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[Environnement] Rejet de l’usine Alteo de Gardanne : un débat public sous tension

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Alteo organisait une réunion à la Maison du peuple de Gardanne vendredi 12 septembre dans le cadre de l’enquête publique sur les rejets en mer. Nous y étions.

Alors que l’entreprise gardannaise Alteo rejette depuis près de 60 ans des « boues rouges » au large de Cassis, celle-ci doit cesser d’émettre des rejets, dont la toxicité dépasse les normes européennes, dès le 1er janvier 2016. L’industriel propose comme solution le rejet, toujours au large de Cassis, d’un liquide transparent, à plus de 99% moins toxique que les boues rouges. Néanmoins, ce déchet liquide reste bien plus polluant que ce que tolère la législation européenne. Dans ce cadre, une enquête publique a été ouverte (du 17 août au 24 septembre) et confiée à la préfecture. Dans ce cadre, une réunion publique a été organisée à Gardanne, en présence de représentants d’Alteo et des responsables de l’enquête. 

Une réunion sous haute tension

L’atmosphère est tendue à la Maison du Peuple de Gardanne (où avait lieu la réunion publique) vendredi 12 septembre. Dès l’entrée, de nombreuses personnes sont refoulées par les services de sécurité. En effet, les portes se sont fermées au public parce que « les dimensions de la salle ne permettaient pas d’accueillir plus de monde. » Néanmoins, des militants écologistes qui n’ont pas pu rentrer s’étonnent de voir des conseillers municipaux de Gardanne être autorisés à rentrer alors qu’eux-mêmes n’avaient pas le droit : « Visiblement, les règles ne s’appliquent pas pour tous. Il doit bien rester quelques places, mais Alteo et les élus veulent rester entre eux et ne veulent pas de l’opposition à leurs arrangements. » 

A l’intérieur de la salle, l’ambiance est tout aussi électrique. Effectivement, il n’y a plus de chaises libres et certains doivent en conséquence s’appuyer contre les murs. La salle est divisée en deux camps : les « pro-emploi » et les « pro-environnement ». Dans l’idéal, tout le monde souhaite concilier les deux, mais pour certains, la priorité est d’arrêter la pollution de la mer. Et pour d’autres, c’est de préserver les emplois de l’usine. Une cinquantaine de salariés d’Alteo sont présents à cette réunion organisée par l’entreprise. Sur la scène, deux tables : l’une réservée aux trois membres de la commission d’enquête publique, et l’autre destinée à quatre représentants de l’entreprise Alteo. Initialement, cette réunion publique avait pour but de permettre aux citoyens de poser des questions sur le nouvel effluent rejeté par Alteo au large de Cassis dès le 01er janvier 2016 en remplacement des « boues rouges » et d’obtenir directement les réponses de l’entreprise. Mais en réalité, la réunion publique s’est transformée en débat entre Alteo et ceux qui trouvent anormal que les calanques soient polluées par l’activité industrielle de l’entreprise gardannaise. 

Alteo, de grands efforts ? Ou peut mieux faire ? 

Eric Duchenne, directeur technique chez Alteo explique bien volontiers que son entreprise « pérennise un millier d’emplois en Paca et réduit considérablement son empreinte environnementale. » Effectivement, l’industriel qui a déversé selon ses termes « seulement 20 millions de mètres cubes » en mer Méditerranée ne rejettera plus de matière solide dès le 1er janvier 2016. Mais uniquement un précipité liquide, plus de 99% moins toxique. Seulement, ce nouveau déchet dépassera toujours les normes européennes en matière de toxicité. Ainsi, la quantité d’aluminium rejetée serait 244 fois supérieure à ce que l’Union européenne tolère. 

En face, les pêcheurs, militants écologistes, riverains de Cassis ou simples citoyens soucieux de l’environnement redoutent qu’Alteo cause des dommages irréparables à la mer Méditerranée. Pour eux, il est inacceptable qu’une entreprise puisse rejeter autant de déchets toxiques impunément et ainsi mettre en danger leur santé. Car nombreux sont ceux à ne pas croire les représentants d’Alteo quand ils assurent qu’ « il n’y a pas de problème notable sur les rejets pour la santé. »  Pour la plupart, « ils sont contre les rejets de déchets en mer, mais également pour préserver l’emploi local » à l’image de David Escalier, responsable communication de Greeenpeace à Marseille et dans l’agglomération. Et pourtant, le clivage est établi dans la salle entre ceux qui pensent d’abord à l’emploi et ceux qui placent le respect de l’environnement comme priorité. 

Malgré cela, plusieurs intervenants ont cherché à dépasser ce clivage. Un militant écologiste a par exemple évoqué après une démonstration chiffres à l’appui qu’opposer l’emploi et l’environnement était une manipulation d’Alteo. Car la solution pour préserver l’usine gardannaise tout en cessant de rejeter existerait si Alteo investissait davantage et cela passerait par une réduction des bénéfices des patrons. Suite à cette remarque, le maire communiste de Gardanne, Roger Meï, a proposé « la mise en place d’un comité de suivi [des rejets d'Alteo NDLR]présidé par le préfet et dans lequel siégeraient tous les points de vue exprimés ici » . Les représentants de l’entreprise ont approuvé ce projet mettant en avant leur exigence de transparence. 

Alteo n’a rien annoncé de nouveau durant cette réunion. L’entreprise se réfugie derrière un arrêté de 1998 qui stipule que l’entreprise peut continuer ses activités car elle utilise  « les meilleures techniques disponibles » en matière de dépollution. Soit des filtres-presse qui ont coûté 30 millions d’euros, dont 50% ont été financés par un organisme public : l’Agence Nationale de l’Eau. En attendant les résultats de l’enquête publique, les positions des « pro-Alteo » et des « pro-environnement » semblent irréconciliables malgré la tentative du maire de Gardanne, Roger Meï, présent à la réunion et qui se considère comme un « cocologiste.»  

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Localité(s) :

Avenue Léo Lagrange, 13120 Gardanne, France

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