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[Economie] Crowdfunding : avec Finance-Fiction, « voyage dans le futur de la finance et du collaboratif »

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Jeudi 5 novembre 2015 avaient lieu les 2èmes rencontres euroméditerranéennes du crowdfunding à la Villa Méditerranée dans le cadre de la Semaine Economique de la Méditerranée organisée à Marseille. Popfinance, association engagée dans la popularisation du crowdfunding, à l’origine de ces rencontres, organisait en fin de journée la conférence Finance-Fiction. Nous y étions.

Finance-Fiction, c’est un « voyage dans le futur de la finance et du collaboratif » proposé par l’association Popfinance. Une conférence composée de courtes interventions d’acteurs du monde de la finance et du participatif. Ainsi, se sont succédés l’économiste François Morin, l’ex-trader Jérôme Kerviel, Samuel Raymond de la Banque Mondiale, Adrien Aumont le fondateur de Kiss Kiss Bank Bank et enfin Alain Damasio, auteur de science-fiction ; pour parler de l’état actuel de la finance, et ouvrir leurs esprits sur ce que sera son avenir.

Les interventions ont commencé par celle, filmée en avance, de Michel Rocard, ancien ministre et premier ministre socialiste. Celui qui a écrit sa « Lettre (d’excuse) aux générations futures en espérant qu’elles nous pardonneront » (livre publié en mars 2015 aux éditions Bayard), s’en prend à la finance. « La planète va mal, l’économie va mal. La finance oublie ses limites. Il faudrait retrouver une espèce de sagesse ou d’auto-contrôle dans le monde de la finance » préconise Michel Rocard. Selon lui, il y a aujourd’hui de plus en plus de spéculation et de moins en moins d’investissement. Il finit par souhaiter bonne chance, à ceux qui l’écoutent, « avec les nouvelles techniques de financement de projet collectif qu’est le crowdfunding. »

L’intervention de Michel Rocard en vidéo :

François Morin est plus vif et critique que Michel Rocard. L’économiste pense que « le monde de la finance devient fou. » Il met en cause les banques, « principal facteur de cette crise du financement, déjà responsable de la crise de 2007-2008 et qui le seront également pour la prochaine crise qui sera pire. » Très pessimiste, l’intervenant, regrette « la faiblesse des Etats face aux banques qui dominent largement les marchés financiers internationaux et qui s’entendent entre elles pour faire du profit, abusant de leur position dominante. »

Dans ce monde qui change profondément, François Morin fait « un constat beaucoup plus grave, les Etats ont perdu leur souveraineté monétaire. » Pour cela, et parce qu’il lui reste un peu d’optimisme, il préconise une réforme du système monétaire international. Selon l’économiste, il faudrait se diriger vers une monnaie commune, une organisation mondiale, qui laisserait subsister les monnaies comme l’euro. Mais il n’a que 15 minutes pour parler, et c’est au tour de Jérôme Kerviel de donner son point de vue. 

François Morin, économiste.

François Morin, économiste.

L’ex-trader Jérôme Kerviel rebondit sur l’intervention de son prédécesseur concernant les banques, « je suis d’accord, même si je suis le méchant qui y a participé. » La remarque fait rire l’assistance de l’amphithéâtre, plein pour l’occasion. Selon Jérôme Kerviel, « les marchés financiers sont déconnectés de la réalité. » L’ancien salarié de la Société Générale prend le temps d’expliquer les principes de la spéculation et les causes de la crise des subprimes en 2007-2008 qui a précipité la crise financière en Europe. Selon lui, et comme François Morin, rien n’a changé depuis, il reste pessimiste mais propose tout de même des alternatives.

Le crowdfunding, grand thème de la journée, en fait partie. Pour Jérôme Kerviel il s’agit d’un système socialement intéressant qui permet de contourner le système classique. C’est « génialissime, c’est un formidable outil d’émancipation et de liberté » juge l’ancien trader qui pose tout de même le doigt sur un problème, souvent évoqué dans la matinée, les problèmes d’encadrement et surtout la possibilité qu’un jour les banques se mettent également à faire du financement participatif, qu’elles en abusent et que cela mène à une nouvelle crise financière. C’est donc un défi pour les acteurs actuels de l’économie participative que de faire en sorte que cela n’arrive pas.

Jérôme Kerviel, ancien trader de la société générale

Jérôme Kerviel, ancien trader de la société générale

Mais encore faudrait-il que la financement participatif existe. Car pour Samuel Raymond ce n’est pas le cas ! L’intervenant de la Banque Mondiale s’exprime en anglais lorsqu’il parle de l’origine du crowdfunding, notamment avec la construction du socle de la statue de la Liberté financé par les New-Yorkais. Pour lui, le financement participatif n’est aujourd’hui qu’un système bancaire traditionnel. Même s’il ne remet pas en cause le fait de vouloir aider un projet innovant en le finançant partiellement, il estime que c’est simplement l’évolution logique des choses, de la finance, que de recourir au participatif. 

Reprendre le pouvoir sur son argent

Puis vient le tour du très fameux orateur Adrien Aumont, fondateur de la plateforme de crowdfunding Kiss Kiss Bank Bank. Celui qui se définit comme un cancre incapable de comprendre quoi que ce soit à la finance, estime que « le monde change et qu’il doit y avoir des nouveaux modes de financements face aux nouveaux modes de consommations. » Il fait référence notamment à l’origine de Kiss Kiss Bank Bank qui était de permettre à des musiciens de faire financer leur musique par des fans, à une période où l’économie du disque va mal. 

Pour Adrien Aumont, qui conquiert rapidement l’adhésion de l’assistance, le financement participatif permet aujourd’hui de « reprendre le pouvoir sur son argent, de financer des projets avec des personnes qui y croient. C’est l’économie réelle. » Comme Jérôme Kerviel, il pense que les risques viendront de la régulation, particulièrement de trop vouloir encadrer. Il voudrait que les réglementations, s’il doit y en avoir, viennent à un niveau européen d’abord, et non à l’échelle nationale, pays par pays. Il estime que « les risques ne sont pas financiers ou technique, mais humains. C’est à nous d’être les garde-fous et de pas vouloir de régulations politiques ». Adrien Aumont termine sous les applaudissements et laisse sa place au dernier intervenant.

Adrien Aumont, fondateur de Kiss Kiss Bank Bank

Adrien Aumont, fondateur de Kiss Kiss Bank Bank

C’est à Alain Damasio, auteur de science-fiction, que revient la lourde tâche d’imaginer la partie fiction de la conférence, la finance de demain, une finance ultra collaborative. Il relate l’histoire de Novak, jeune homme de 22 ans en 2030 qui utilise le crowdfunding pour financer son quotidien et sa vie. Une fiction drôle, exagérée et objective de ce que pourrait être la finance collaborative d’ici quelques décennies. Il imagine un monde fait de « micro-dons de la vie quotidienne où l’on financera des individus et plus des projets, la vie des gens. Il termine par un grand délire, du crowdfunding sans argent où l’on donnerait du temps, de l’écoute et des services. »

Ecoutez plutôt la fiction d’Alain Damasio :

Une conférence de deux heures pour en apprendre et en comprendre plus sur la finance d’aujourd’hui et imaginer ce qu’elle pourrait être demain, collaborative et participative. Fiction ou réalité ? Rendez-vous dans quelques années…

Liens utiles :
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Localité(s) :

13002 Marseille

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