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[Chroniques de San Francisco] Quand l’école californienne mise d’abord sur l’estime de soi de l’élève

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Troisième volet de la chronique américaine d’Audrey, cette marseillaise qui vient de passer un an à San Francisco avec sa famille. Elle nous raconte, de l’intérieur, la vie quotidienne dans la silicon valley. Après la question des déchets, du vélo, plongée aujourd’hui dans les écoles californiennes.

A San Francisco comme dans le reste des Etats-Unis, il existe toutes sortes d’écoles. Dans les grands traits, l’école publique américaine et l’école publique française ne sont pas très différentes… Même si les programmes sont généralement établis à l’échelle des Etats et non par le gouvernement, les niveaux sont à peu près comparables de même que les disparités socio-géographiques.

Mais lorsqu’on se penche sur l’enseignement privé, on découvre une offre sidérante. Il y a cette école où il n’y a pas de vacances, les écoles spécialisées dans les matières scientifiques et celles qui favorisent les disciplines artistiques, les écoles religieuses, les écoles à pédagogie alternative (Montessori, Steiner, etc.), les écoles où l’on n’apprend plus à écrire avec un stylo mais sur un écran exclusivement et celles où les écrans sont, au contraire, interdits jusqu’à l’âge de 8 ans environ.

Dans l’enceinte de l’école bien sûr, mais également, avec l’accord et le soutien des parents, dans le cadre familial. Il y a les écoles où l’on n’apprend que les lettres capitales et non plus les cursives. Il y a les écoles où l’uniforme est obligatoire (dans le public notamment), celles où les logos et images sur les vêtements sont interdits, celles où les élèves établissent eux-mêmes le dress-code en vigueur dans l’établissement… Il y a les écoles mixtes et les écoles non mixtes. Il y a aussi le « home schooling », très en vogue à San Francisco, où les parents prennent en main l’éducation scolaire de leur(s) enfant(s). Ils peuvent trouver une aide précieuse auprès des écoles virtuelles qui dispensent leurs cours sur Internet. Il y a aussi les écoles du week-end où les enfants renforcent leur capacité en langues, et, le plus souvent, en mathématiques.

 Mais il y a quelques points communs à cette foison d’établissements : en maternelle et en élémentaire, les enfants finissent entre 14h et 14h30. Et de la 6e à la 4e, les cours s’arrêtent vers 15h00. On laisse alors une grande place aux activités et notamment aux sports. Il y a 1 heure 30 à 2 heures d’entraînement sportif deux fois par semaine au minimum, en plus des cours de sports. A l’entraînement, garçons et filles jouent séparément car leur équipe affronte les équipes d’autres écoles tout au long de l’année. La plupart du temps, les écoles sont équipées de gymnases couverts. Sans parler des paniers de basket accrochés sur une façade d’à peu près toutes les écoles du pays ! Le sport est valorisé, et considéré aussi sérieusement que les mathématiques.
Quand il n’y a pas d’infrastructures sportives rattachées à l’école, les enfants ont accès aux « play-grounds » de proximité où ils trouvent terrains de tennis, paniers de basket, filets de volley et/ou filets de foot. Les matches entre écoles ont lieu le week-end et s’il y a un engagement tacite selon lequel on ne déprécie pas l’équipe adverse et on respecte strictement la décision de l’arbitre, il n’y a pas de règle sur le soutien apporté à son équipe. Les spectateurs, dont la majorité sont les parents, se transforment alors en supporters acharnés… On applaudit même quand une tentative, une passe est un échec précisément parce qu’elle a été tentée, parce qu’on félicite l’intention, l’envie d’y arriver.

Et cela vaut pour tout ce qui touche l’éducation « académique » d’un enfant : on ne critique pas, on encourage. On met l’accent sur les capacités et non les difficultés, et on valorise l’effort. On peut y voir le résultat du mouvement de la promotion de l’estime de soi qui est apparu aux Etat-Unis à la fin des années 80, et qui a vu fleurir toute une littérature et plusieurs formes de mise en pratique. L’Etat de Californie, dans les années 90, avait décrété qu’il s’agissait d’une priorité absolue en matière d’éducation et de société (California Task Force to promote self-esteem and social responsability, 1990) soulignant que « le manque d’estime de soi joue un rôle central dans les difficultés individuelles et sociales qui affectent notre état et notre nation ».

Cela prend parfois des dimensions un peu déstabilisantes pour nous autres Européens : « Euh…Mais je ne vois pas du tout le mot « maison », là… » s’étonne un parent devant trois signes kabbalistiques esquissés par son fils dans son cahier du jour. « Mais il a très bien tenu son stylo et il s’est lancé », rétorque l’enseignante, enthousiaste. Et force est de constater que cette manière collective de complimenter conforte un élève dans le bien-fondé de son entreprise et lui permet d’acquérir une bonne dose de confiance en lui. Certes, cette confiance à trop forte dose peut parfois devenir arrogance. Mais instillé raisonnablement, le fait d’aider un enfant à reconnaître et se servir de ses propres capacités le dote d’un bel outil pour l’avenir.

Audrey

(Illustration : capture d’écran Flickr crédit cc jeweledlion)

Liens utiles :

> Conférence TedX sur l’estime de soi (non sous-titrée) plu particulièrement à partir de 8 minutes 56.
> Blog Courrier international  

> Les précédentes chroniques d’Audrey sur Gomet’
Chroniques de San Francisco : objectif zéro déchet à l’horizon 2020 !
Chroniques de San Francisco : roulez à vélo, c’est la Californie ! 

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