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[Portrait] Yvon Berland, président ambitieux d’Aix-Marseille Université

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Alors que les étudiants font leur rentrée, GoMet’ vous propose de découvrir Yvon Berland, président d’Aix-Marseille Université, deuxième université française à fusionner après Strasbourg. Métropolitain ambitieux, Yvon Berland n’a qu’un objectif : faire de l’AMU un acteur incontournable du territoire et aux yeux du monde.

« Je suis breton », affirme-t-il. Avant de préciser qu’il s’agit-là de ses origines. Yvon Berland est en réalité né à Marseille. Alors, quid de la Bretagne ? « Parce que c’est agréable, lorsqu’il y a du soleil. » Dans le sud, il n’en manque pas vraiment, de soleil. Ni même de la mer. Encore moins des footballeurs olympiens. Ces caricatures, certes tissées à l’aide de soupçons de vérité, ne suffisent plus à l’homme des deux rives. Dès 2004, Yvon Berland nourrit pour ce territoire l’ambition d’une université métropolitaine de haut niveau, pleinement positionnée sur la carte mondiale. Ce sera Aix-Marseille surnommée l’AMU, issue de la fusion, le 1er janvier 2012, des trois entités préexistantes : les universités Paul Cézanne, de Provence et de la Méditerranée.

À la fois président d’université et médecin

Mais pourquoi un tel désir de territoire par la formation, par la recherche ? Alors que tout avait commencé sur les bancs de la faculté de médecine ; à Marseille déjà. Le président de l’AMU remplit aujourd’hui encore ses fonctions de praticien hospitalier, chef du pôle uro-néphrologie et du centre de néphrologie et de transplantation rénale au CHU de Marseille. Trois matinées par semaine, le lundi, le vendredi et surtout le samedi, il troque ainsi son costume trois pièces contre une blouse blanche, fidèle à cette profession qu’il a embrassée ; par choix, non par reproduction. Car ses patients comptent sur lui : « Ils n’attendent pas de moi que je préside une assemblée générale mais bel et bien que je m’appuie sur des éléments tangibles pour leur expliquer l’origine de leur mal, les accompagner et les soigner. Je ne pourrais me passer de cette confrontation aux réalités. »

Ses nouvelles missions à la tête d’Aix-Marseille Université se sont aussi nourries de ces histoires de vie. Celles qui ne sont pas écrites. Elles s’imposent tels des concours de circonstances qui muent en autant d’évidences : d’abord sollicité pour devenir le vice-doyen de la faculté de médecine, Yvon Berland en est ensuite élu puis réélu le doyen. Et après quelques réticences, il prend en 2004 la tête de l’université de la Méditerranée : « Avant d’accepter, j’avais besoin d’être certain de pouvoir contribuer de manière significative au développement de cet établissement. Cela ne m’intéresse pas d’occuper un poste pour la médaille supposée aller avec ». La fusion des universités sera sa profession de foi. De persuasion aussi.

Une ambition plurielle et collective

L’idée du nouveau président rencontre, dès ses balbutiements, une opposition presque généralisée. Il pratique alors avec ses interlocuteurs comme avec ses patients : avec patience justement, dans le dialogue, la rigueur, l’esprit critique, la capacité de décision. Un séminaire organisé par les trois gouvernances en juin 2007 finit de lever les hésitations et, dès 2008, c’est renforcé par un portage commun aux universités Paul Cézanne, de Provence et de la Méditerranée, que le projet de fusion se pare officiellement d’une structuration politique et administrative. Yvon Berland en prend les rênes dès le 3 janvier 2012, avec la conscience toute pragmatique qu’un mandat unique de quatre ans ne suffira pas à réaliser cet objectif d’abord entêtant puis inscrit noir sur blanc au fronton de la nouvelle entité : « Aix-Marseille Université, une université ancrée dans son territoire à l’ambition internationale ». En un slogan, le ton est donné, ni aixois, ni marseillais, mais bien métropolitain :

« Il nous faut définitivement préférer l’unité, la cohérence, la visibilité ou encore l’attractivité à la concurrence loco-locale. Car un territoire ne peut espérer se développer sans une université de cette envergure. »

C’est-à-dire un nom, une image, une référence que l’on s’arrache pour son excellence en termes de connaissance, de recherche et d’innovation.
Aujourd’hui riche de ses 72 000 étudiants, 8 000 personnels et 131 structures de recherche, l’AMU est devenue la plus grande université francophone. L’intégralité des champs disciplinaires y est enseignée, à travers une offre de formations diversifiées (initiales et continues), transversales, connectées à la société. Ainsi, les partenariats notamment noués avec le monde socio-économique et avec les grandes universités internationales occupent une place centrale dans la stratégie initiée par Yvon Berland.

Une fois encore, il s’en remet à des habitudes presque médicales : « C’est un travail d’équipe, une œuvre collective, jusqu’alors presque impossible à imaginer. Je trouve cela extraordinaire que des collègues, qui ne se connaissaient pas d’un secteur à l’autre, puissent désormais partager des idées et associer leurs compétences. Il en va de même avec les acteurs dits « extérieurs » à l’université : il nous faut inviter ces interlocuteurs au cœur de la cité étudiante et inscrire cette dernière dans la future métropole. » Elle pourrait même en devenir un exemple, comme un retour sur expérience.

L’université, le territoire, le monde

Yvon Berland est confronté aux mêmes défis que ceux rencontrés depuis plus d’une année maintenant par le préfet Théry, à la direction de la mission métropole. Comment maintenir les valeurs démocratiques au cœur d’un tel ensemble ? Comment ne pas évacuer d’un revers de la main les échanges de proximité ? De quelle manière insuffler davantage d’attractivité à ce territoire ? Les comment plus que les pourquoi. Et d’une métropole institutionnelle à une métropolisation universitaire, la réponse fondamentale demeure identique : les services centraux identifient la stratégie de développement, les campus donc les structures plus locales en assurent la mise en œuvre. Pour l’AMU, cette organisation sera effective en septembre 2014, après deux ans de préparation. Une échéance que n’a pas attendu Yvon Berland pour faire la preuve de son attachement aux territoires. Il a ainsi rencontré 600 personnels lors des 45 réunions organisées dans le cadre de l’opération Origamu ; et multiplié les gestes en faveur de la municipalité aixoise :

« C’est avant tout l’université d’une métropole. Aix-en-Provence a aussi besoin du bassin étudiant marseillais. L’image renvoyée par l’AMU profitera à l’ensemble du territoire. »

Le président note déjà quelques sources de satisfaction : la sélection en 2008 par un jury international de l’Opération Campus inscrivant Aix-Marseille aux côté de neuf autres sites d’excellence, la labellisation en 2012 du projet A*MIDEX, initiative innovante portée par l’AMU en partenariat avec sept acteurs du territoire, ou encore l’organisation sous l’égide de cette académie d’excellence, au cours de l’année 2015, d’un grand colloque sur la Méditerranée.
L’énumération de ces premières réussites tout juste terminée, Yvon Berland s’empresse de prévenir tout excès d’enthousiasme :  « C’est ici comme en médecine, rien n’est jamais gagné. Il faut sans cesse se questionner et avancer ». Un voeu de prudence semble-t-il bien nécessaire face aux craintes réveillées par ces mêmes fortunes. N’appelle-t-on pas cela « le revers de la médaille » ? Entre le tout blanc et le tout noir, c’est ici aussi un modus vivendi qu’il convient de trouver. Et cela concerne l’ensemble des universités et grandes écoles, contraintes aux regroupements par la loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche, le tout dans un délai d’un an. Nous y sommes.

(photo : Ikronos)

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Localité(s) :

Aix-en-Provence, 13
Marseille, 13

Auteur

Journaliste à GoMet'

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