du présent déjà, et de l’avenir sans aucun doute. 

ESIAEsia en quelques chiffres…
> Depuis 15 ans : accompagnement de 3 305 bénéficiaires, pour 86 millions d’euros de prêts, et près de 40 000 emplois ont été créés ou maintenus ;
> En 2016 : 6 935 emplois consolidés ou créés, 313 projets financés, 10,6 millions d’euros mobilisés sur l’ensemble de l’année dont 8,8 M€ de prêts bancaires garantis, et 1,8 M€ de prêts solidaires. Là-dessus, 125 projets sont concernés dans les Bouches-du-Rhône pour 5 408 emplois. 

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