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[Analyse] Un appel qu’il faut entendre

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L’appel du 18 juin 2017 provient autant des abstentionnistes que de ceux qui ont congédié les sortants.

Singulière élection. Les Français et particulièrement les Provençaux n’ont pas entendu l’appel du 18 juin. L’Histoire bégaie parfois. Ce deuxième tour des élections législatives confirme la perversité d’un système renforcé par le quinquennat et l’inversion du calendrier. En 1958, parce que la République était menacée, le général De Gaulle, en un coup d’Etat feutré, qui était aussi  un coup d’éclat, mettait fin au régime des partis qui avaient eu raison de la IVème République. Un demi-siècle plus tard, Emmanuel Macron parachève cette œuvre concernant au moins les formations des partis. 

Son mouvement venu de nulle part a accéléré la chute des formations qui sommeillaient, repues, sur des décennies d’alternances sans surprise. A Marseille, comme dans le département, c’est un vent fort qui a presque tout balayé sur son passage, plongeant dans la plus grande perplexité les experts auto-proclamés de la calculette. Il n’est pas si loin le temps où un Jean-Claude Gaudin nous confiait que, avec un survol en hélicoptère,  il était capable, de villages en cantons en passant par les circonscriptions, d’identifier chacun de ses grands électeurs. Ce train de sénateur semble bien être resté cloué à quai ce dimanche et ce sont des voyageurs sans bagage politique qui se sont embarqués, destination le palais Bourbon.

On entend ici et là quelques voix s’élever pour, du coup, hurler au scandale puisque  moins de 50% des électeurs se sont rendus aux urnes. « Macron doit partir » ose même un internaute marseillais, sonné par l’abstentionnisme. On rétorquera qu’avec un taux de syndicalisation de 11% (moins de 10% dans le secteur privé et moins de 20% dans la fonction publique) les centrales syndicales ne sont pas contestées dans leur légitimité et qu’elles peuvent toujours bloquer une partie de l’activité du pays, au nom d’un secteur en difficulté. Il n’en reste pas moins que tous les partis doivent s’interroger sur cette bouderie des urnes à commencer par le désormais premier d’entre eux, La république en marche

Les résultats sont malgré tout bien là avec la sanction implacable pour tous ceux qui se reposaient sur des lauriers fanés depuis belle lurette aussi. Certes il faudra bien que le pays réfléchisse sur cette présidentialisation extrême et sur l’effet irrésistible d’entraînement qui voit émerger ce dimanche des visages nouveaux et autant de néophytes en politique. Il reviendra aussi aux Républicains en marche de réfléchir sur la première de leurs responsabilités. Faire entendre un pays où la souffrance des uns ne peut être masquée par le triomphe des autres. Dans l’aire marseillaise comme chez ses voisins varois si la gauche gouvernementale a disparu au premier tour, son adversaire privilégié Les Républicains a perdu beaucoup de plumes au second tour. La garde rapprochée de Jean-Claude Gaudin – nous pensons à des Tian, Moraine, Genzana – a été frappée de plein fouet. Comme si à l’instar du defferrisme ou du guérinisme le gaudinisme connaissait à son tour la terrible usure du pouvoir absolu.

Le ras-le-bol de la vielle politique.

Les Marseillais, qui aiment comme certaines de leurs stars au vélodrome user de l’art du contre-pied, ont cependant sauvé Valérie Boyer et élu Jean-Luc Mélenchon. La première a expliqué à l’issue du scrutin que le « programme de M. Macron est dangereux ». Dans la bouche de la porte-parole de feu François Fillon, l’affirmation ne manque pas de sel. Le second plus insoumis que jamais remercie les Marseillais et compte à partir de sa circonscription faire entendre la voix de la France. A moins que cela ne soit tout simplement encore la sienne. Il se murmure qu’il cherche un immeuble pour lui et sa formation situé entre la mer et la gare. Boyer et Mélenchon, macronphobes assumés, devraient avoir des choses à se dire dans le TGV.

Au bout de cette année électorale – si l’on prend en compte les primaires – une seule chose est sûre, les citoyens de Marseille, des Bouches-du-Rhône et au-delà ont exprimé un ras le bol exaspéré de la vieille politique. Le premier à le comprendre a été Renaud Muselier qui appelle la droite républicaine à se refonder d’urgence. Il sait que le Front National continuera à prospérer faute de réponses tangibles et d’un regard critique sur la politique qui va se mettre en marche. Les nouveaux parlementaires qui ont été entraînés par la réussite du président de la République prendraient un risque mortel s’ils ne cherchaient pas rapidement à s’enraciner dans la réalité marseillaise et provençale. Pour avoir oublié de se pencher  sur le réel, des socialistes et des républicains savent depuis ce dimanche qu’ils étaient trop haut perchés. L’appel du 18 juin provient autant des abstentionnistes que de ceux qui ont congédié les sortants.

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